Alternative
Santé - L'Impatient,
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aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
Septembre
1999
Interview
jean-marc nesen, ingénieur du génie sanitaire
« Il faut anticiper les problèmes, mener des campagnes de prévention
»
La
surveillance de leau va bien au-delà du simple respect des
normes. Cest ce quexplique Jean-Marc Nesen, ingénieur
du génie sanitaire à la Direction départementale à laction
sanitaire et sociale.
ALTERNATIVE
SANTÉ - LImpatient : Peut-on vous qualifier de « gendarme
» de leau potable, chargé de faire respecter des normes
?
Jean-Marc
Nesen : Dans chaque département, la mission de
la Direction départementale à laction sanitaire et sociale
(DDASS) est dinciter les distributeurs deau à faire
toujours mieux. Mon rôle est de veiller non seulement à ce que
leau soit conforme, mais surtout quelle soit de la
meilleure qualité possible.Leau bouge et change, chaque
analyse est un instantané. On se focalise sur des dépassements
de normes, alors que le vrai danger, ce nest pas trop de
nitrates ou de pesticides un ou deux jours par an, mais des taux
élevés toute lannée. Cest létude des résultats
au jour le jour qui permet de comprendre et de prévoir.
Il
y a cent ans, on contrôlait huit paramètres. Les nouvelles normes
européennes, adoptées lan dernier, portent sur quarante-huit
paramètres. Quelle confiance peut-on avoir dans ces normes ?
Avec leau,
on est dans le domaine du vivant, donc du complexe. En 1999, on
ne connaît pas encore tout sur les composants et polluants de
leau. Sans compter que de nouvelles molécules sont créées
et commercialisées alors que lon na pas les moyens
techniques de les détecter. Entre le moment où commence une recherche
sur une molécule et celui où les résultats peuvent être traduits
en normes, il se passe plusieurs années. Puisquon ne sait
pas tout et quon ne peut pas tout chercher, il faut choisir
des indicateurs représentatifs qui soient fiables, faciles à mesurer
et dun coût acceptable. Les normes retenues pour leau
potable sont donc un consensus entre des données de santé, des
limites techniques et économiques et des volontés politiques.
Les
pesticides ne sont-ils pas en train de devenir un problème de
santé publique dautant plus préoccupant quils risquent
de contaminer les nappes phréatiques pour longtemps ?
Après avoir
mis le projecteur sur les nitrates, cest au tour des pesticides.
Autant faire un dosage de nitrates est facile et peu coûteux,
autant les recherches de pesticides sont complexes et onéreuses.
Souvent les nitrates indiquent une activité agricole et donc la
présence de pesticides. Plutôt que de nous lancer dans des études
en aveugle, nous ciblons nos recherches. Par exemple, dans une
zone de captage à côté de cultures de céréales, on ne trouvera
pas de produits phytosanitaires utilisés pour la vigne, et inversement.
Nous nous tenons informés des nouvelles molécules créées. Pour
protéger les rivières aujourdhui et, à plus long terme les
nappes phréatiques, il faut anticiper les problèmes et mener des
campagnes de prévention. En repérant les sources de pollution,
en protégeant les captages et en suscitant la modification des
pratiques domestiques, agricoles, industrielles. Les pesticides
sont au cur dun vrai débat de société : pour nous
nourrir, que veut-on privilégier, la quantité ou la qualité ?