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Décembre 1999

Maltraitance

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MEDICAMENTS
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bvert1.gif (123 octets) Maladie très contagieuse
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DOSSIER HOMEOPATHIE
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MALTRAITANCE
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LES PERES INCESTUEUX SE REBIFFENT

 

 

 

Le Collectif féministe contre le viol a remis le 22 juin 1999 au ministère de la Justice un rapport d’enquête sur le thème Agressions sexuelles incestueuses dans un contexte de séparation des parents, dénis de justice ? Les auteurs de ce rapport ont répondu à nos questions.

ALTERNATIVE SANTÉ - L’Impatient : Existe-t-il une augmentation du nombre de dossiers d’incestes lors des séparations des parents ?

Le Collectif féministe contre le viol : Nous avons de plus en plus d’appels à l’aide de parents d’enfants très petits (moins de sept ans), la plupart du temps des mères. En cas de divorce, nous constatons souvent que des enfants qui dénoncent des agressions sexuelles, ne sont ni crus ni entendus par la justice. Quand un enfant dénonce des violences sexuelles exercées par un parent, le plus souvent le père, on ne dit plus qu’il ment, on parle de fausses allégations. Ensuite, on essaie de démontrer que l’enfant est manipulé ou influencé (sans mauvaise foi) par l’entourage. Or, nous avons des témoignages d’enfants avec des paroles d’enfants qui ne laissent aucun doute sur la réalité des faits.

Comment expliquez-vous cette situation nouvelle ?

Depuis quelques années, les violences sexuelles sur les mineurs sont mieux prises en compte. On a compris que l’inceste n’est pas un phénomène marginal et que les agresseurs viennent de tous les milieux sociaux. Toutefois, ce qu’on entend, ce sont surtout les victimes arrivées à l’âge adulte parlant d’abus subis dans leur enfance. Or, ce qui caractérise la situation actuelle, c’est que les victimes d’inceste parlent de plus en plus jeune. Notre société a toujours des difficultés à les entendre et à les écouter. Quand les parents divorcent, l’enfant parle plus facilement. Aujourd’hui, les mères qu’on a longtemps dénoncées comme complices des agresseurs cherchent à protéger leurs enfants. Tout cela est la conséquence d’une prise de conscience sociale et d’un travail de prévention.

Existe-t-il en France une multiplication de ces fausses allégations ?

On n’en sait rien. Les fausses allégations d’inceste dans le cadre de divorce existent probablement. À l’heure actuelle, il y a très peu d’études sur cette question. L’idée de la multiplication des fausses allégations repose sur la subjectivité des personnes et la parole de certains magistrats. Un psychothérapeute d’origine belge, Hubert Van Gijseghem a largement participé à la propagation de cette idée lors de sessions de formation organisées en France ces dernières années pour les professionnels de la maltraitance. Il s’appuie sur des travaux anglo-saxons controversés et oublie que, même au États-Unis, le débat est loin d’être clos.

Dans ces affaires, la justice semble connaître des dysfonctionnements ?

En cas d’agressions sexuelles d’un enfant par un parent, il y a deux instances judiciaires : la justice pénale (car il s’agit de délits ou de crimes) et la justice civile (pour régler la procédure de divorce). Sans réelle coordination entre les deux.Durant cette procédure, le parent protecteur, – le plus souvent la mère, – souhaite faire suspendre le droit de visite de l’agresseur pour faciliter la tâche des enquêteurs. Pourtant, les JAF (juges aux affaires familiales) pensent trop souvent que des enfants si petits ne peuvent que mentir, influencés par un tiers, en l’occurrence la mère. Prenant davantage en compte les intérêts du père que les plaintes de l’enfant, ils préfèrent aménager le droit de visite plutôt que le suspendre. L’enfant peut ainsi se retrouver en contact avec l’homme qui l’a agressé chez une grand-mère ou dans n’importe quel autre lieu.

Pensez-vous que certains enfants ne sont pas protégés ?

Le contexte de l’émergence (le divorce) de la parole de l’enfant jette un discrédit immédiat sur ce qu’il dit. La mère est d’emblée soupçonnée de le manipuler consciemment ou inconsciemment pour obtenir un divorce aux torts de son mari et la garde exclusive de l’enfant. Conséquence : la justice ne joue pas son rôle qui est de protéger l’enfant.

Comment expliquez vous que 51 % des plaintes au pénal soient classées sans suites ?

En cas de séparation des parents, la suspicion de la justice et de la police est telle que les agresseurs sont rarement punis. Des certificats médicaux de lésions anales ou génitales ne suffisent pas aux magistrats. En revanche, lorsque les certificats médicaux n’établissent pas de lésions, ils sont utilisés pour prouver qu’il n’y a pas eu d’agression sexuelle.

Comment expliquez vous cette situation ?

Notamment par la contre-attaque des pères incestueux. Il existe en France un mouvement associatif qui rassemble des pères réclamant l’égalité pour la garde des enfants. On peut légitimement réfléchir au fait de ne pas confier la garde systématiquement à la mère (en France, un père sur dix réclame la garde de son enfant). En revanche, il est inacceptable que des associations acceptent de défendre des dossiers avant même de savoir si les accusations portées contre le père sont vraies ou fausses. Conséquence : des pères incestueux profitent du contexte social, favorable aux pères pour l’éducation de l’enfant, pour défendre leurs intérêts qui n’ont rien à voir avec ceux de l’enfant.

Propos recueillis par Martine Laganier

 

 

 

 

 

 

 
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