Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
Pollué, lair
des villes est sous haute surveillance. Celui que nous respirons
à lintérieur de nos habitations nest guère meilleur
!
Le nombre
des allergiques et la mortalité par cancers augmentent de façon
spectaculaire. Un rapport parlementaire sur la sécurité sanitaire
environnementale (La mission parlementaire a été menée par les
députés André Aschieri et Odette Grzegrzulka. Leur rapport dénonce
"la faiblesse du dispositif français pour la prévention des
risques" et propose la création dune agence de sécurité
environnementale.), remis au Premier ministre en novembre 1998,
souligne que peintures, cosmétiques, produits de nettoyage sont
largement utilisés sans que leur nocivité ait été suffisamment
mesurée. Il insiste sur le fait que les risques sanitaires sont
surtout liés à des expositions multiples à des polluants faibles
ou même très faibles. Cest exactement ce qui se passe dans
la maison. Les occupants, leurs activités (cuisine, bricolage ),
les matériaux dhabillage et même la composition du sous-sol
émettent chacun des contaminants. On en connaît certains effets,
on en suspecte dautres, mais, en France, les études manquent
cruellement. " En dépit des progrès réalisés, lexposition
des citadins aux polluants dans lhabitat demeure peu étudiée
", constate le Centre scientifique et technique du bâtiment
(CSTB) dans un dossier consacré aux relations entre bâtiment et
santé.
Des
" volatils " qui donnent la chair de poule
Les composés
organiques volatils, ou COV, sont partout dans lair de la
maison et en sont les principaux polluants. Il sagit de
produits chimiquement instables qui émettent des vapeurs à température
ambiante. Un logement "abrite" de 50 à 300 composés
organiques volatils différents parmi lesquels benzène,
toluène, xylène, trichloréthylène ou formaldéhyde aux effets
néfastes : odeurs, irritation des yeux, somnolence, fatigue, voire
gène respiratoire caractérisée, allergies diverses lors de fortes
concentrations. Les produits émettant des COV sont partout dans
la maison : isolants, revêtements plastiques, moquettes (surtout
synthétiques), dalles disolation synthétiques, papiers peints,
tissus, peintures, vernis, meubles mais aussi déodorants
et détergents. Ces émanations peuvent durer des mois, voire des
années. À lexception du verre, la plupart des matériaux
(même ceux nen contenant pas) peuvent capter les COV et
les réémettre ensuite dans lair intérieur. Les plus gloutons
étant les dalles disolation phonique, le papier peint non
plastifié et la moquette synthétique.Certains pays favorisent
une information claire sur les produits qui émettent peu de COV.
En France, on en est encore loin. LEurope pourrait ouvrir
la voie à une réglementation plus exigeante, déjà en vigueur dans
certains pays du Nord : elle a lancé un appel doffres pour
définir un cadre des émissions de COV des peintures décoratives.
Les
experts sont formels : le formaldéhyde fait fort mal
Le
formaldéhyde (ou formol en solution aqueuse) est contenu dans
des colles pour les bois reconstitués. Il est également utilisé
comme désinfectant et aseptisant dans les hôpitaux et dans lindustrie
textile.Lui aussi est partout dans la maison : contreplaqués,
mélaminés, agglomérés, etc. Il séchappe des cigarettes en
combustion, des cuisinières à gaz, des produits ménagers. Il reste
longtemps dans les matériaux quil a imprégnés et peut dégager
des vapeurs pendant plusieurs années.Le Dr Fabien Squinazi, directeur
du laboratoire dhygiène de la Ville de Paris, signale que
sa recherche est une véritable traque : "Des employés étaient
victimes de problèmes respiratoires vraiment gênants. Pendant
les vacances et le week-end, ces problèmes disparaissaient. Les
analyses ont fait apparaître un taux de formaldéhyde très élevé.
Nous avons donc fait enlever les placards et les tables en particules
de bois." Cette mesure ne changeant rien, on a découvert
que les archives et les dossiers étaient imprégnés de formaldéhyde
qui causait une pollution importante.Il provoque irritations des
yeux et de la gorge, eczéma, céphalées, vertiges, nausées, etc.
Sa cancérogénicité est probable.Certains pays, comme lAllemagne,
ont adopté une classification des émissions de formaldéhyde pour
les panneaux à base de bois. La classe aux émissions les plus
faibles est identifiée classe E1. En France, cette classification
est parfois mentionnée sur les documents commerciaux mais nest
toujours pas obligatoire.
