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Septembre 1999

GUERRE BACTÉRIOLOGIQUE

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Bombes à virus, la fièvre monte !

 

Alternative Santé L'Impatient 259 Septembre 1999

Pendant la guerre du Golfe (1990-1991), on craignait que l’Irak n’utilise ses armes bactériologiques. Des milliers de soldats américains et britanniques souffrent aujourd’hui des vaccins qu’on leur a injectés pour résister aux virus… La guerre bactériologique n’est pas de la science-fiction.

Aucun doute, la guerre du Golfe a servi de détonateur en 1990 : les nations riches et super-équipées militairement se sont trouvées dramatiquement faibles face aux armes chimiques et, surtout, biologiques. Avant le conflit, les forces alliées ignoraient l’ampleur de l’arsenal de Bagdad : au moins deux cents bombes, missiles et roquettes chargés d’agents biologiques et prêts à être utilisés en cas d’attaque nucléaire ! Heureusement pour l’espèce humaine, l’Irak n’a pas pu et n’a pas eu le temps de s’en servir. Mais huit ans après la fin de cette guerre, les conséquences infectieuses ne sont pas là où on les attendait.

Le syndrome de la guerre du Golfe

Des milliers de soldats américains et britanniques souffrent en effet de ce qu’on nomme aujourd’hui « le syndrome du Golfe » (GWS : Golf War Syndrome). Or, ce ne sont pas les virus irakiens qui les ont infectés, mais les vaccins qu’on leur a injectés pour résister aux virus ! Pendant longtemps, les services de santé des armées américaine et britannique ont tout simplement nié le syndrome. Les symptômes : nausées, douleurs, désordres de la glande thyroïde, violentes migraines, pertes de mémoire, paralysies, nombre anormalement élevé de naissances d’enfants sévèrement handicapés chez des parents ayant servi dans les armées…, tout cela a été pendant plusieurs années mis sur le compte de désordres psychologiques ! Mais les 100 000 soldats américains concernés ont fini par obtenir qu’une commission indépendante soit chargée d’enquêter. Depuis, les résultats des travaux de recherche ne laissent guère de doutes. Pour Bob Garry, virologiste à l’université Tulane de New Orleans, « une substance graisseuse, qui est extraite du requin, pourrait expliquer le syndrome ». Cette substance, la « squalene », aurait été utilisée parmi les ingrédients des vaccins expérimentaux reçus par les soldats. L’analyse du sang des victimes révèle des traces d’anticorps à ce produit, ce qui n’est jamais le cas chez les soldats non atteints. Pour prouver sa théorie, Bob Garry a testé sur deux volontaires un vaccin expérimental contre l’herpès, contenant cette même substance.

Tous les deux ont immédiatement développé les mêmes anticorps et les mêmes symptômes que les victimes du GWS. Or toutes les victimes ont un point commun : avoir reçu, précipitamment, des combinaisons de vaccins expérimentaux contre les maladies du charbon et de la peste. « Nous avons refusé que nos soldats reçoivent ces vaccins, que nous jugions à un stade beaucoup trop expérimental, et aujourd’hui nous nous félicitons de cette décision, aucun soldat français n’ayant été victime du syndrome », affirmait récemment un haut gradé. Ce qui n’est pas le cas des soldats britanniques, qui, ayant reçu les vaccins américains, sont plusieurs milliers à être atteints du GWS. La commission indépendante l’a bien souligné : l’argument de l’US Army, qui soutient maintenant que ses soldats ont été victimes de nuages toxiques lancés par les Irakiens, ne tient pas face à la bonne santé de leurs collègues français. Et voilà l’armée américaine bien embarrassée. « Nous n’avons jamais utilisé ce produit dans nos vaccins », a vivement protesté Jim Turner, représentant du département de la Défense américain. Avec une vigueur bien compréhensible : ce produit n’est pas autorisé dans les vaccins ! Si la preuve formelle de son utilisation était apportée, il s’agirait tout simplement d’une violation de la Convention internationale de Nuremberg qui précise que « le personnel militaire ne doit jamais être l’objet d’expérimentation ». Comme par hasard, il ne resterait plus aucune dose des vaccins fournis en 1991. Les lots auraient été, soit entièrement utilisés, soit détruits… Autre résultat des recherches embarrassant pour les responsables américains : une revue médicale vient de publier des travaux prouvant que près de 50 % des victimes du GWS présentent une anomalie génétique localisée dans le chromosome 22. Cette partie de leur patrimoine génétique aurait subi une transformation provoquant une activation anormale de leur système immunitaire. Quelle est la cause de cette dégradation ? Le mystère reste entier mais, encore une fois, ces fameux vaccins expérimentaux sont dans la ligne de mire.

 

