Alternative
Santé - L'Impatient,
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Dans
deux ouvrages récents, plusieurs universitaires et chercheurs
au CNRS, spécialistes des questions religieuses, montrent à quel
point le débat sur les sectes est piégé. Il est difficile de définir
très précisément le mot « secte », dont le sens na cessé
dévoluer à travers lhistoire, mais cest à tort
que celui-ci est devenu synonyme de dangerosité. Les effectifs
et linfluence de ces mouvements sont beaucoup moins importants
quon ne limagine. Si certains ont indéniablement des
comportements délictueux et dangereux, ces comportements ne pourront
être efficacement combattus quà condition de les analyser
de manière rigoureuse : outre les témoignages des victimes, il
est nécessaire de prendre en compte ceux des adeptes satisfaits
des sectes, et cela en respectant leurs croyances affirment les
auteurs. Les sectes ne sont que des symptômes de problèmes sociaux,
familiaux ou individuels profonds, jugent Frédéric Lenoir et Noëlle
Luca : « Les familles et la société craignent dentendre
ce que leur crient les sectes et leurs adeptes [ ]. Rien
ne sert de sacharner sur le symptôme si on ne sattaque
pas en même temps à la racine du mal qui ronge nos sociétés :
le manque de sens et [ ] de convivialité. » Tout en dénonçant
les pratiques dangereuses de certains groupes, les chercheurs
soulignent que ceux-ci sont très minoritaires. Ils plaident contre
les amalgames et les analyses superficielles, mettant notamment
en cause la notion trop simpliste de manipulation mentale. Enfin,
ils réclament des instances de réflexion et de médiation qui soient
à labri aussi bien des pressions des sectes que des groupes
de lutte contre les sectes.