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Avril 1999

INTERVIEW

 
bvert1.gif (123 octets) Bouleversement
bvert1.gif (123 octets) Associer les acteurs de santé
bvert1.gif (123 octets) Drôles d'horaires
bvert1.gif (123 octets) Bon appui-conseil
orange1.gif (606 octets)
orange1.gif (606 octets) Sources de pollution
orange1.gif (606 octets) Composés Organiques Volatils
orange1.gif (606 octets) Les sources d'humidité
orange1.gif (606 octets) Interview
orange1.gif (606 octets) Principaux polluants
orange1.gif (606 octets) Maisons en bois de pays
orange1.gif (606 octets) Ventilation
orange1.gif (606 octets) Conséquences d'une
mauvaise ventilation
orange1.gif (606 octets) Matériaux et techniques
orange1.gif (606 octets) Laine de verre radioactive?
orange1.gif (606 octets) Labels écologiques
orange1.gif (606 octets) Isolation
 
 

 

 

 

Suzanne et Pierre Déoux "Les maladies allergiques augmentent, humidité et polluants intérieurs sont principalement en cause "

Suzanne et Pierre Déoux, tous deux docteurs en médecine, œuvrent depuis une quinzaine d’années pour le développement d’une écologie humaine et médicale. Leur dernier ouvrage Habitat Qualité Santé analyse l’impact sur la santé de tous les éléments du bâtiment.

 

 

 

ALTERNATIVE SANTÉ - L’Impatient : Quel est le premier conseil que vous donneriez à quelqu’un qui désirerait occuper et rénover un logement déjà construit?

Ce n’est pas un seul conseil qui permet d’évaluer un habitat sain mais un ensemble de critères qui aident à faire les bons choix.Il faut d’abord évaluer la qualité de l’environnement extérieur du logement :
- Sur quel terrain est-il implanté ? Sa composition géologique (radon), son humidité, son passé (remblais, ancienne friche industrielle, épandage de boues...) ;
- Y a-t-il des sources de pollutions aériennes et olfactives dans le voisinage et quels sont les vents dominants qui peuvent transporter les polluants vers cet habitat ?
- Quel est l’environnement sonore ?
- Quels sont l’orientation et l’ensoleillement de ce logement ?

Ces critères sont particulièrement indispensables pour les familles d’allergiques.Il faut ensuite évaluer le bâtiment : les divers matériaux utilisés, la qualité de l’isolation et de la ventilation, la présence de ponts thermiques signalés par des traces de moisissure (signe d’une qualité de l’air intérieur médiocre), le mode de chauffage.

On dit que certaines pathologies sont en relation avec l’habitat. Quelles sont-elles et quelles en sont les causes ?

Il existe d’abord dans l’habitat un polluant mortel, le monoxyde de carbone. L’habitat aussi a un rôle déterminant dans les pathologies allergiques : vingt-cinq années de politique d’économie d’énergie, conduisant à une étanchéité des logements au lieu d’instaurer une régulation thermique, ont eu pour conséquence une pollution de l’air intérieur, moins médiatisée que celle de l’air extérieur et pourtant plus importante.Depuis vingt ans, les maladies allergiques se multiplient et s’aggravent, le nombre d’asthmatiques a triplé. L’augmentation de l’humidité intérieure par défaut de ventilation et les nombreuses sources de polluants intérieurs sont principalement en cause.

Construire ou transformer une maison selon les conseils de votre livre Habitat Qualité Santé, n’est-ce pas très coûteux ?

La qualité de l’habitat a évidemment un coût, la santé également ! Certains choix effectués au moment de la conception et de la rénovation peuvent avoir des conséquences durables sur la santé. Tenter d’y remédier plus tard risque d’être encore plus coûteux. L’amiante était un matériau peu cher mais présentait un risque sanitaire qui a été volontairement négligé : nous le payons maintenant. Le coût d’un bâtiment ne peut être uniquement évalué dans le seul court terme. D’importantes dépenses de santé peuvent être évitées si l’on inclut le long terme dans la conception de l’habitat.

Pensez-vous que l’écobâtiment est l’avenir de la construction et que les fabricants de matériaux font actuellement de réels efforts pour intégrer la notion d’écologie dans leurs produits ?

La fonction première de l’habitat est d’être un abri pour l’homme, un espace de vie le protégeant des agressions extérieures. S’il protège l’homme de l’extérieur, il ne doit pas être, à l’intérieur, une source de nuisances. Donc, toute construction, si elle n’est pas seulement un produit financier, doit être réalisée pour l’homme, pour son équilibre physique et psychique et être de ce fait un écobâtiment.C’est parce que la finalité de l’habitat a été oubliée que des erreurs sont commises dans sa conception, sa réalisation, sa rénovation. Après des décennies de construction durant lesquelles l’influence sur la santé a été sous-estimée, il semble qu’une prise de conscience s’opère maintenant pour tenter de réaliser des bâtiments plus sains.

Propos recueillis par Fabienne de Jenlis et Jérôme Goust

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