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Décembre 1999

Interview du Dr Poitevin

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MEDICAMENTS
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bvert1.gif (123 octets) Maladie très contagieuse
bvert1.gif (123 octets) Intérêt des medecines douces
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DOSSIER HOMEOPATHIE
bvert1.gif (123 octets) Medecine individualisée
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bvert1.gif (301 octets) Efficacité
bvert1.gif (123 octets) Interview
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bvert1.gif (301 octets) Le combat de Hanemann
bvert1.gif (123 octets) Victoire sur l'incertitude
bvert1.gif (123 octets) Une année de crise
bvert1.gif (123 octets) Assurer l'avenir
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bvert1.gif (123 octets) Bibliographie
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MALTRAITANCE
bvert1.gif (123 octets) Pères incestueux
bvert1.gif (123 octets) Les professionnels
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RADIOGRAPHIE
bvert1.gif (123 octets) Les Français trop irradiés
bvert1.gif (123 octets) Ce que le patient doit savoir
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PERSONNES AGEES
bvert1.gif (123 octets) Personnes agées et handicap
bvert1.gif (123 octets) Temps de préparation
   
 

 

 

 

Le Dr Bernard Poitevin regrette l’indifférence des pouvoirs publics

Le Dr Bernard Poitevin est président de l’Association française pour la recherche en homéopathie. Il a été directeur de recherche des laboratoires Boiron. Ayant quitté ce poste il y a deux ans, il nous livre son opinion de chercheur, en toute indépendance.

 

 

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ALTERNATIVE SANTÉ - L’Impatient : Où en est la recherche en homéopathie ?

Bernard Poitevin : elle progresse lentement car l’État n’a pas mis un seul centime dans ce secteur d’activité depuis 1987, alors que cette forme de médecine est utilisée régulièrement par 10 % des Français. Seuls les laboratoires privés financent la recherche. Or, ils ne peuvent tout faire et poursuivent, on ne saurait leur en tenir grief, leur intérêt. Dans ces conditions, on voit mal comment l’homéopathie pourrait être évaluée de façon indépendante, les laboratoires étant à la fois juge et partie.

L’homéopathie est-elle évaluable ?

Oui. A condition de le faire de façon appropriée. La médecine allopathique agit sur des mécanismes : on oppose un antidouleur à la douleur. Action et réaction sont directement mesurables. La médecine homéopathique ne relève pas de la même logique. Elle agit surtout sur le fond : le médicament intervient sur la façon dont le malade réagit. Le résultat est difficilement quantifiable. Certes, on peut évaluer l’effet ponctuel d’un produit homéopathique sur un problème précis, mais on mesure rarement la valeur de l’homéopathie dans l’économie globale de la santé du patient. Pour en juger, il faudrait s’interroger sur ce qui se passe dans l’immédiat et six mois plus tard. Les malades ressentent-ils un mieux sur les signes cliniques de leur maladie ? Comment évolue leur affection ? Leur qualité de vie globale s’améliore-t-elle ? Et le coût du traitement est-il moindre ?

C’est possible ?

L’analyse de l’homéopathie, selon la législation française est du ressort de l’Agence du médicament, désormais Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé. Cette agence s’occupe exclusivement – c’est son travail – des médicaments, ce qui donne une vision tronquée de cette médecine globale qu’est l’homéopathie.

Quelles sont les conclusions des études sur l’efficacité des médicaments et des traitements homéopathiques ?

L’effet de l’homéopathie ne se réduit pas au seul effet placebo. Les publications ne démontrent pas clairement l’effet spécifique d’un traitement dans une pathologie donnée. Pour les différentes techniques de prescription (uniciste, complexiste, pluraliste) et les différents stades de dilution, l’ensemble des essais cliniques donnent des résultats comparables, mais on ne connaît toujours pas le mécanisme d’action homéopathique, principalement en hautes dilutions…

Les autorités et les laboratoires ont-ils vraiment envie d’évaluer l’efficacité de l’homéopathie ?

Cette volonté est partielle. Actuellement, les pouvoirs publics laissent l’initiative aux laboratoires. Ceux-ci ne s’engagent pas dans une réelle démarche d’évaluation qui aboutirait à des conclusions à la fois positives et négatives et remettrait en cause certains aspects de l’homéopathie avec, au bout du compte, une clarification de l’effet des médications homéopathiques. Les médecins homéopathes et les malades sont indirectement victimes d’un dossier qui n’est traité de façon globale, ni par l’Agence sanitaire des produits de santé, ni par les laboratoires. Dans tous les domaines il faut savoir progresser. L’évaluation générale de l’homéopathie est, selon moi, indispensable, comme l’affirmait récemment l’Ordre des médecins.

Comment sortir l’homéopathie de cette impasse ?

C’est aux homéopathes de travailler avec des équipes hospitalo-universitaires, de nouer des partenariats avec d’autres médecins généralistes et/ou spécialistes dans le cadre de cabinets de groupe par exemple, de participer aux progrès de la médecine générale. C’est aux pouvoirs publics de prendre leurs responsabilités. Je suis effaré du mépris dans lequel on tient les gens qui font confiance à l’homéopathie et dont les traitements sont moins bien remboursés, alors qu’ils paient une Contribution sociale généralisée et cotisent à la Sécurité sociale.

Comment expliquez-vous cette attitude ?

Ils affirment que cette médecine n’a pas fait ses preuves. En réalité, elle n’est pas suffisamment évaluée.

Les homéopathes ont pourtant contribué aux derniers États généraux de la santé…

Oui. Dans ce dessein, ils ont même organisé un débat sur l’homéopathie, mais ils ont attendu en vain une réaction du ministère de la Santé ou de l’Agence du médicament.

impatient@medecines-douces.com

 

 

 

 

 

 

 
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