Une prolifération d’armes biologiques

Pourquoi cette précipitation sur ces vaccins contre le charbon et la peste ? Parce que les militaires ont soudain pris conscience de l’urgence de la situation. Jusque-là, l’opinion couramment admise était que les armes biologiques étaient d’un usage difficile et peu fiable. Le réveil a été brutal. « La prolifération des armes de destruction massive utilisant la génétique et le génie bio-moléculaire n’est plus une vue de l’esprit. La communauté internationale prend aujourd’hui très au sérieux la prolifération des armes biologiques », expliquait le délégué général pour l’Armement, Jean-Yves Helmer, lors des derniers Entretiens science et défense dont un des thèmes était : « la maîtrise des risques biologiques ». Quelles maladies seraient susceptibles d’être propagées ? Entrons dans le catalogue de l’horreur. « Une centaine d’agents biologiques peuvent être utilisés comme bombes en puissance. Parmi eux, on a recensé 31 agents infectieux qui causeraient réellement de grandes catastrophes. Sur ces 31, il y en a peut-être 11 qui peuvent être utilisés avec suffisamment de fiabilité. » rapporte Donald Henderson, chercheur américain, spécialiste mondial du sujet. Au hit-parade de la terreur, d’abord le charbon (anthrax), maladie bactérienne, mortelle en deux ou trois jours ; vient ensuite la variole, (maladie d’autant plus dangereuse qu’elle est actuellement complètement éradiquée), mortelle dans 30 % des cas ; la peste bubonique, mortelle en un à deux jours ; toutes les fièvres hémorragiques type Ebola, mortelles ; les diverses maladies telles que le botulisme, provoquées par des toxines, déclenchant des détresses respiratoires mortelles et foudroyantes ; les diverses encéphalites, les salmonelles pouvant empoisonner rapidement la nourriture, les nombreuses formes de diarrhées fortement anémiantes, etc.Pour ajouter encore à la noirceur du tableau, il faut préciser que tous ces virus, bactéries et toxines, peuvent désormais être « améliorés » pour devenir encore plus tueurs, transformés pour être indécelables aux premiers symptômes et résistants à tous les médicaments connus !

Alternative Santé L'Impatient 259 Septembre 1999Des scénarios de cauchemard

Comment se défendre contre ces agressions qui pourraient être le fait de terroristes ou de maniaques ? Les Américains, les premiers, ont pris le problème en main en consacrant des dizaines de millions de dollars à cette nouvelle forme de lutte. Car il s’agit de savoir organiser des ripostes totalement nouvelles : disposer de diagnostics précis en quelques heures, fabriquer les antidotes, vaccins ou antibiotiques le plus rapidement possible et dans des quantités énormes, traiter en même temps des milliers, voire des centaines de milliers de personnes, isoler les milliers de contagieux ; le tout, en sachant que les personnels de santé, de recherche et de sécurité ou leur entourage proche peuvent eux-mêmes être atteints, que les grands services d’État peuvent être désorganisés par l’absence de très nombreux salariés et que la panique peut venir s’ajouter à ce scénario dramatique, surtout si, à l’attaque, s’ajoute une probable campagne de rumeurs et de désinformation. Comment parvenir à surmonter un tel désastre ?

Plans d’urgence

Pour répondre aux éventuelles attaques par les armes biologiques et chimiques, les services américains travaillent sur des plans défensifs suivis de très près par les militaires européens. Il s’agit en premier lieu d’encourager la recherche fondamentale. Désormais, tous les grands laboratoires civils américains sont invités à infléchir une partie de leurs travaux vers ces questions. Bien sûr, officiellement, il n’y a pas de développement d’armes bactériologiques ni chimiques parmi les signataires de la Convention de 1972, les recherches ne portent donc que sur la défense contre celles-ci. « Le seul gaz auquel nous avons droit est le gaz hilarant », déclarait – sans rire – Claude Weisbuch directeur scientifique auprès de la Délégation à l’armement. Recherches sur les protections, auxquelles s’ajoute un travail de prise de conscience de l’ensemble des professionnels concernés. Ainsi, les réseaux de surveillance épidémiologiques de la population sont de plus en plus organisés pour pouvoir détecter très vite toutes sortes d’hospitalisations ou de cas suspects ; une procédure d’alerte est mise au point avec les industriels producteurs de médicaments ; les services de sécurité apprennent les bases de la biochimie et les protections d’urgence ; les services techniques travaillent sur la mise au point d’appareils de détection d’agents contaminants dans les systèmes d’air conditionné ; les services secrets ont réorienté une partie de leurs effectifs sur la surveillance des milieux de la biochimie et de la biotechnologie ; enfin, 27 grandes villes américaines se sont associées dans un programme de simulation d’attaques afin d’entraîner leurs équipes et de vérifier les rouages de décisions. Quant à l’hypothèse de trouver des vaccins correspondant à toutes les formes possibles de maladies, plus personne n’y croit. La recherche fondamentale s’oriente plutôt vers la construction de base de données répertoriant le maximum de variations possibles de chacune des souches virulentes avec les réponses thérapeutiques correspondantes.

La cible des gènes

À ce tableau pas franchement réjouissant s’ajoute maintenant un deuxième champ de bataille, lui aussi issu des progrès de la génétique. Il s’agit des dangers potentiels que représentent les fichiers génétiques des populations. Le Projet génome humain, (HGP) vise à séquencer intégralement, avant 2005, un génome humain type, à partir de l’ADN d’individus de type européen. L’autre projet, le Human Genome Diversity Project (HGDP), veut rendre compte de la diversité de ce même génome humain, intégrant dans celui-ci aussi bien les peuples menacés de disparition que les peuples « dominants ». D’autres projets, portant sur des zones géographiques précises, sont actuellement en cours d’organisation. L’objectif est bien évidemment de mieux connaître le bagage génétique humain afin de créer des réponses thérapeutiques plus précises. Mais ces projets soulèvent deux grandes craintes. D’abord qu’une utilisation commerciale en soit faite, sans bénéfice financier ou médical pour les peuples concernés. Et surtout, que ces identifications génétiques n’ouvrent la porte à des manipulations de virus, les rendant extrêmement virulents pour des groupes humains ciblés, comme des minorités ethniques dont on voudrait se débarrasser. Exactement comme la tuberculose a aidé, en son temps, les conquistadores, en exterminant les populations indiennes locales.

Marthe Jaillard impatient@medecines-douces.com

 

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