Humidité,
moisissures, acariens : un tiercé fertile
Nécessaire
à la vie, lhumidité devient malsaine dans une atmosphère
confinée. Un taux dhumidité relative de 40 à 60 % est nécessaire
dans des locaux à une température de 20° C. Mais trop importante,
elle aggrave les pathologies respiratoires et potentialise de
nombreux polluants et allergènes. Elle accroît les émissions de
composés organiques volatils (dont le formaldéhyde), multiplie
les fibres en suspension, accélère la dégradation des surfaces
contenant des peintures au plomb et offre un milieu favorable
aux virus et bactéries.
Dans une atmosphère
où lhumidité stagne, moisissures et acariens tous
deux puissants allergènes se développent. Les moisissures,
nourriture des acariens, poussent sur la poussière, le bois, les
tissus, les plantes et les aliments. À 75 % dhumidité relative
et 24° C, les acariens trouvent les conditions optimales pour
leur développement. Une simple baisse de 5 % du taux dhumidité
diminue leur nombre par six.Daprès une étude citée par le
Conseil supérieur dhygiène de France, " la prévalence
des maladies allergiques est de 10 % dans les logements secs et
de 25 à 30 % dans les logements humides riches en acariens ".Au
chapitre "allergènes", on peut ajouter les animaux familiers
: chien, chat, hamster, dont les squames, les poils et la salive
sont connus pour déclencher asthme et allergies respiratoires.
Combustions
: attention
Chauffe-eau
mal branché, mauvais tirage dun poêle ou dun chauffage
au gaz, ventilation défectueuse invisible, le monoxyde de
carbone (CO) reste la première cause de mortalité par intoxication
en France (400 décès et 8 000 intoxications par an). Le raccordement
dévacuation des gaz brûlés pour les récents chauffe-eau
au gaz et leur équipement obligatoire dune sécurité, depuis
1994, ne doivent pas faire négliger cette source de danger mortel.
Un danger surtout présent dans les logements modestes et mal ventilés,
à léquipement ancien.
Polluants
bien connus de lautomobile et de lindustrie, les oxydes
dazote (NOx), issus des processus de combustion, sont aussi
présents dans la maison : cuisines équipées au gaz et mal ventilées,
fumées de tabac, etc. Parmi les oxydes dazote, le dioxyde
dazote (NO2) agit au niveau de tout larbre pulmonaire
et augmente les symptômes respiratoires : sifflements, crise dasthme
En milieu rural " non pollué ", le niveau de dioxyde
dazote se situe autour de 5 microgrammes/m3. Dix cigarettes
fumées dans une pièce de 30 m3 font monter sa concentration à
40 à 80 microgrammes/m3. Ces valeurs de pointe se retrouvent dans
les cuisines mal aérées, quand la cuisinière à gaz fonctionne.Tout
aussi discret que le monoxyde de carbone, le radon nen est
pas moins un terrible polluant. Inodore et incolore, ce gaz radioactif
est lune des causes répertoriées du cancer du poumon. Il
émane du sol des régions riches en schiste et en granit, et pénètre
dans les maisons, surtout par le sol (voir ALTERNATIVE SANTÉ -
LImpatient n° 247).
Le
plomb, cest poison
Un rapport
de lInserm (Plomb dans lenvironnement : quels risques
pour la santé ? - janvier 1999) signale que 5 % des adultes et
près de 2 % des enfants de 1 à 6 ans auraient une plombémie supérieure
à 100 microgrammes/l, deux fois supérieure à la normale. Cela,
du fait des rejets industriels et des peintures au plomb que lon
trouve encore dans des logements anciens dégradés, bien que la
peinture au plomb soit interdite depuis 1948. En inhalant et en
ingérant des poussières, les jeunes enfants sont victimes de saturnisme
: anémies, troubles du système nerveux, retard irréversible du
développement neuro-comportemental.
La peinture
au plomb ne présente pas de risques tant quelle est recouverte
par dautres matériaux et quelle nest pas dégradée.
Une grande prudence simpose lors des travaux de rénovation
qui peuvent la remettre au jour. En cas de doute sur la présence
de plomb dans lhabitat, le mieux est de sadresser
à la DDASS de son département.Ces sources de pollution se trouvent
réparties dans les différentes pièces dhabitation. Mais
elles sont souvent encore plus concentrées dans les garage, atelier,
cellier et autres pièces de service, où se trouvent réunis les
produits toxiques, chaudières, etc.La plupart des problèmes de
pollution intérieure peuvent être largement diminués grâce à des
comportements adaptés. Comme nous allons le voir, la première
mesure de bon sens porte sur laération et la ventilation.
Le choix de matériaux et produits naturels, ou moins polluants,
reste la voie de la sagesse. Et si vous fumez encore, il vous
restera à traquer les 3 800 composés contenus dans la fumée du
tabac !