| Vaccin Hépatite B Farines animales
|
Tout
le monde se souvient du mouvement «Stop la violence», né à la suite de la mort
dun jeune de Bouffémont (Val-dOise). De nombreux comités se sont créés à
son exemple, qui réalisent à la base un patient travail.
Quand les jeunes se prennent en main

Une après-midi dhiver, début 1999, Michael, un jeune de Bouffémont
(Val-dOise) prend le train Paris-Monsoult. « Il y croise plusieurs jeunes de
Luzarches et de Sarcelles », raconte Laure, bouffémontoise, 19 ans, qui rentre alors en
train du lycée. Lors dune dispute, Michael reçoit au visage, le contenu dune
petite bombe de gaz dautodéfense, et un coup de poing. « Il tire la sonnette
dalarme, poursuit-elle. Le train entre en gare de Bouffémont, Michael file en
courant. » Il arrive en sang « au local », cest-à-dire au centre mis à la
disposition des jeunes. « Il y retrouve des copains, notamment Stéphane Coulibaly,
22 ans, d'origine malienne. Ils reviennent tous avec Michael à la gare. Il y avait encore
des jeunes de Luzarches dans le train. Quand ils ont vu arriver les bouffémontois, ils
ont paniqué. Michael a crié quil avait reconnu deux gars. Tout le monde allait
grimper dans le train. Stéphane a voulu éviter le pire. Il s'est interposé. » Un
Luzarchois a sorti un couteau. Pris de peur, il aurait fait des moulinets pour se dégager
et aurait blessé mortellement à la gorge Stéphane Coulibaly.La suite, on la connaît :
le fait divers a fait la une des magazines et des journaux télévisés. Puis, souhaitant
réagir contre la violence, aidés dun journaliste de Radio Nova et dun homme
politique habitant Bouffémont, des jeunes donneront naissance au mouvement Stop la
violence.
Une question de «territoires»
Les
médias ont présenté la mort de Stéphane Coulibaly comme un règlement de comptes entre
bandes rivales. Selon les jeunes de Stop la violence, cest faux. Mais on retrouve en
filigrane le critère de territoire. Tatiana, 16 ans, cite dautres incidents
survenus dans la même commune. « Des gars de Saint-Brice voulaient voir des filles de
Bouffémont, raconte-t-elle. Cela na pas plu à ceux de Bouffémont, qui les ont
tout de suite accusés d'être venus foutre la merde. En représailles, ils
ont tagué NTM Jessy (nique ta mère, Jessy, Ndlr) sur le supermarché Shopi
de Bouffémont. Comme cela, ceux de Saint-Brice le verraient sils revenaient dans
les parages. »La localité de résidence de tel ou tel protagoniste est toujours citée
par les adolescents. La violence sexprime plus facilement vis-à-vis de l«
étranger », quil soit de Bouffémont, Luzarches, Sarcelles ou Saint-Brice. Il
sagit de frontières de commune ou de quartier. Pourquoi ? On reste connu dans sa
cité. Les voisins vous ont vu en culottes courtes
Difficile de devenir une terreur
ou un caïd cest-à-dire « quelquun » ! On agresse moins les voisins
du quartier. Peut-être reconnaîtraient-ils plus facilement lagresseur ou le
fauteur de troubles. Les militants de Stop la violence veulent favoriser une vraie prise
de conscience, des jeunes dune part, des responsables institutionnels dautre
part. « Pendant lété, nous avons continué à tourner sur des villes de région
parisienne et de province pour rencontrer ceux qui ne prennent pas de vacances et restent
à quai », explique Eva, militante de Stop la violence. Dautres organisent des
débats, diffusent un documentaire de Canal + sur le mouvement, aident à la création
dautres comités locaux. Au-delà des trente répertoriés, Eva tente de recenser
les comités Stop la Violence qui se sont créés de manière informelle. Un travail de
fourmi dont la portée se précisera cet hiver.
|
|