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Décembre 1999

Peut mieux faire

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MEDICAMENTS
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bvert1.gif (123 octets) Maladie très contagieuse
bvert1.gif (123 octets) Intérêt des medecines douces
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DOSSIER HOMEOPATHIE
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bvert1.gif (301 octets) Le combat de Hanemann
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MALTRAITANCE
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RADIOGRAPHIE
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PERSONNES AGEES
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comment assurer l’avenir

L’homéopathie doit progresser en rationalité.

 

 

 

En 1984, une enquête publiée dans le n° 82 de L’Impatient confirmait que les pharmaciens ne connaissaient rien à l’homéopathie, même s’il affichaient cette spécialité sur leur vitrine. Depuis, ils ont fait un réel effort, aidés par les laboratoires qui ont organisé des formations accélérées. Autre événement d’importance, depuis 1997, le Conseil National de l’Ordre des médecins reconnaît l’exercice médical de l’homéopathie. Même s’il ne s’agit que de l’exercice de l’homéopathie et non de l’homéopathie elle-même, c’est un progrès considérable. Ceux qui exercent en tant qu’homéopathes ne sont plus passibles de poursuites.

Résultats contrastés

Certains malades, pourtant convaincus de son intérêt, avouent leur perplexité devant l’inconstance de ses résultats.Cyril, allergique au venin d’abeille et au soleil, affirme que son état ne s’est pas amélioré avec l’homéopathie. Pierre, sujet à des sinusites chroniques, n’est pas satisfait du traitement. Irène qui présentait des troubles digestifs dus au stress, n’a pas résolu ses difficultés. À l’inverse, les mastopathies bénignes de Cécile ont disparu après quelques semaines d’homéopathie. La grippe de Paul a été enrayée par Oscillococcinum, celle de Patrice par Influenzinum et le rhume de Jeanne, dont les yeux coulaient et piquaient, a disparu rapidement avec Allium cepa. La déprime de Gaëlle a été maîtrisée avec de petites granules. Qu’en conclure ? Existe-t-il des sujets prédisposés à l’homéopathie ? Existe-t-il des pathologies encore mal cernées par les praticiens ? « Pour obtenir un résultat, affirme le Dr Isabelle Automne, homéopathe généraliste, il faut pratiquer de façon pertinente, en réactualisant son savoir. Cela suppose d’avoir du temps pour interroger le malade. »Premier motif d’insatisfaction : certaines consultations d’homéopathie ne durent guère plus longtemps qu’en médecine classique. Difficile de rechercher en quinze minutes les signes les plus minimes qui aideront à prescrire Carbo vegetabilis ou bien Nux vomica en cas de ballonnement du ventre. Le premier remède correspond à des troubles déclenchés et aggravés par l’absorption d’aliments ou d’alcool, troubles survenant juste après les repas et atténués si le sujet s’allonge, rote et s’évente. Le second répond à des troubles apparaissant une à deux heures après le repas, troubles qui s’estompent quand la ceinture du pantalon ou de la jupe est dégrafée ! Second motif d’insatisfaction : le prix des consultations qui oscille entre 250 F et 600 F.

Quelle formation ?

Enseignant à l’Université de Bobigny, et travaillant en cabinet de groupe, le Dr Allier regrette que les homéopathes soient parfois insuffisamment formés. Les écoles sont de qualité inégale. Par exemple, la CEDH et la Société médicale de biothérapie, respectivement sous la houlette des laboratoires Boiron et Dolisos, risquent de forcer le trait sur les « complexes » spécifiques à chacun des fabricants. Faute de formation et de qualifications reconnues par les Autorités françaises, la pratique de l’homéopathie dépend du travail du praticien et de sa curiosité. Certains ajoutent à leur pratique homéopathique d’autres techniques apprises ici et là : phytothérapie, auriculo-médecine, acupuncture, oligothérapie…

Les dangers

Quelques rares homéopathes ont dévié vers des pratiques sectaires. Pour le Dr Michel Guermonprez, ces hommes ont atteint « un point extrême ». Les dérives homéopathiques peuvent découler de deux facteurs : son mode d’action reste mystérieux, et la nature de l’agent thérapeutique dilué réalise le « pouvoir sans matière ».D’autres homéopathes soignent ou soulagent avec des thérapeutiques non éprouvées des malades graves – cancéreux souvent – parfois laissés-pour-compte par la médecine classique. Il faut se rendre à l’évidence : l’homéopathie reste une pratique où les médecins osent encore prendre des risques en prescrivant des substances qui n’ont pas l’aval de la faculté. On peut s’en féliciter tout en souhaitant que ces pratiques soient contrôlées.

L’espoir

La suppression du secteur II qui autorisait un dépassement d’honoraires en restant conventionnés et qui est effective pour les jeunes professionnels va modifier la pratique homéopathique. Ils sont moins nombreux à se former. Autre voyage sans retour : l’ouverture sur l’Europe avec la création en 1996 de l’Europeen Commitee for Homeopathy. L’ECH a pour dessein d’harmoniser les pratiques homéopathiques en édictant une norme de 300 heures de formation, en limitant la pratique de l’homéopathie aux seuls médecins, en adoptant une nomenclature internationale des remèdes et de leur pathogenésie pour pouvoir faire des comparaisons. Ces évolutions n’ont pas freiné l’enthousiasme d’un grand nombre d’homéopathes. « C’est la seule approche médicale, se réjouit le Dr Allier, capable d’établir des ponts entre le physique, le mental et l’émotionnel, tout en affirmant que chacun est unique. »L’apport de l’homéopathie à la médecine est trop essentiel pour disparaître. Mais il faut continuer de dépoussiérer le passé pour se diriger confiant vers l’avenir.

 

 

 

 

 

 

 

 
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