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aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
Les
handicapés et les personnes âgées peuvent vivre dans des familles
daccueil, plutôt quà lhôpital ou dans des
foyers. Cette évolution tend à compenser léclatement
de la cellule familiale traditionnelle. Hier, les adultes
dépendants trouvaient naturellement refuge dans leur famille.
Aujourdhui, on rassemble rarement trois générations
sous un même toit.
Lintérêt
pour laccueil familial résulte de lévolution des solidarités
familiales et de laccroissement des adultes dépendants.
« Traditionnellement, les solidarités familiales ou communautaires
sexerçaient à légard des personnes âgées ou handicapées,
constate Jean-Claude Cébula, directeur de lInstitut de formation,
de recherche et dévaluation des pratiques médico-sociales
(Ifrep) (Jean-Claude Cébula est lauteur dune étude
nationale sur ce thème et de LAccueil familial des adultes,
aux éditions Dunod). Eclatée, recomposée, monoparentale, la famille
naccepte et naccueille plus ses membres désorientés
et fragiles. Davantage de personnes relèvent à la fois du système
sanitaire et de laccueil familial ».
Quest-ce que laccueil familial ?Laccueil familial
seffectue au domicile, cest-à-dire sous le toit de
laccueillant. Le nombre de personnes accueillies doit être
limité à deux, exceptionnellement à trois.
Qui accueille et où ?La quasi totalité des familles daccueil
vivent dans des maisons individuelles (95 %), le plus souvent
en habitat groupé. Lhabitat isolé reste important (41 %).
« Il y a deux obligations, précise Jean-Claude Cébula, Il faut
que le logement soit sous le même toit : la personne accueillie
ne peut vivre dans un cabanon au fond du jardin. Sa chambre doit
répondre à certaines normes : au moins 9 m2, contenir un point
deau proche et une fenêtre. »Laccueil en appartement
est plus rare. « Il crée une telle proximité, poursuit-il, quil
peut devenir difficile pour tout le monde. Ce problème est atténué
dans lespace plus large de la maison, avec jardin. Cela
permet à chacun de souffler. Mais il existe des familles
daccueil vivant dans des appartements à loyer modeste de
type HLM. Cela peut être le cas pour celles ayant un grand logement
et dont les enfant sont partis. »
Comment réaliser un accord daccueil familial ?Chaque personne
accueillie au domicile dune personne agréée passe avec celle-ci
un contrat écrit, conforme au contrat-type établi par le département.
Il précise les conditions de laccueil, de sa mise en place
et de sa rémunération.Le contrat peut être signé par la personne
accueillie et la personne agréée. Dans certains cas, les signataires
sont des membres de la famille de la personne accueillie, et parfois
le représentant du département (notamment lorsquil y a attribution
de laide sociale) ou de linstitution chargée du suivi.
Les familles daccueil sont reconnues, cest-à-dire
agréées, elles travaillent sous la surveillance de cette tutelle.
Les personnes âgées relevant de laccueil familial.Pourquoi
choisir laccueil familial plutôt que le domicile, laccueil
en foyer, la maison de retraite, une structure médico-sociale
ou lhospitalisation ?Quelques chiffres pour comprendre.
La majorité des personnes âgées en famille daccueil ont
plus de 80 ans (61 %). Il sagit majoritairement de femmes
(74 %). Cela sexplique par leur longévité (66 % des personnes
de plus de 75 ans sont des femmes).Pour les personnes âgées il
sagit dun accueil familial à temps plein (99 %). Avant,
60 % dentre elles vivaient à leur domicile. Le placement
a souvent lieu à la demande de la famille (63 % des cas) lorsquelle
ne peut pas, ou plus, soccuper dun parent devenu dépendant.
Mais la demande peut aussi provenir dun service de soins
(12 % des cas), dun service social (10 %) ou dun représentant
légal autre que la famille (7 %).Les familles daccueil répondent
à trois types de besoins qui nécessitent chacun la délivrance
de soins spécialisés et adaptés : - Les personnes dépendantes
très âgées. Il sagit de personnes ne pouvant plus rester
à leur domicile, malgré les aides disponibles, et assumer leur
quotidien. Les familles daccueil sont sollicitées comme
lieu dhébergement de fin de vie. Cela suppose un accompagnement
spécialisé et des soins de nursing. - Laccueil de post-cure.
Les familles peuvent convenir pour des accueils de post-cure de
personnes âgées qui, après un séjour en établissement de soins,
ne sont pas, ou plus suffisamment autonomes. Elles peuvent servir
de lieux de convalescence, avant le retour à domicile. Cet accueil
peut se conjuguer à des soins infirmiers. - Désinstitutionalisation
et évolution des pratiques. Les familles daccueil peuvent
aussi aider des personnes âgées plus jeunes (entre 60 et 69 ans)
issues de services de psychiatrie et qui sont souvent sous tutelle.
La famille naturelle est absente.
Les suites de laccueil familial.17 % des personnes âgées
retournent à leur domicile après un accueil familial ; 16 % sont
orientées en institution, 11 % vers lhospitalisation. Près
de 15 % des accueils sachèvent en cours dannée par
décès.
Quelles personnes handicapées relèvent de laccueil familial
?85 % des personnes handicapées bénéficiant de laccueil
familial, sont hébergées à temps plein. Malgré leur âge peu avancé
(près de 50 % ont moins de 40 ans), la plupart y restent en permanence.
Cela pose la question des occupations quotidiennes et de la mise
en place dactivités.32 % des personnes handicapées en accueil
familial sont issues de services de psychiatrie. Plus du quart
(26 %) viennent de laccueil familial des enfants. Il sagit
dune continuité de prise en charge au sein de la même famille.
Certains handicapés (23 %) se trouvaient auparavant à leur domicile
ou dans leur famille.
La rémunération pour service rendu. La fourchette de la rémunération
journalière, sétend selon les départements de 4 à 14,5 MG
(minimum garanti) par jour. Sachant que ce minimum garanti se
situe légèrement au-dessous de la barre des 20 F par jour, la
fourchette est entre 2 000 et 8 300 F brut par mois. La moyenne
nationale du salaire brut services rendus et sujétions
comprises (Ces majorations sont généralement déterminées en fonction
dune évaluation de la dépendance.) était de
2 275 F par mois selon une évaluation Urssaf/Ircem de 1996. Il
faut y ajouter le loyer (entre 500 et 2 000 F), les frais de nourriture
et dentretien.
Qui sont les familles daccueil agréées ?Au 31 décembre 1996,
8 950 personnes étaient agréées, très majoritairement des femmes
(96 %) ayant pour les deux tiers de 40 à 60 ans. Les quelques
agréments délivrés à des hommes concernent plutôt laccueil
de personnes handicapées.Le plus souvent, les personnes agréées
vivent en couple, avec ou sans enfant. Néanmoins, 20 % sont des
adultes seuls, avec ou sans enfant.Pour une large majorité (71
%), les personnes agréées ont eu une activité professionnelle.
Les professions médico-sociales, qui regroupent diverses professions
dont danciennes assistantes maternelles, sont autant représentées
que les agriculteurs (15 %).