Plus
un médicament est efficace, plus il a de
s
effets secondaires. Ce nest pas le cas de lhoméopathie.
Cette médecine obtient des résultats sans quon connaisse
encore ses mécanismes daction.
Une
expérience réalisée en 1955 prouve le bien-fondé des principes
de lhoméopathie. On administre de lArsenicum album
7 CH, cest-à-dire de larsenic dilué, à des rats
de laboratoire empoisonnés à larsenic. Les rats ne meurent
pas, car lhoméopathie va augmenter de façon significative
lélimination urinaire du poison. Le principe de similitude
(guérir le mal par le mal) et celui de dilution se trouvent
vérifiés.
Dautres
études ont montré que des rats empoisonnés au tétrachlorure
de carbone qui provoque des lésions au foie, avaient été guéris
avec Phosphorus prescrit en 15 CH. Que sait-on des effets
de lhoméopathie sur lhomme ? Trois méta-analyses
(études dévaluation statistique) portant sur la totalité
des essais cliniques contrôlés en homéopathie (107 dans un
cas, 184 et 89 dans les deux autres cas) (Ces trois méta-analyses
ont été publiées en 1991 par J. Klejnen et ses collaborateurs,
en 1996 par J.-P. Boissel et ses collaborateurs, en 1997 par
K. Linde et ses collaborateurs.) concluent que les effets
de lhoméopathie ne sont pas dus aux seuls effets du
placebo (cest-à-dire à la conviction des patients que
cela agira positivement) (Traitement fictif).
Parmi
les dizaines détudes positives recensées, deux portent
sur des malades souffrant de polyarthrite rhumatoïde et dautres
sur la diarrhée aiguë infantile et sur les allergies respiratoires
(rhinite pollinique et asthme). Pour les malades souffrant
dasthme grave provoqué par des pneumallergènes, le traitement
consista à donner des dilutions en 30 CH de ces pneumallergènes
(cest ce quon appelle de lisothérapie).
Les auteurs de létude (Reilly
D., Taylor M.A., Beattie N.G.M., Campbelle J.H., Mc Sharry
C., Aitchison T.C., Carter R., Stevenson R.D. Is evidence
for homeopathy reproductible, The Lancet, 1994 ; 344 : 1601-1606.)
écrivaient : « Lhoméopathie diffère du placebo dune
manière inexplicable mais reproductible. » Et ils ajoutaient
que sils sétaient trompés dans leurs conclusions,
« cest en raison de la capacité de la recherche clinique
à produire des résultats faux mais positifs. »Avoir prouvé
que lhoméopathie nest pas un placebo répond à
cette question : y a -t-il quelque chose qui agit dans lhoméopathie
sans que lon puisse encore déterminer quoi et comment
cela agit ? Dans les pathologies testées, on a expérimenté
un ou deux médicaments homéopathiques en quelques dilutions
seulement. Un énorme travail dévaluation scientifique
reste à accomplir pour que cette médecine ait droit à la considération
des milieux scientifiques.
Haute
dilution
Autre
particularité qui rend difficile la reconnaissance de cette
médecine : à partir de certaines dilutions (de 5 CH à 7 CH
pour les substances végétales et animales, et de 9 CH à 11
CH pour les souches minérales), il nexiste plus de molécules
actives dans le médicament, si lon accepte les lois
de la chimie classique. Pourtant, les faits sont là. Plusieurs
publications de léquipe de Jacques Benveniste, alors
directeur de lUnité 200 de lInserm (Ces
expériences ne sont pas de même nature que celles publiées
dans la revue Nature en 1988, signées également de J. Benveniste,
sur leffet de très hautes dilutions et qui donnèrent
lieu à une vaste polémique sur la mémoire de leau.),
ont montré leffet dApis mellifica et dHistaminum
(poumon histamine) en hautes dilutions (9 CH, 15 CH, 17 CH
et 18 CH) comme inhibiteur de la réaction allergique. Récemment
le Pr Christian Doutremepuich, professeur dhématologie
à la faculté de médecine de Bordeaux, a démontré que laspirine
à doses ultra-faibles (9 CH, 15 CH, 30 CH) induit une augmentation
de lagrégation des plaquettes du sang alors quà
de fortes concentrations (100 mg /kg) on observe leffet
inverse et quune injection de 100 mg /kg daspirine
est totalement inhibée par de laspirine 15 CH.
«
Autrement dit, conclut Philippe Belon, directeur de recherche
des laboratoires Boiron, il existe bien une activité des substances
hautement diluées. Reste à expliquer comment elles sont actives
et comment cette activité peut être spécifique dune
substance. »
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