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Juillet 1999

Isabelle Val de Flor, architecte-urbaniste

« Considérer la maison comme une peau »

 

orange3.gif (1014 octets)L'art de gérer ses émotions
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bvert1.gif (301 octets) La maison comme une peau
bvert1.gif (301 octets) Pour en savoir plus
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bvert1.gif (301 octets) Comprendre la lune
 

 

 

 

Une architecture adaptée en profondeur à l’être humain et accordée à l’environnement.

 

 

 

ALTERNATIVE SANTÉ - L’Impatient : Quelle relation établissez-vous entre votre activité professionnelle et l’anthroposophie ?

suite.gif (507 octets) Isabelle Val de Flor : L’anthroposophie insiste sur la tripartition du corps : les membres, symbole d’activité ; la tête, pôle de réflexion et de rationalité ; enfin la zone rythmique du cœur qui fait le lien, correspondant à la convivialité. Concevoir une maison en ayant présente à l’esprit cette partition conduit à créer des lieux spécifiques localisés et conçus de telle façon qu’ils influent favorablement sur les individus. Ainsi, on distinguera, selon les fonctions, des espaces plus clairs et géométriques, d’autres plus chaleureux et protecteurs. Chaque pièce a son ambiance dans l’« organisme » de la maison : le bureau ou la pièce de travail qui correspond au pôle tête, ou la chambre qui appartient à une sphère plus intime. Par contre, la pièce avec la cheminée constituera le pivot de la maison, celle de la convivialité, autour de laquelle s’articuleront les autres lieux. 1.gif (3149 octets)

Ces réflexions ne sont pas particulières à l’anthroposophie. Y-a-t-il d’autres principes qui relèvent de cette philosophie et qui trouvent leur application en architecture ?

suite.gif (507 octets) L’impulsion de Rudolf Steiner en architecture s’appuie par exemple sur la notion de métamorphose qui anime toute chose. Quand elles croissent, les plantes se transforment, la tige et les fleurs grandissent, le bouton devient fleur et cette métamorphose s’accompagne de mouvements spiralés et/ou du centre vers la périphérie. Ainsi orientés, les poteaux et les poutres qui soutiennent une construction rappellent des corolles qui s’épanouiraient. Et l’homme qui séjourne dans un tel lieu est lui aussi appelé à s’ouvrir. L’architecture organique – style Gaudi, à Barcelone, ou Guimard pour les entrées du métro parisien – est appelée ainsi parce qu’elle accorde une grande importance au végétal, elle s’est beaucoup inspirée de ces notions. De même, la coupole qui recouvre et achève un bâtiment permet de le centrer comme individualité. Le « toit » du Goetheanum, premier centre d’anthroposophie, construit près de Bâle au début du siècle comportait deux structures en bois, en forme de coupoles juxtaposées : cela permettait de s’ouvrir à une deuxième sphère plus spirituelle. Plus que symboliques, ces conceptions ont un but : relier l’homme à l’univers. L’architecture sacrée antique procédait de la même volonté et se trouvait construite en des lieux qui concentrent plus que d’autres des forces vivantes guérisseuses. Rappelons-nous Epidaure, ville d’Argolide (région montagneuse de l’ancienne Grèce) rendue célèbre par son sanctuaire dédié à Asclépios (ou Esculape), dieu de la médecine. Les guérisons qui s’y opéraient en firent un des grands complexes de thérapie de l’Antiquité.

Ces réflexions concernent-elles aussi les matériaux ?

suite.gif (507 octets) Oui, il faut considérer la maison comme une peau qui ne doit pas couper de la nature. Pour cela, on utilisera des matériaux naturels en contact direct avec les forces régénératrices de la nature : la brique faite à partir de terre, le bois ; le chanvre ou la laine de lin pour isoler ; comme revêtement de sol, le linoléum à base de lin ; pour habiller les murs, des matériaux et peintures qui permettent de respirer... Pour moi, une réflexion globale sur la santé ne peut faire l’économie de tous ces aspects.

Propos recueillis par Cécile Baudet impatient@medecines-douces.com

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