La
prescription homéopathique est basée sur le principe de similitude
et sur celui de dilution. Le premier veut quon utilise
pour soigner une substance capable « de provoquer une affection
semblable à celle contre laquelle on se bat ». Ch
acun
sait quune piqûre dabeille provoque une douleur
vive avec rougeur et gonflement. Chaque fois que de tels symptômes
apparaîtront, on fera appel à Apis mellifica quelle que soit
la maladie : une rhinopharyngite, par exemple. Le second principe,
celui de dilution vise à ôter toute dangerosité à la substance
utilisée. En effet, lidée de guérir le mal par le mal
a ses limites : elle aggrave quelquefois les symptômes. Pour
éviter ce risque, le Dr Samuel Hahnemann dilue plusieurs fois
la substance thérapeutique au point quil ne reste plus
de molécules actives dans les très hautes dilutions. Chose
étonnante : ces dernières, dénuées de toute toxicité, restent
actives.
La
consultation
Des
milliers de substances appartenant au domaine végétal, animal
et minéral ont été testées, comme lavait imaginé Hahnemann,
sur des sujets sains. Les premiers homéopathes ont soigneusement
inventorié et noté toutes les modifications suscitées, quelles
soient dordre physique, mental, comportemental ou psychologique.
Le répertoire de lensemble de ces symptômes constitue
ce quon appelle la pathogenésie de la substance considérée.
La Matière Médicale, la bible des homéopathes, regroupe lensemble
des pathogenésies des trois mille produits utilisés comme
remèdes homéopathiques. La consultation homéopathique se déroule
comme une consultation de médecine générale. Elle comporte
un examen général, une prise de pouls et de tension. Linterrogatoire
que le praticien fait subir au malade présente la particularité
de cerner le symptôme ou le trouble dans sa globalité. Par
exemple, pour une banale douleur à loreille, il sinformera
des sensations (ça vrille, ça pique, ça brûle), de son intensité
(insupportable, lancinante, à hurler), de sa localisation
précise, des circonstances dapparition (la nuit, et
plus exactement à 3 heures du matin !
). À ces données
sajoutent les réactions propres à lorganisme (fièvre,
suée importante, rougeur, soif... ; chacune de ces caractéristiques
se trouvant améliorées ou aggravées par le froid, le chaud,
lair, leau...), les antécédents personnels et
familiaux et la manière dont lindividu réagit (repli
sur soi, excitation, délire...).Le travail du praticien consiste
à répertorier cet ensemble de symptômes, à en hiérarchiser
limportance pour choisir le ou les remèdes dont les
pathogenésies se rapprochent le plus des signes présentés.
Unicistes,
pluralistes et complexistes
Le
nombre de médecins homéopathes est assez réduit en France
(environ trois mille), mais tous nexercent pas de la
même façon. Il y a les unicistes, les pluralistes et les complexistes.
Les premiers prescrivent un seul remède à la fois et doivent,
pour adapter le traitement à lévolution des symptômes,
suivre étroitement les malades. Les deuxièmes emploient en
alternance plusieurs médicaments ne contenant chacun quune
seule substance (on parle de médicaments unitaires) dont les
effets vont se compléter. Les troisièmes utilisent des mélanges
de remèdes, soit préparés à lofficine selon les indications
du médecin, soit présents dans une spécialité pharmaceutique.
Les différentes écoles de formation à lhoméopathie privilégient
lune ou lautre des approches, la méthode complexiste
étant considérée comme la plus approximative.
Prédispositions
à la maladie
Lhoméopathie
considère le malade globalement. Elle prête attention à sa
prédisposition à avoir toujours la même maladie ou le même
type de maladie et sa façon spécifique dy réagir. Cest
lidée de terrain, terme qui recouvre deux notions. Lune
dite diathésique a trait à la façon dont le malade exprime
sa maladie. Il existe quatre diathèses : la psore qui extériorise
sous forme dallergie et de maladies de peau ; la sycose
sujette aux proliférations cellulaires (verrues) et aux excrétions
épaisses (par exemple écoulement nasal jaune-vert et gluant)
; la luèse aboutissant à des ulcérations ou à des scléroses
dures, rigides (sous forme darthrose ou de rhumatismes)
; le tuberculinisme se traduisant par des infections avec
irritabilité et hyper nervosité. Lautre classification
dite constitutionnelle sintéresse à la morphologie des
individus. Il existe trois constitutions de base : le carbonique
correspondant au sujet plutôt petit et rond ; le phosphorique
au sujet grand et mince ; le fluorique sapplique aux
sujets non symétriques, ayant des dents implantées de façon
irrégulière et des articulations hyperlaxes propices aux entorses.Ces
typologies orientent vers des prédispositions à certaines
pathologies et vers certains remèdes. Ainsi le carbonique
aura tendance à faire des surcharges pondérales, son médicament-type
est Calcarea carbonica. En réalité, il y a des personnes de
constitution mixte, par exemple phosphofluoriques ou atteintes
de plusieurs diathèses. Il existe des corrélations entre diathèses
et constitutions. Par exemple, le tuberculinisme touche plutôt
les sujets phosphoriques ou phosphofluoriques et la psore
les individus carboniques.La conception homéopathique du terrain
permet dans une certaine mesure de prévoir lévolution
de létat de santé dun individu, et de déterminer
les médicaments de fond qui seront, dans les infections récidivantes
ou chroniques, indispensables à laction des médicaments
correspondant à létat précis du patient.