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Une clinique unique au monde

orange1.gif (606 octets) Une clinique unique au monde
orange1.gif (606 octets) Le cancer
orange1.gif (606 octets) Un autre regard
orange1.gif (606 octets) Examen des dents
orange1.gif (606 octets) Un peu de vocabulaire
orange1.gif (606 octets) Des médicaments dynamiques
orange1.gif (606 octets) Au gui l'an neuf
 
orange1.gif (606 octets) Le remboursement des médicaments anthroposophiques
 
orange1.gif (606 octets) Alimentation

 

 

 

 

 

LUKAS KliniKPrès de Bâle, en Suisse allemande, la Lukas Klinik accueille exclusivement des cancéreux. Cet établissement, d’inspiration anthroposophique, propose un élargissement du champ thérapeutique.

 

45 lits. Une ambiance qui rappelle plus celle d’un collège des années 60 qu’une clinique. Des malades habillés normalement qui suivent différentes thérapeutiques et des ateliers de musique et de peinture. Telle est la Lukas Klinik. Les blouses blanches d’une douzaine de médecins et du personnel montrent toutefois que l’on est dans un établissement de soins.

Barbara, 51 ans, est atteinte d’un cancer du poumon inopérable, et pour lequel les hôpitaux du New Hampshire, son État de résidence aux États-Unis, ne voulaient plus rien faire. Elle est là depuis cinq semaines. " Quand je suis arrivée, tout m’était égal, vivre ou mourir… peu m’importait. Mon état était si grave que les médecins américains ne me proposaient plus aucune solution. Physiquement, je ne me sentais pas mal, seulement vide, comme s’il n’y avait personne à l’intérieur de moi. J’ai accepté tout ce qu’on me proposait ici : intraveineuses d’Iscador M (voir page 26), sous-cutanées d’Iscador U, inhalations d’Iscador, cataplasmes d’achillée millefeuilles sur le foie, massages dits rythmiques sur le cou et le dos, séances d’eurythmie (voir page 26), travail avec une psychologue lors des séances de "biography"… Durant quatre semaines, je n’ai pas senti de grande amélioration. Et puis, il y a quelques jours, quelque chose est arrivé : je ne sais pas quoi, ni comment, j’ai senti "bouger" en moi... Deux jours plus tard, les examens de sang ont montré que les marqueurs tumoraux, pour la première fois depuis deux ans, avaient baissé. Maintenant, affirme-t-elle en éclatant de rire, je veux vivre. Mais c’est une telle responsabilité ! C’est tout un travail d’amour : je veux aimer ma vie. "

À la Lukas Klinik, on considère le cancer comme une désorganisation des forces intérieures aboutissant à une perte d’identité du " Je ". L’Iscador, utilisé contre le cancer, possède une activité antitumorale et des propriétés immuno-stimulantes. Ces dernières favorisent la restauration des fonctions immunitaires nécessaires à l’organisme pour se battre, être soi. Par ailleurs, toutes les thérapies complémentaires (peinture, musique…) sont destinées à réorganiser de l’extérieur les forces qui, mal orientées, ont conduit à la naissance du cancer. Mais, la Lukas Klinik ne renonce pas aux traitements classiques : chimiothérapie, radiothérapie, chirurgie, hormonothérapie… quand les médecins spécialistes du centre jugent qu’ils sont indispensables.

Se recréer en créant

L’atelier de peinture et de modelage, par exemple, doit permettre aux malades de se réapproprier les couleurs, les formes, le monde, à travers les éléments : eau, terre (tous les pigments de peinture sont naturels), feu, air… Et, selon les besoins individuels évalués à la lumière de la conception anthroposophique de l’homme, chaque malade est orienté vers tel ou tel travail. Par exemple, ce patient, porteur d’une tumeur au cerveau, peint les fruits d’une " nature morte ", cela pour concentrer son attention de telle façon que son esprit ne vagabonde pas et ne ressasse pas des idées noires. " Aujourd’hui, il a peint durant une heure sans difficulté, analyse Frau Heiligtag, art-thérapeute, alors qu’au début de son séjour il ne pouvait se concentrer qu’une dizaine de minutes. " Une autre malade s’exerce à peindre le ciel et les nuages que l’on voit par la fenêtre. " Au cours des séances, cette dame a successivement peint le fond de l’eau et sa lumière, puis la sortie de l’eau et la pluie, maintenant le ciel, explique l’art-thérapeute. Cela lui a permis de s’imprégner de la couleur bleue dont elle a personnellement besoin pour calmer les angoisses de son univers intérieur "sombre". " À une autre table, une troisième malade s’applique à modeler de la terre. " L’un de mes problèmes, explique Barbara, est que je pense trop, toujours, tout le temps. Le fait de modeler de la glaise m’oblige à donner une forme à ce bloc. J’oriente mes pensées vers une finalité concrète. Je ne suis plus "évaporée", je suis un tout, à la fois dans ma tête et dans les doigts qui font naître des objets. "

 

L’atelier de musique offre des dizaines d’instruments : flûtes, harpes, cithares, violoncelles, tambourins, tambours… " L’un des buts de l’atelier, explique Frau Mangold, est d’amener les participants à jouer ensemble quelque chose d’agréable et de beau, et de les faire accéder ainsi à une autre dimension de l’existence. La séance passe systématiquement par trois phases : les mélodies qui font travailler la mémoire des sons, donc la tête, les harmonies qui font appel aux sentiments, au cœur, et les rythmes que l’on bat des pieds, des mains et qui stimulent l’activité générale. "

Quatre femmes participent ce jour-là à l’atelier.

