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Juillet 1999

qu’est-ce qu’une émotion ?

émoi, émoi, émoi

 

orange3.gif (1014 octets)L'art de gérer ses émotions
bvert1.gif (123 octets) Emoi,émoi,émoi
bvert1.gif (123 octets) Le coup de foudre, c'est du tonnerre !
bvert1.gif (123 octets) Un jour mon prince viendra
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bvert1.gif (123 octets) Réconcilier la tête et le coeur
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bvert1.gif (301 octets) Fiches pratiques
orange1.gif (606 octets) Cliniques privées
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bvert1.gif (301 octets) compresses oubliées
orange1.gif (606 octets) Habitat de santé
bvert1.gif (301 octets) Feng Shui
bvert1.gif (301 octets) A fond la forme
bvert1.gif (301 octets) La maison comme une peau
bvert1.gif (301 octets) Pour en savoir plus
bvert1.gif (301 octets) Astre au logis
bvert1.gif (301 octets) Comprendre la lune
 

 

 

 

 

Japack/SunsetDifficile de cerner en quelques lignes ce que le mot « émotion » recouvre. Cette question alimente le débat philosophique depuis plus de 2000 ans ! Et depuis peu, psychologues et scientifiques s’en mêlent !Essayons d’y voir un peu plus clair.

Qu’elles soient agréables ou désagréables, les émotions ont pour caractéristique commune de ne pas être uniquement dans la tête, mais d’être accompagnées de modifications physiologiques et somatiques (effets sur le corps). » Ainsi débute le Que sais-je ? sur les émotions de Robert Dantzer (Directeur de recherche à l’Institut national d’agronomie (Inra)). Être pris par l’émotion lorsque, sur l’écran de cinéma, le Titanic coule, ce n’est pas penser simplement « c’est triste », c’est ressentir en soi dans « ses tripes » une puissante sensation. L’aspect corporel des émotions est important car il permet de les différencier des simples sentiments. La psycho-neuro-immunologie (PNI) étudie la complexité des relations qu’entretiennent le corps et l’esprit, et montre que les systèmes nerveux et immunitaires, chargés de maintenir l’équilibre de l’organisme, ne fonctionnent pas l’un sans l’autre et que notre vie émotionnelle a quelque chose de profond à voir avec notre santé.On dénombre des centaines d’émotions avec toutes les combinaisons possibles. Plus de mille termes existent pour les désigner, à commencer par les plus simples, tel le mot « peur » que l’on décline à l’infini : anxiété, appréhension, nervosité, inquiétude, consternation, énervement, crainte, effroi, terreur, épouvante, etc.

D.Stewart/Fotogram-Stone ImagesLa grande peur

Formes explosives de l’affectivité, la peur, la colère, la joie, la tristesse, le dégoût, la surprise seraient des émotions universellement ressenties. « Des émotions fondamentales », explique Daniel Goleman, psychologue américain, auteur de L’intelligence émotionnelle, cultiver ses émotions pour s’épanouir au travail. Ces émotions premières ou fondamentales renvoient toutes au plaisir-déplaisir. On trouve ensuite « les émotions dérivées, engendrées par l’image que l’on se fait de l’autre, comme le mépris ou la méfiance, enfin, les émotions tierces qui naissent de la conscience de soi face à l’autre, comme la honte et la timidité. » Mais si certaines émotions semblent universelles, les manières de les exprimer diffèrent. « Le montage émotif des individus varie profondément d’une culture à l’autre », explique Paul Dumouchel, philosophe des sciences, auteur de Émotions, essai sur le corps social. L’étude des émotions relève de deux disciplines différentes : la philosophie et la biologie. La première s’intéresse à la nature des émotions et à leur place dans notre vie. Pour le biologiste, l’émotion n’est accessible qu’à travers ses modifications biologiques et comportementales. La vision d’un ours ne provoquera pas la même réaction selon qu’on le rencontre dans une forêt canadienne ou derrière les barreaux d’un zoo ! La psychologie cognitive considère qu’un individu placé dans un certain environnement traite l’information qu’il reçoit en fonction de son expérience antérieure et de son attente. En d’autres termes, l’émotion naît de l’interprétation de la situation et non de la situation elle-même.

À quoi servent-elles ?

