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Septembre 1999

Les bons tuyaux

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Les règles d’hygiène indispensables à adopter pour conserver la qualité de l’eau.

 

Alternative Santé L'Impatient 259 Septembre 1999

L’eau courante ne doit pas stagner dans les tuyaux : au retour d’une absence de plusieurs jours, ouvrez les robinets de la maison pendant quelques minutes avant usage. Pour qu’elle ait meilleur goût, laissez l’eau couler quelques instants avant de remplir une carafe, surtout si vos tuyaux d’arrivée d’eau passent près de ceux du chauffage. « Aérer » l’eau quelques minutes, dans le verre ou la carafe, avant de la boire permet l’évacuation naturelle d’une partie du chlore.Vous aimez boire frais ? Mettez l’eau au réfrigérateur dans un récipient fermé, cela lui évitera de s’altérer et de prendre le goût des autres aliments. L’eau du robinet n’a pas de date limite d’utilisation, mais la garder trop longtemps, même au frais, n’est pas conseillé. Il ne faut pas utiliser l’eau chaude du robinet pour préparer du thé ou toute autre boisson chaude. La chaleur favorise le développement des bactéries, virus et parasites. L’eau chaude – à moins d’être bouillie – ne doit donc pas être utilisée pour la boisson. L’utilisation, très fréquente, de robinets mitigeurs dans les cuisines pose problème car l’eau qui en sort ne devrait pas être utilisée pour la boisson.

Bien nettoyer les récipients et les filtres

Au contact des mains, la carafe d’eau se salit et des microbes peuvent s’y développer. Il faut la laver, au même titre que les assiettes et les verres.Le dépôt de calcaire qui se forme au fond de la carafe garde les odeurs et peut donner un goût de « renfermé » à l'eau. Pour s’en débarrasser : remplir la carafe d’eau vinaigrée avec du gros sel ou avec un produit de rinçage pour lave-vaisselle, laisser tremper quelques heures, bien nettoyer le fond et les côtés avec un petit goupillon à biberon et rincer abondamment.La bouilloire et la casserole à eau chaude méritent le même entretien. Ne laissez pas stagner, des semaines ou parfois des mois, les glaçons au congélateur avant de vous en servir et faîtes couler un peu l’eau avant de renouveler vos glaçons.Nettoyez régulièrement les filtres des robinets en les brossant pour les débarrasser de leur tartre. Deux fois par an, pensez à purger les équipements du réseau d’eau intérieur, comme le ballon d’eau chaude. Le branchement des équipements et accessoires véhiculant l’eau doivent répondre aux normes sanitaires : flexibles de douche, adoucisseurs, tuyaux de qualité « alimentaire ».

Les différents procédés

orange1.gif (606 octets)Le charbon actif : il est obtenu en chauffant à très haute température des matières riches en carbone qui deviennent poreuses. Dans les filtres, ce charbon actif fixe les matières polluantes comme le plomb et surtout le chlore.
orange1.gif (606 octets)Les résines spécifiques : elles fixent les ions qu’on souhaite éliminer et servent à neutraliser le plomb et les nitrates. Charbon et résine sont souvent associés dans les filtres.
orange1.gif (606 octets)L’ultrafiltration : l’eau passe à travers des membranes aux pores de 0,1 millième de millimètre. Les impuretés sont retenues. Ce procédé sert à éliminer bactéries et parasites et les matières en suspension, il est associé au charbon actif.
orange1.gif (606 octets)L’osmose inverse : cette méthode permet le passage à travers une membrane des seules molécules d’eau, sans les impuretés. C’est la technologie utilisée par la Nasa dans les capsules spatiales. Les performances d’élimination vont de 99 % pour les matières organiques, à plus de 95 % pour le plomb, 80 % au moins pour les nitrates, plus de 92 % pour les fluorures. Selon le type d’appareil et la qualité de l’eau utilisée, pour produire 1 litre d’eau le purificateur en rejette entre 2,5 et 10 litres.

Des performances inégales

Les fabricants affichent, avec plus ou moins de précision, les performances de leurs produits. « Des tests réalisés en Laboratoires (sic) montrent que la cartouche X réduit jusqu’à 80 % de l’aluminium, 95 % du cadmium, 88 % du plomb, 85 % des pesticides… », vante la publicité d’une grande marque. La réalité serait moins glorieuse d’après un essai comparatif de 60 Millions de consommateurs, publié en novembre 1997, portant aussi bien sur des carafes que sur des filtres branchés au robinet ; cette enquête ne portait pas sur les dispositifs à « osmose inverse ».Le test faisait ressortir que si, pour le chlore et le mauvais goût, la plupart des filtres étaient performants, il ne fallait pas attendre d’eux une action très efficace contre le plomb, les nitrates et autres matières toxiques. Des conclusions, contestées par une marque comme Brita. Les analyses – effectuées par l’Institut Pasteur de Lille – attribuaient une filtration du plomb à 98 % à l’une de leurs carafes, alors que l’enquête de 60 Millions de consommateurs ne lui en attribuait que 40 % en moyenne ! À qui faire confiance ? Le consommateur a quelques raisons d’être méfiant devant ce manque flagrant de fiabilité des résultats.Depuis cette enquête, d’autres produits sont apparus sur le marché et certains, aux dires des fabricants, ont été améliorés. Les consommateurs doivent lire attentivement notices et étiquettes, et choisir… sans garantie totale d’efficacité. L’efficacité de ces dispositifs reste aléatoire. Sans compter les risques de rejet des matières contenues dans les filtres. « Le remède peut même se révéler pire que le mal », explique Bruno Galiber, vétérinaire, spécialiste de l’hygiène alimentaire. « Débarrassée de son chlore, l’eau est plus vulnérable. Les cartouches n’ont pas toujours la durée de vie annoncée et peuvent devenir de véritables “nids à microbes” si elles ne sont pas conservées immergées ou au frais. De plus, les eaux utilisées sont si différentes qu’il paraît difficile de promettre des résultats égaux avec des paramètres qui varient énormément. » Les règles d’hygiène strictes sont donc à observer avec ces dispositifs ; cela dit, ils permettent au moins d’obtenir une eau au meilleur goût.La filtration par osmose inverse est chère mais efficace. Elle produit une eau très pure et très peu minéralisée. Paradoxalement, l’osmose inverse produit une eau si pure qu’elle est parfois considérée comme trop appauvrie. Selon les Drs Suzanne et Pierre Déoux, des mesures pratiquées après ce type de filtration donnent des taux de l’ordre de 18 mg/l de sels minéraux, autrement dit une eau de classe « très faiblement minéralisée » (moins de 50 mg/l).

Défendre l’eau

Le « réseau Eau » de France nature environnement (FNE) lutte pour la préservation de la ressource.« Nous voulons promouvoir une vision globale de l’eau, faire du préventif plutôt que du curatif », explique Vincent Pasquier, responsable de la Lettre Eau, bulletin très documenté du réseau. L’architecture en réseau de l’association permet d’orienter les acteurs locaux, d’aider les associations et d’apporter un éclairage sur les problèmes juridiques. En prenant le problème à la source, le « réseau Eau » mène une action de longue haleine.

Fabienne de Jenlis

Réseau Eau de France nature environnement, 71, av. Charles-Péguy, 45800 Saint-Jean-de-Braye. Tél./fax : 02 38 83 00 80.Abonnement annuel à la Lettre Eau : 80 F ou 100 F (soutien). Parution trimestrielle.

 

 

 

 

 

 

 
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