Frau Mangold donne le ton en jouant un morceau de harpe. Aucune des malades présentes ne dit savoir jouer d’un instrument. Et pourtant c’est une œuvre collective musicale qu’elles élaborent peu à peu. L’une d’elles porte à la ceinture une pompe-distributrice de chimiothérapie. Éprouvant de grandes difficultés psychologiques à participer au travail de groupe, elle demandera à quitter la pièce avant la fin de l’heure. Son départ ne rompt aucunement l’ambiance à la fois chaleureuse et attentive. L’art-thérapeute a distribué des cithares aux tonalités différentes. Elle leur montre comment glisser la main sur les cordes dans un mouvement souple. Puis elle entonne une mélodie et d’un simple geste invite, tour à tour, chacune à jouer de son instrument. Après un temps d’ajustement, la mélodie rebondit d’une cithare à l’autre, les voix se mettent à fredonner, le tempo impulsé par Frau Mangold s’accélère, ralentit et finit par s’atténuer paisiblement.

Les patientes sont ensuite invitées à se lever et reçoivent deux bâtonnets. Il s’agit cette fois de marquer le rythme. Chacune entrechoque ses bâtonnets, puis ceux de ses voisines, tandis que l’on marque le tempo avec les pieds et que la ronde s’ébranle dans un sens et dans l’autre. Cela finit dans un grand éclat de rire… La joie et la paix se lisent sur les visages, l’heure de musique passe vite, trop vite. Frau Mangold égrène à nouveau quelques notes sur la harpe…

Marysa, 52 ans, tout juste opérée d’un cancer du sein, exprime son sentiment après deux semaines de séjour à la Lukas Klinik. " Un mot résume bien mon état d’esprit, c’est : ouf ! Je trouve ici le temps et le type d’activités pour me reposer enfin, lâcher prise. On baigne dans un cocon confortable qui nous laisse la possibilité de réfléchir à la suite. C’est une opportunité pour réorienter sa vie.

"Comme tous les malades de la Lukas Klinik, Marysa a un programme de soins bien rempli. Hydrothérapie du côlon, massages rythmiques, et eurythmie en font partie. Elle aime particulièrement l’eurythmie, travail qui renforce sa confiance en la vie. " La thérapeute me demande de marcher à reculons dans la pièce – ce que j’ai eu beaucoup de mal à faire sans angoisse au début – et de revenir vers elle en arrondissant les bras autour de moi dans un geste de protection. En même temps, elle chantonne la lettre " O " dont la forme résonne avec mon mouvement. " L’eurythmie constitue pour les anthroposophes un moyen de s’imprégner des rythmes fondamentaux de l’univers. La position du " I ", où l’on tend la tête et un bras vers le haut, et la position du " A ", jambes écartées plantées dans le sol, vont dans deux sens opposés. Elles sont reliées, harmonisées au milieu par le " O ". Si on pratique cela en le répétant, en accélérant et en ralentissant, on obtient que " les trois forces de l’âme : penser, ressentir, vouloir, s’imbriquent d’une manière qui régénère ". Toutes les voyelles et bon nombre de consonnes servent à la pratique de l’eurythmie. (3)Un gong appelle pour le dîner… On y sert à midi un déjeuner végétarien, biologique, d’excellente qualité, consommé sur une table bien dressée dans une ambiance très courtoise. Décidément, la Lukas Klinik est une clinique unique au monde !

Texte et photos Cécile Baudet impatient@medecines-douces.com

(1) Renseignements sur la Lukas Klinik, voir Fiches pratiques page 31 de notre mensuel

(2) L’hydrothérapie du côlon n’est pas spécifique à l’anthroposophie. Elle consiste à pratiquer des lavements du côlon destinés à éliminer les toxines de l’organisme.

(3) Eurythmie, art du mouvement et thérapie, de Ilse Horny. Collection Conscience et santé, p

 

 

Le cancer n’est pas une maladie comme les autres

Le cancer se développe aux dépens d’un organisme. Il déjoue la vigilance du système immunitaire, capable de repérer – et d’éliminer – les développements anormaux des cellules. Cela aboutit à la formation d’un véritable État dans l’État qui fait mourir à petit feu le support dont il se nourrit. C’est en réfléchissant à ces particularités que Rudolph Steiner, fondateur de l’anthroposophie (voir fiches pratiques page 30 de notre magazine), eut l’idée d’utiliser contre cette maladie de l’extrait de gui. Cette plante présente des analogies avec le cancer.

Comme lui, elle est une " aberration " de la vie (végétale), elle reste verte et produit ses fruits en hiver. Comme lui, elle parasite un autre organisme devenu incapable de reconnaître cet ennemi mortel. Les travaux scientifiques ont démontré depuis que l’extrait de gui contient une substance anticancéreuse et d’autres capables de stimuler le système immunitaire, fondement de la défense – et de l’identité. La Lukas Klinik propose aux malades cancéreux de compléter le traitement à l’extrait de gui par la pratique des arts-thérapeutiques. Visant ainsi à remettre l’individu au cœur de lui-même et à le ré-harmoniser avec son environnement.

 

 

 

 

 

 

 

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