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Juillet
1999
Loubli
de compresse ou dobjets dans le corps dun opéré :
une faute évitable
Chaque année,
le Groupe des assurances mutuelles médicales (GAMM) enregistre
plusieurs plaintes liées à loubli de corps étrangers lors
dinterventions chirurgicales. Les chiffres nenglobent
pas lensemble des accidents, mais ceux faisant lobjet
de procédures judiciaires. En 1997, le GAMM a enregistré 17 plaintes
(1). Les deux tiers
concernaient des corps étrangers textiles (compresses ou champs
opératoires). La gynécologie obstétrique est en cause dans 9 cas
(dont 3 césariennes), la chirurgie digestive dans 4, la chirurgie
orthopédique dans 3 et la chirurgie ORL dans 1. Mais le risque
existe dans tout acte opératoire.Loubli dun corps
étranger lors dune intervention est toujours constitutif
dune faute (2).
Quant à la prévention, elle est fondée sur la rigueur des protocoles
opératoires et lutilisation de marqueurs radio-opaques permettant
de les déceler clairement lors dune radiographie.Un exemple
: en mai 1992, M. X est hospitalisé en clinique pour un angor
deffort. En raison du risque coronarien, un double pontage
doit être réalisé, permettant dimplanter deux artères sur
deux autres. La sternotomie est réalisée par un chirurgien le
30 mai. Les suites opératoires sont satisfaisantes. Mais le patient
se plaint de douleurs thoraciques profondes auprès de son cardiologue
le 1er juillet. Divers traitements et examens sont mis en uvre.
Une opacité est constatée à loccasion de plusieurs examens
tomo-densitométriques en 1992, de radiographies en 1993 et 1994.
Mais aucun des médecins concernés ne conseille à M. X de retourner
voir son chirurgien.Ce nest quaprès aggravation quune
intervention est conseillée. La thoracotomie aura lieu en janvier
1995 seulement. Louverture dune masse recouverte de
poumon permet dextraire un liquide puriforme et un corps
étranger ressemblant à une compresse oubliée.Par jugement, le
tribunal condamne le chirurgien à verser 180 000 F à M. X, en
réparation des différents préjudices, ainsi quune somme
de 44 000 F à la Caisse primaire dassurance maladie (CPAM).
Au titre de larticle 700 du nouveau code de procédure civile,
il fut alloué, en plus, pour frais de procédure 15 000 F à M.
X et 5 000 F à la CPAM.
(1)
Loubli de compresse : une faute évitable, Sicot C., Le Concours
médical n° 120, 5 septembre 1998, 28-29.
(2)
De loubli des pinces, scalpels, compresses et autres menus
objets , Veron M., Médecine et Droit n° 27, 1997, 8-9.