Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
Priorité
au silence et à la désinformation malgré le travail réalisé par
lassociation de défense des victimes du vaccin hépatite
B (Revahb) et la pharmacovigilance
Bernard Kouchner
va-t-il relancer la vaccination contre lhépatite B dans
les collèges à la prochaine rentrée ? Si lon en croit les
nombreux articles de presse parus à ce sujet à la mi-mars, la
réponse est oui ! Ces articles déforment les propos tenus par
le secrétaire dÉtat à la Santé sur Radio Monte-Carlo et
font grand cas dune étude du Réseau national de santé publique,
publiée par le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH, 2 mars
1999). Le Monde nhésite pas à titrer : " Confirmation
de lefficacité du vaccin contre lhépatite B "
(12 mars 1999). Or larticle du BEH napporte pas de
confirmation, il napporte dailleurs aucune information
nouvelle, puisquil ne fait que reprendre, avec quelques
changements de style, lune des études sur lesquelles Bernard
Kouchner sétait fondé pour décider la suspension de la vaccination
dans les collèges. Le Monde avait, comme tous les journalistes,
lintégralité de cette étude dans ses dossiers depuis le
1er octobre.
La
pression des laboratoires
Notre confrère
poursuit donc, comme bien dautres, une opération de désinformation
sur laquelle surfent allégrement les laboratoires pour relancer
leurs ventes qui ont chuté de près de la moitié en 1998 par rapport
à 1997 (1). Baisse qui sest
fortement accélérée depuis la suspension de la vaccination dans
les collèges au mois doctobre. Pour les laboratoires, tous
les arguments sont bons pour prétendre que le vaccin est inoffensif
: cest ainsi que SKB se fend dune luxueuse lettre
adressée à tous les médecins, affirmant que " le vaccin contre
lhépatite B est à la fois dune grande efficacité et
dune grande innocuité ".
Une affirmation
démentie par les 1 700 témoignages reçus par lassociation
qui regroupe les victimes du vaccin : le Revahb (Réseau pour lévaluation
du vaccin hépatite B) et par les 150 personnes qui assistaient,
le 27 mars dernier, à la seconde assemblée générale de lassociation.
Des personnes de tous les milieux sociaux et professionnels, souvent
durement frappées par la maladie. " Les adhérents nous ont
posé beaucoup de questions sur le plan médical et sur le plan
juridique. Des questions dautant plus difficiles que nous
devons faire face à une multitude de maladies et à des situations
juridiques très différentes ", explique Jean-Marie Petit,
nouveau président du Revahb, père de Sabine, collégienne, victime
du vaccin (2). Des questions auxquelles
lassociation essaie de répondre de son mieux.
(1)
Selon le secrétariat dÉtat à la Santé, les ventes avaient
déjà largement baissé en 1996 et 1997 par rapport aux chiffres
records de vaccination de 1994 et 1995, pour revenir en 1998,
avec un million et demi de vaccinés, à un taux comparable à ceux
des autres pays européens. On ne dispose pas encore de chiffres
pour 1999.
(2)
Voir le témoignage publié dans Alternative santé - LImpatient,
novembre 1996. Les parents de Sabine mènent depuis deux ans une
action tenace dans la région Nord-Pas-de-Calais pour faire éclater
la vérité.
" Malgré
leurs difficultés, les victimes sont très motivées et il y a beaucoup
de bonne volonté. Nous avons donc pu organiser lassociation
différemment. " Au sein du Revahb fonctionnera désormais
un comité médical et scientifique, animé par le Dr Philippe Jakubowicz,
et un comité exécutif chargé de la bonne marche de lassociation.
En outre, les antennes régionales vont être progressivement développées.
Sur le plan
médical, cest grâce au Revahb et à la campagne dinformation
que nous menons depuis 1996 que le secrétaire dÉtat
à la Santé a décidé, en octobre, de suspendre les campagnes de
vaccination dans les collèges et de multiplier les études épidémiologiques.
LAgence du médicament continue à collaborer étroitement
avec lui pour recenser les dossiers que les malades lui ont confiés.
Mais le Revahb et lAgence du médicament se heurtent à la
complexité de la procédure. En effet, lAgence renvoie chaque
fiche transmise par lassociation aux Centres régionaux de
pharmacovigilance. Ceux-ci prennent alors contact avec les médecins
traitants des victimes pour leur demander de remplir des déclarations
individuelles. Les médecins renvoient ces déclarations remplies
au centre régional qui les a contactés, lequel les retourne ensuite
à lAgence nationale du médicament. Ce nest quà
ce stade que lAgence du médicament enregistre les cas et
quils peuvent être comptabilisés dans les études épidémiologiques.
Ce système est dautant plus lourd que les médecins traitants,
débordés, tardent parfois à remplir des fiches qui leur demandent
des recherches fastidieuses (dates dévénements, comptes
rendus dhospitalisation, etc.). Pire, certains centres régionaux
de pharmacovigilance traînent des pieds : " Au niveau régional,
on a toutes les peines du monde à obtenir le retour des fiches.
À côté de centres de pharmacovigilance qui font preuve douverture
desprit, dautres rechignent à faire ce travail ",
déplore le Dr Jakubowicz.
Cette mauvaise
volonté est dautant plus grave que lon sait, depuis
la conférence de presse de Bernard Kouchner, quil suffirait
dun petit nombre de nouveaux cas pour que la balance des
études épidémiologiques penche de manière significative du côté
de la responsabilité des vaccins dans les effets secondaires constatés
(3). Sur les 1 760 cas recensés par le Revahb,
780 dossiers sont en cours détude par lAgence du médicament.
Mais un premier pointage montre que, sur les 500 premiers dossiers
envoyés dans les régions, 200 ne sont toujours pas revenus au
niveau national. Un retard qui pénalise lourdement les malades
et la présentation de la réalité des faits. " LAgence
du médicament est consciente du problème et nous avons mis en
place avec elle un nouveau schéma. Le Dr Bideau, médecin chargé
du dossier au niveau national, est venu étudier directement certains
dossiers ", explique le Dr Jakubowicz.
Le retard
pris favorise actuellement ceux qui veulent nier lévidence.
La récente décision de la cour dappel de Versailles de demander
une expertise préalable dans laffaire Jeanpert et Leroy
semble aller dans leur sens. Mais le Dr Jakubowicz reste confiant
: " Les expertises qui reconnaissent le lien de cause à effet
entre le vaccin et les effets secondaires se multiplient. Nous
sommes en train de les recenser et nous pourrons prochainement
en publier une liste qui répondra définitivement à ceux qui nous
objectent le manque de preuves. "