Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
"Mailler
le territoire ", cela signifie pour les opérateurs installer
suffisamment dantennes proches les unes des autres. Comme
chaque opérateur a son propre maillage, les antennes fleurissent
un peu partout en France.
"
À Toulouse, nous dit Daniel Depris, du CEPHES (Comité européen
pour la protection de lhabitat, de lenvironnement
et de la santé), il y en a environ une tous les trois cents mètres
". Un quadrillage mené tambour battant par des opérateurs
pressés, peu soucieux desthétisme et des risques quils
peuvent faire courir aux populations. Quand ils décident dimplanter
une antenne dans une zone donnée :
Ils
font un repérage très précis des lieux à laide de photos
aériennes, de plans doccupation des sols, de cartes IGN,
de plans dimmeubles ;
Ces
documents en main, ils sadressent aux maires des communes,
aux sociétés dautoroute, aux syndics dimmeubles
Et proposent contre espèces sonnantes et trébuchantes la location
dun bout de terre ou de toit. Laccord signé, les travaux
sont faits dans la foulée et les résultats sont parfois déroutants.
M. et Mme Delmarle, dOcteville-sur-Mer (près de Rouen),
se sont retrouvés quasiment du jour au lendemain avec une antenne
de 34 m de haut (1m de diamètre à la base) à 30 mètres de leur
chambre à coucher, non loin de lentrée de leur maison. "
Comble du paradoxe, nous sommes entourés de champs, sinsurgent-ils,
alors pourquoi là ? ". Parce que le terrain sur lequel est
plantée lantenne appartient à un agriculteur qui, après
que la mairie avait donné son accord, a accepté limplantation.
Et parce que lopérateur a installé lantenne dans lendroit
dudit terrain le plus facilement accessible ; à savoir lextrémité
de limpasse dans laquelle habitent M. et Mme Delmarle, sans
que leur avis ait été sollicité.
Autre cas,
les parents denfants de lécole primaire Montolivet,
de Villeneuve-les-Avignon ont eu la surprise de voir, le jour
de la rentrée de septembre 1997, des installateurs sur le toit
de lécole en train de poser deux antennes relais. Sans que
personne ait été informé.
Autre exemple,
celui de Madeleine qui habite avenue Victor-Hugo, à Paris, un
immeuble de neuf étages. Là, cest le syndic qui a été contacté
par France Télécom. En échange de 40 000 francs par an de location,
lopérateur propose dimplanter différentes antennes
sur la terrasse. Et de refaire à sa charge lescalier qui
y mène, ainsi que de procéder à la réfection de linstallation
téléphonique de limmeuble (coût approximatif des différents
travaux : 150 000 F). " Les décisions du syndic se prennent
à la majorité absolue (50 % des voix plus une). Autant dire que
la demande a été acceptée sans hésitation. Même moi, je me suis
fait piéger tellement les choses étaient bien présentées et loffre
alléchante. Ils sont prêts à offrir des sommes exorbitantes pour
obtenir le droit de simplanter. Cest après que jai
réfléchi et que je me suis renseignée sur les risques pour la
santé. Car je suis propriétaire de la terrasse que jai entièrement
aménagée en appartement et lune des plus grosses antennes
sera directement au-dessus de mon lit. Je suis carrément inquiète.
" Depuis peu, Bouygues surenchérit sur loffre de France
télécom, offrant 54 000 frans par an pour un contrat de dix ans
Toujours à
Paris, France est propriétaire dune terrasse quelle
a transformée en habitation juste en face de la Maison de la radio.
Son syndic a lui aussi été entrepris par un opérateur. Elle affûte
actuellement ses arguments pour convaincre lassemblée de
propriétaires de ne pas donner suite à la demande. Actuellement,
il nexiste aucune législation concernant le respect dune
distance entre les habitations et les lieux dimplantation
dantenne. Et largument financier, terriblement tentant,
fait le plus souvent pencher la balance, au mépris des populations
les plus exposées enfants, personnes fragiles
et des personnes les plus proches.