
Il
y eut jadis un Empereur, Huang Di, Perspicace
dès la naissance, Disert dès le jeune
âge, Il fût sage dès l'adolescence, Grandit
dans la droiture et en finesse, Puis,
ayant achevé sa tâche, monta au ciel.
Nei Jing,
chapitre 1

Les origines
de cette médecine nous conduisent d'emblée aux temps
légendaires de l'Empire du Milieu, époque mythique
du règne des Trois Augustes et Cinq Empereurs, fondateurs
de la Chine.
Huang Di, l'Empereur
Jaune, élabora et mit en place les principes de
la médecine, principes des mouvements de vie impactés
à tous les individus, symbolique, spirituel, psychique,
somatique...
L'Empereur
Jaune, Sage parmi les sages, envisagea toutes les
potentialités de la nature profonde de l'Homme et
les possibilités de son dérèglement, et Mis au point
les lois de transformation des énergies de l'Homme,
du Ciel et de la Terre, afin que puisse être rétabli
l'équilibre naturel traduction de l'harmonie, la
bonne santé, le juste équilibre.
Cet équilibre,
dynamique, est le résultat d'un échange "silencieux"
entre les milieux extérieur et intérieur de l'Homme.
Lorsque l'harmonie
perd son caractère de "silence", un déséquilibre
s'installe, plus ou moins important, générant des
réactions avec les différents éléments de la constitution
de l'individu, et déterminant les conditions de
la maladie.
Celle-ci découle
secondairement de la dysharmonie ou de la rupture
de communication entre l'Homme et la Nature, l'Homme
et les énergies qui l'environnent ; les échanges
ne sont plus silencieux !!!
L'Homme en
tant que microcosme n'est plus en résonance avec
le Monde, qui est le macrocosme.
Au début, la perturbation est peu visible, parce
que d'abord elle est énergétique, mais bientôt s'installe
une gêne fonctionnelle qui peut évoluer vers une
atteinte lésionnelle.
Transformations,
communications, échanges harmonieux, relation juste
sont autant de données englobées et résumées au
sein des deux grands principes qui se dégagent de
la tradition chinoise: la VOIE et la VERTU, eux-mêmes
sous-tendus par la modalité originelle exprimée
dans la notion de VIDE.
Vide, Voie
et Vertu se répandent en autant de résonances que
d'entités, que de mondes créés et vivants, visibles
et invisibles.
Chacun est
à un moment donné la résultante de la dynamique
évolutive de ces trois facteurs, qui "s'entre-créent"
et se modifient sans cesse selon une alchimie interne
et externe, conformément aux ouvertures que l'on
accepte sur le monde extérieur... et intérieur.
Le Vide paraît
être un milieu pour l'éclosion des êtres. Milieu
incorporel et invisible. Le Vide paraît un animateur,
unité première qui, présente en chaque être, assure
la cohésion avec les autres et la cohérence de la
nature propre... Le Vide renvoie à la simplicité
de l'expression spontanée de la vie et constitue
un pivot incontournable de fonctionnement du système
de la pensée chinoise.
La vitalité
est l'expression de la qualité de la vie. Dans la
médecine et la culture chinoise, une des approches
de la vitalité se fait selon trois grands principes:
le Yin et le Yang,
les Cinq agents (5 mouvements, 5 éléments),
le Chi,
articulés par le Vide.
Le premier
définit les conditions mêmes de la vie, manifestée
dans la dualité ; le second récapitule tous les
mouvements structurels et inter-relationnels; le
troisième constitue l'essence même de la manifestation
des deux précédents.
Le Nei Jing
décrit trois catégories de médecins:
les inférieurs,
qui traitent quand une maladie est pratiquement
terminée, c'est-à-dire lorsque les manifestations
présentées par le malade sont celles qui indiquent
qu'une guérison spontanée est proche;
les médecins
moyens qui soignent une maladie en cours d'évolution,
quelle qu'elle soit;
les médecins
supérieurs qui préviennent un déséquilibre, empêchant
qu'une maladie se développe. Leurs actions sont,
en conséquence, surtout préventives.
Il faut savoir
que les appointements des médecins étaient distribués
selon le degré de compétence, et se répartissaient
en quatre groupes.
Le premier groupe était constitué par ceux ayant
obtenu 10 guérisons sur 10, le second 9 guérisons
sur 10, le troisième 7 à 8 sur 10, le quatrième
6 guérisons sur 10. Ce calcul s'opérait tous les
ans en fin d'année.
La petite histoire ajoute que les praticiens ayant
réussi moins de 5 guérisons sur 10, avaient la tête
tranchée...!!!
Thérapeutes,
nous avons là, de quoi méditer...