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Mai 1999

 

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Les solutions

Une prise en charge efficace de la maladie tiendra compte de l’ensemble de ces facteurs. Concernant l’alimentation, il faut éviter les remèdes pires que le mal. Par exemple, les malades pourraient être tentés de supprimer totalement les aliments dits " coliques " – assimilés dans le côlon par les bactéries – comme les fibres. Ce serait une erreur car, si la fermentation bactérienne produit bien des gaz, elle fournit également des acides gras à chaîne courte (AGCC) indispensables au bon fonctionnement du côlon. Ces AGCC permettent une bonne hydratation des selles et ils favorisent leur cheminement dans l’intestin (2).

De leur côté, les intolérants au lait pourraient choisir de bannir de leur table tous les produits laitiers. Cette volonté ne devrait pas concerner les produits laitiers fermentés tels que les yaourts et le kéfir. Car l’action des bactéries-ferments en a fait disparaître le lactose provocateur de troubles. Mieux, certaines espèces de bactéries présentes dans les produits fermentés, si elles ne peuvent s’implanter dans la muqueuse, peuvent résider momentanément dans le côlon, rétablissant un bon équilibre de la flore intestinale.

On le voit, tout comportement par trop restrictif peut être préjudiciable. Le " connais-toi toi-même " est ici de rigueur. Pour tester ses réactions intestinales, on diminuera progressivement la quantité de l’aliment que l’on " sent mal ", puis on observera les effets de sa ré-introduction. Surtout, on s’approchera autant que possible d’une alimentation simple (qui n’a pas subi trop de transformations et ne présente pas trop d’associations, de sauces ni de corps gras animaux…). On veillera surtout à respecter des rythmes de repas, à manger lentement, tranquillement, dans une atmosphère détendue.

Se déstresser

Tout en agissant sur les facteurs nutritionnels, il faut s’attaquer au mental car, on l’a vu, les deux sont indissociables. Le rôle du médecin est important. Sa qualité d’écoute est essentielle. Or, trop souvent, il ne laisse pas au patient le temps de s’exprimer et se contente de prescrire hâtivement des antispasmodiques intestinaux, des ralentisseurs de transit ou des absorbeurs de gaz. Alors même que des études cliniques ont montré que près de 50 % des colopathes se trouvent guéris par l’administration d’un placebo (faux médicament).

Il est impossible d’éliminer le stress de notre quotidien, il est possible de le gérer efficacement, en s’organisant pour ne pas se trouver débordé (quitte à réduire ses activités) et à s’accorder le droit, sans hâte, de se faire plaisir : ballades, violon d’Ingres, flâneries, rêveries, sports, yoga, massages… À chacun de trouver sa méthode pour se déstresser et se délasser. Et de se tourner vers les médecines douces.

Les alternatives

La phytothérapie n’est pas avare de recettes. Nous en avons retenu deux. En cas de douleurs abdominales : deux tasses par jour d’une infusion bien chaude de lavande (brins), tilleul (fleurs), marjolaine (plante entière) et mauve (feuilles et fleurs), à raison de deux pincées de chaque plante par litre d’eau. En cas de constipation : un à deux bols par jour d’une infusion de sauge (feuilles et fleurs), anis vert (feuilles), camomille (fleurs), verveine (feuilles et fleurs) et basilic (feuilles et fleurs), à raison d’une pincée de chacune par bol.

L’acupuncture et plus globalement la médecine traditionnelle chinoise (voir ALTERNATIVE SANTÉ - L’Impatient n° 239) peuvent se révéler intéressantes. L’homme, y est appréhendé dans sa globalité ; et les maladies considérées comme le résultat d’une rupture d’harmonie, analysée en termes de yin et de yang. En cas de rupture de l’individu avec son environnement, on parle d’atteinte par l’humidité, le froid, le chaud, le sec ou le vent. Pour une rupture plus intérieure, on parle de dérèglements dus aux " Sept Sentiments ". À partir des symptômes évoqués par le patient, l’acupuncteur établit un bilan énergétique spécifique qui servira de base au traitement. La médecine traditionnelle chinoise ne parle pas de " colites " ou de " coliques ", termes estimés trop restrictifs puisque réduits à la sphère digestive. De fait, elle associe les colopathies à d’autres manifestations présentes dans un grand nombre de syndromes décrits dans la littérature médicale chinoise. Cette vision synthétique permet une meilleure adaptation des traitements aux multiples facteurs qui semblent responsables de l’apparition des colopathies.

Les traitements homéopathiques prennent eux aussi en compte le malade dans sa globalité. L’homéopathe étudie les caractéristiques des symptômes, mais également la psychologie et l’environnement familial, avant de proposer un traitement. Pour un même symptôme de ballonnement, il prescrira Lycopodium si les gaz intestinaux sont inodores et les flatulences douloureuses, et plutôt Magnesia carbonica si les gaz sont fétides et les flatulences accompagnées de borborygmes (gargouillis). Les conditions d’aggravation des symptômes (en fonction du type d’alimentation, des heures de la journée, de la position assise ou couchée) et le caractère du malade (calme ou anxieux) orienteront vers tel ou tel remède.

Messages du corps et de l’esprit, les colopathies sont à aborder globalement.

Nathalie Bisetti impatient@medecines-douces.com

(1) La dégradation des fibres de cellulose existe, mais elle est peu importante. Car celles-ci ont surtout une action de lest dans le transit intestinal.

(2) Rappelons que l’apport quotidien moyen recommandé (en fibres) de 30 g est rarement atteint (il est estimé à seulement 15 g/ jour dans nos pays).

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