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Mai 1999

Colopathies

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Luttes intestines…

Constipation, coliques, colite, ballonnements…
Les colopathies traduisent des souffrances de la sphère intestinale, liées parfois à des situations de stress.
Comment y faire face.

 

Chereau

 

Comme leur nom l’indique, les colopathies concernent le côlon. Elles correspondent à un mauvais fonctionnement intestinal qui regroupe les troubles dits " fonctionnels " : troubles du transit, douleurs abdominales aiguës (coliques) ou chroniques (colites), ballonnements, excès de gaz. Seuls ou associés, ils gâchent le quotidien.
" J’ai un travail passionnant, une vie de famille qui me comble. Tout irait pour le mieux sans ces ballonnements après les repas et ces lourdeurs. Quand je ne dois pas en plus supporter une alternance de constipation et de diarrhées ", reconnaît Monique, 43 ans.
Nadia, 27 ans, étudiante, a souvent mal au ventre : " Ça me tord, jusqu’à me donner des nausées. Et je souffre de constipation, état qui empire à l’approche des examens, comme si tout était bloqué à l’intérieur… "

Pour Nadia et Monique, peu importe le nom de leurs troubles, elles aimeraient les comprendre pour mieux les combattre. Et surtout ne plus s’entendre dire par leur environnement et leur médecin : " Tout ça, c’est dans la tête ". Elles voudraient être prises au sérieux " comme n’importe quel malade venant consulter ".

Maux du corps…

Les changements de terme au fil des années sont révélateurs de l’avancée des connaissances. Suite à de récentes études, les médecins parlent désormais de " syndrome de l’intestin irritable ", signalant la réalité d’une hypersensibilité intestinale, au niveau du côlon ou du rectum. Les personnes dont le seuil de douleur est bas, ont plus vite mal au ventre que d’autres. Il y aurait donc un terrain physiologique propice. Le terrain est naturellement influencé par l’alimentation – les colopathes l’apprennent vite à leurs dépens. Certaines fibres (son des céréales, poireaux, ananas…) nécessitent pour leur dégradation (1) l’action de bactéries particulières faisant partie de la flore intestinale. Or la diversité des bactéries dépend à la fois des individus, des traitements qu’ils prennent (les antibiotiques mettent à mal cette flore ; les laxatifs et anti-constipants également) et de l’alimentation.

La digestion libère des quantités plus ou moins importantes de produits de fermentation : hydrogène et méthane – responsables des ballonnements et d’excès de gaz… L’amidon, que l’on trouve dans les céréales, les pommes de terre, les féculents, les châtaignes…, insuffisamment digéré, induit également la formation de gaz. Autre aliment fréquemment mis en cause : le sucre du lait, le lactose, chez les personnes dites " intolérantes " (au lait). En fait, leur système enzymatique ne contient pas l’enzyme capable de dégrader le lactose, et le lait mal transformé oblige les bactéries à intervenir, conduisant à la formation de gaz.

L’ensemble de ces raisons " physiologiques " ne suffit pas à expliquer toutes les colopathies. Alors, influence du psychologique ?
72 % des patients consultant pour ces troubles signalent également des problèmes d’ordre psychologique, tels que l’anxiété ou la déprime… Proportion sans commune mesure avec ce qui se passe dans les autres pathologies, où seulement 18 % des patients expriment des difficultés à vivre. De plus, selon les études, entre 70 et 80 % des colopathes voient leurs symptômes exacerbés en cas de stress ou de contrariétés affectives. Le plus souvent, d’ailleurs, ces malades " s’analysent " bien plus que les autres.

Pleinement conscients du lien entre leurs maux et leur état psychologique, ils voient s’installer un cycle infernal. Plus ils souffrent, plus ils angoissent et plus leurs symptômes empirent ! Finalement, il est très difficile de savoir lequel de l’esprit ou du corps devance l’autre, tant les deux sont intimement liés. Même si les médecins n’ont pas prouvé l’existence d’un rapport étiologique – de cause à effet – entre l’angoisse et la survenue du syndrome de l’intestin irritable, ils constatent que le stress, chez ces patients, se reporte sur la sphère digestive.


       

 

 

 

 

 

 

 
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