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ALTERNATIVE
SANTÉ - LImpatient : Quelle est la réglementation en matière
dallégation " santé " concernant les aliments
?
Dr Dominique
Baelde : Tout dabord, il faut rappeler ce quon entend
par le terme dallégation. Il sagit dun message,
dune mention, ou dune représentation, impliquant ou
suggérant des propriétés ou des caractéristiques particulières
dune denrée alimentaire (liées à sa nature, à sa composition,
à sa valeur nutritive, à son mode de production, etc.). En France
et en Europe, seules sont autorisées les allégations nutritionnelles
(par exemple : "riche en vitamine C ; à teneur réduite en
matière grasse
"). Les allégations fonctionnelles (par
exemple : "le calcium participe au maintien du capital osseux")
et les allégations de santé (par exemple : "le calcium améliore
la densité osseuse") sont également admises. Bien sûr, ces
allégations doivent reposer sur des preuves établies de façon
scientifique. Sont interdites les allégations relatives à une
maladie (par exemple : " le calcium prévient lostéoporose
").
Quels
sont les organismes chargés de contrôler lapplication de
la réglementation concernant lalimentation ?
En ce qui
concerne la DGCCRF, sa mission est de contrôler les denrées alimentaires,
et notamment les produits diététiques et les compléments, en matière
de respect de la composition, détiquetage et de publicité.
Certains aspects sanitaires reviennent aux Services vétérinaires.
Les administrations (DGCCFR, Direction générale de la santé
)
font appel à deux commissions techniques, chargées de leur donner
un avis de spécialistes. Il sagit du CSHPF (Conseil supérieur
dhygiène publique de France), dont la mission porte surtout
sur lexpertise toxicologique, et la Cedap (Commission interministérielle
détude des produits destinés à une alimentation particulière),
plutôt chargée dévaluer les aspects nutritionnels (laits
pour bébé, substituts de repas, produits pour diabétiques
).
Jaimerais signaler à vos lecteurs que les enquêtes peuvent
être déclenchées par simple demande à la DGCCRF. Tout consommateur
qui sinterrogerait sur le bien-fondé dun étiquetage
peut nous faire part de ses remarques en joignant une photocopie
de létiquette.
La loi n°
98-535, du 1er juillet 1998, indique la création dautres
organismes : Comité national de sécurité alimentaire, Institut
de veille sanitaire, Agence française de sécurité sanitaire des
aliments. Sont-ils en fonction, et quels "plus" apportent-ils
?
La France
a été bouleversée par lépisode de la "vache folle"
notamment, et les consommateurs sont inquiets face aux organismes
génétiquement modifiés (OGM) tels le soja ou le maïs. Le gouvernement
a donc décidé de mettre en place ces nouvelles structures. Les
décrets dapplication étant parus au début du mois davril,
elles devraient être opérationnelles à la rentrée de septembre.
Il sagit de renforcer les moyens actuels et daméliorer
lévaluation des risques.
Il
y a harmonisation européenne. Quen est-il des autres pays
exportant vers la France et lEurope leurs produits alimentaires
?
Lorsquil
y a harmonisation européenne, les denrées alimentaires entrant
sur le territoire sont soumises aux mêmes réglementations et doivent
être conformes aux normes européennes (intégrées dans nos textes
nationaux). Si lharmonisation nexiste pas, elles sont
alors soumises aux textes français.
Que
se passe-t-il en cas de non-conformité ?
Le droit alimentaire
correspond à deux pratiques de fond : "On ne met pas de substances
ou dingrédients interdits dans les aliments" et "Il
ne doit pas y avoir tromperie du consommateur ". Si ces deux
principes ne sont pas respectés, les produits doivent être rendus
conformes, ou retirés de la vente. Par exemple, nous sommes intervenus
très lourdement sur les produits à base de carnitine, dont les
fabricants vantaient la propriété de "brûler les graisses".
Le Cedap nayant trouvé aucune preuve scientifique, cette
allégation a été considérée comme mensongère, leur publicité interdite
et les produits retirés de la vente.
En
fonction des données scientifiques, comment la réglementation
devrait-elle évoluer ?
Il est évident
que de nombreux arguments scientifiques plaident en faveur dun
rôle préventif de lalimentation. Mais, dans létat
actuel de la réglementation, il reste interdit de mentionner sur
létiquette quun aliment prévient le cancer ou traite
linfarctus. Mettre sur le même plan les aliments et les
médicaments constituerait une menace pour le monopole pharmaceutique
français. En termes de prospective, une telle idée semble néanmoins
pointer. Et les enjeux économiques sont considérables.
Nathalie
Bisetti impatient@medecines-douces.com
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