Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
Inscrire
lêtre humain dans lunivers, dans les processus vitaux,
telle est lintention des traitements anthroposophiques.
Manière de dire que nous sommes poussières détoiles
La médecine
anthroposophique fait partie des médecines " non conventionnelles
". Elle figure nommément à côté de lhoméopathie, de
la médecine chinoise, de la phytothérapie et des médecines manuelles
dans la résolution votée au parlement européen, en mai 1997 (A4-0075/97).
Elle
est reconnue dans certains pays de la Communauté européenne. En
Allemagne notamment.Originale par sa conception de lhomme
et de la maladie, elle lest également dans ses moyens thérapeutiques.
Si, comme toutes les médecines, elle fait appel à des substances
médicamenteuses, elle veille avec soin à leur mode de production
et de préparation. Elle sappuie également sur la pratique
des arts (peinture, musique). Enfin, elle prête une grande attention
à la qualité de vie des malades, en particulier à leur alimentation,
et propose des soins externes (massages-frictions, enveloppements,
bains ).Les médicaments sont choisis parmi les substances
de lunivers : minéraux, plantes, extraits animaux. Leur
prescription est basée sur lanalogie entre le processus
pathologique en évolution chez lhomme et les caractéristiques
de la substance (Iscador et cancer, voir encadré, ci-contre).
Beaucoup de remèdes utilisés figurent dans la matière médicale
homéopathique.
Néanmoins,
la médecine anthroposophique utilise des dilutions décimales.
Une dilution décimale est obtenue en mélangeant 1 goutte de solution
qui contient le principe actif dans 9 gouttes de solvant (eau-alcool)
(1), alors que lhoméopathie se sert le
plus souvent de dilutions centésimales obtenues en mélangeant
1 goutte de la solution qui contient le principe actif dans 99
gouttes de solvant. (2). Par ailleurs, les médecins
anthroposophes aiment se servir de dilutions homéopathiques sous
forme injectable, mode dadministration quasi inemployé en
homéopathie classique. Surtout, il existe une centaine de produits
(ou souches) que les médecins anthroposophes prescrivent et qui
ne figurent pas dans la pharmacopée homéopathique. Cest
le cas des préparations ne contenant que des parties de plantes
et non la plante entière afin de les orienter plus précisément
vers certaines fonctions de lorganisme humain. Ou encore,
des métaux végétabilisés. Par exemple Bryophylum argento cultus
est obtenu par culture de la plante Bryophylum sur un sol préparé
avec un engrais contenant de largent. Les plantes, une fois
récoltées, sont compostées et utilisées, lannée suivante,
comme engrais pour une deuxième génération de plantes croissant
toujours sur un milieu enrichi en argent. Celles-ci serviront
à leur tour dengrais pour une troisième génération de Bryophylum,
dont on extraira finalement le médicament.
En outre,
les laboratoires (3) qui élaborent, en France,
ces médicaments agissent avec une conviction toute anthroposophique
: cultivant eux-mêmes la majorité de leurs plantes-souches en
biodynamie (voir fiches pratiques, pages 30 à 32) ; respectant
scrupuleusement les temps de préparation et de dynamisation (4)
des médicaments celle-ci y est encore faite manuellement.
De plus, les souches des médicaments dorigine végétale avant
dêtre dynamisés passent par des procédés de préparation
particuliers, une espèce de maturation par la chaleur qui prolonge
lactivité de la nature : infusion, décoction, torréfaction,
incinération, etc.La pratique des arts est le second volet de
la démarche thérapeutique anthroposophique : " Pour stimuler,
les forces actives dautoguérison, explique le Dr Chazarenc,
il est fait appel aux arts-thérapeutiques. " En tout premier
lieu à leurythmie, ou art dhabiter lespace en
associant aux mouvements lémission vocale de voyelles et
de consonnes (voir reportage, pages 20 et 21).
Outre leurythmie
curative pratiquée avec des thérapeutes pour des maladies et indications
très précises, il existe leurythmie artistique qui donne
lieu à des ballets et spectacles et leurythmie pédagogique
accompagnant la croissance de lenfant. Une seconde pratique
corporelle : la Gymnastique Bothmer, moins connue que leurythmie,
comprend des séries dexercices réinscrivant le corps tout
entier dans les trois plans de lespace : frontal, horizontal,
sagittal (cest-à-dire de droite à gauche). Ces trois plans
se croisent au niveau du sternum. À lendroit précisément
où nous portons le doigt lorsque nous voulons nous désigner. Vivre
bien selon ces trois plans aide à retrouver lharmonie intérieure.Enfin,
le recours à la peinture et à la musique (voir reportage, pages
20 et 21) constitue le dernier volet de ces thérapies. Leur but
est dexprimer ou de retrouver un lien entre soi, les saisons
et les rythmes universels. Manière de dire quon guérit de
soi lorsque lon soublie et que lon sintègre
dans lunivers.
Cécile Baudet
(1)
La première dilution ainsi réalisée est appelée DH1. La seconde
dilution ou DH2 sera obtenue en prenant une goutte de la dilution
DH1 que lon mélangera avec 9 gouttes de solvant
(2)
Appelée CH (1, 2, 3, selon le nombre dopérations réalisées).
(3)
Les laboratoires Weleda, installés à Huningue, 68330, sont les
seuls à commercialiser ce type de produits. (4) La dynamisation
fait partie intégrante du procédé de fabrication des médicaments
homéopathiques et anthroposophiques. Elle consiste après
chaque dilution à agiter la préparation un certain nombre de fois
dans un sens, puis dans lautre.