« L’universalité des émotions à travers les cultures, explique Robert Dantzer, laisse penser qu’il s’agit de processus adaptatifs, favorisant la survie de l’individu et de l’espèce. » Avoir peur des animaux dangereux a permis à nos ancêtres de survivre. Elles jouent aussi un rôle de communication et de relation. L’expression visuelle des émotions me permet dePierre Michaud rencontrer l’autre. La tristesse de l’un incite l’autre à adapter son comportement et à ne pas le « bousculer ». La colère fait comprendre que ce n’est pas le moment de réclamer plus d’attention, etc. Certes, le message n’est pas toujours certain car l’humain peut délibérément feindre une émotion pour tromper. Mais cela même illustre bien sa fonction de communication !

Émotions et survenue des maladies

Notre vocabulaire exprime depuis bien longtemps l’idée que nos émotions puissent affecter notre état de santé : « Se faire un sang d’encre, avoir l’estomac noué, se faire de la bile ». La psycho-neuro-immunologie (PNI) étudie ce lien de cause à effet. L’ouvrage Votre esprit est votre meilleur médecin, du Dr Liliane Reuter (2), médecin-généraliste luxembourgeoise en témoigne : « On commence à mieux comprendre comment certaines blessures émotionnelles et psychiques peuvent se traduire au niveau corporel. Le lien direct entre émotions et santé a surtout pu être identifié à propos d’émotions négatives, explique-t-elle. Des chercheurs de la faculté de médecine de Harvard ont noté que la colère est l’émotion la plus fréquente dans les deux heures précédant un accident cardiaque… Un choc émotionnel libère dans l’organisme des substances de type morphinique-enképhaline ressemblant aux opiacés endogènes et des corticostéroïdes surrénaliens qui empêchent les globules blancs d’effectuer leur patrouille de protection contre le cancer et les maladies infectieuses. » Parallèlement à la PNI et à la médecine psychosomatique, un certain nombre de thérapies abordent l’être humain dans sa dimension corps-émotion : la bioénergie, le rebirth, la respiration holotropique, etc. Ces thérapies avancent que tout refoulement se manifeste par une tension corporelle. En agissant sur le corps par des massages et autres techniques corporelles, on provoque l’émergence des émotions refoulées et l’on retrouve ainsi les émotions premières qui pilotent de façon inconsciente nos actions et peuvent être sources de dysfonctionnement. Un beau programme pour essayer de reprendre sa vie en main !     

Martine Laganier impatient@medecines-douces.com

L'émotion au scanner

Que faire de nos passions ?

Le terme "émotion" dans son sens actuel est d’un usage récent. Il naît en opposition au terme « passions ». Pour Descartes, il est préférable de maîtriser ses passions plutôt que de changer l’ordre du monde. Pour Kant, la passion, maladie de l’âme, sera disciplinée par la raison. Oui mais… pour Hegel, elle est créatrice et rien de grand ne s’accomplit sans elle. Alors que faire ? Éternel débat : les dominer, les cultiver ou les mettre à distance ? La maîtrise de soi, la capacité de résister aux tempêtes intérieures et de ne pas être esclave de ses passions est tenue pour une vertu depuis les philosophes de l’Antiquité. Epicure faisait déjà appel à la raison pour atteindre la paix de l’âme. Et pourtant, les plus habiles sont ceux qui ont les plus fortes passions, écrit Platon. Alors, attention, comme le recommande Mallebranche, à ne pas projeter sur les autres nos propres affects, créant ainsi l’erreur qui nous enferme dans nos passions !   

L’émotion au scanner

Aujourd’hui, grâce à l’imagerie médicale, le scanner par exemple, on peut visualiser ce qui se passe dans le cerveau lorsque nous éprouvons une émotion.Au sens physiologique, l’émotion est une affaire de circuit nerveux et d’hormones. Les mouvements des muscles mis en jeu dans les expressions émotionnelles ainsi que la libération des hormones qui envahissent l’organisme dans les situations émotionnelles sont commandés par le cerveau. Un impact olfactif, visuel ou auditif touche le système « limbique ». Le cerveau limbique est le centre de la vie émotionnelle. Il gère cette information avec les zones spécialisées de l’intelligence et du souvenir, puis la laisse repartir vers le système nerveux végétatif grâce à des neurotransmetteurs qui se chargent d’amener l’impact ici ou là. Exemples, si l’impact affecte nos vaisseaux capillaires on rougit, si c’est le cœur on palpite, le cervelet on tremble, les glandes sudoripares on sue, etc., si le système est court-circuité on s’évanouit… Tout cela hors du contrôle de la volonté, l’expression dépendant de l’organisme et de l’histoire propre à chaque individu. 
M. L.

 

 

 

 
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