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Décembre 1999

Les progrès

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MEDICAMENTS
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bvert1.gif (123 octets) Maladie très contagieuse
bvert1.gif (123 octets) Intérêt des medecines douces
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DOSSIER HOMEOPATHIE
bvert1.gif (123 octets) Medecine individualisée
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bvert1.gif (301 octets) Efficacité
bvert1.gif (123 octets) Interview
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bvert1.gif (301 octets) Le combat de Hanemann
bvert1.gif (123 octets) Victoire sur l'incertitude
bvert1.gif (123 octets) Une année de crise
bvert1.gif (123 octets) Assurer l'avenir
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bvert1.gif (123 octets) Bibliographie
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MALTRAITANCE
bvert1.gif (123 octets) Pères incestueux
bvert1.gif (123 octets) Les professionnels
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RADIOGRAPHIE
bvert1.gif (123 octets) Les Français trop irradiés
bvert1.gif (123 octets) Ce que le patient doit savoir
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PERSONNES AGEES
bvert1.gif (123 octets) Personnes agées et handicap
bvert1.gif (123 octets) Temps de préparation
   
 

 

 

 

Une année de crise

 

Les décisions prises par l’ex-Agence du médicament ont secoué l’univers de l’homéopathie provoquant une mobilisation sans précédent.

Juillet 1998… L’Agence du médicament interdit les médicaments isothérapiques, fabriqués à partir de substances spécifiques aux malades ou qui ont provoqué la maladie (sécrétions nasales, poil du chat…). En octobre de la même année cinq remèdes fondamentaux pour les homéopathes sont suspendus : Luesinum, Medorrhinum, Psorinum, Morbillinum, Pertussinum. Le 22 janvier 1999, c’est au tour de 173 médicaments d’origine animale d’être menacés, toujours par une décision de l’Agence du médicament.C’est une mise à mort orchestrée de l’homéopathie, s’insurgent alors les médecins. « Comme si on enlevait ses outils au maçon », s’emporte le Dr Edouard Broussalian, président de la Coordination des médecins homéopathes français (229, route de la Tire, 74410 Saint-Jorioz. http://planete-homeo.cdtel.fr ).

Les malades ne comprennent pas. Christiane R. s’est vu refuser par l’Institut Alfred Fournier la préparation de remèdes réalisés à partir d’éléments microbiens de sa propre flore intestinale, le seul produit qui la débarrassait enfin d’une fièvre tenace et d’origine inexpliquée. Elle finit par s’adresser à un laboratoire allemand. François B. appréciait le Luesinum qui diminuait ses insomnies provoquées par la peur : il a dû s’en passer. Caroline G., sujette aux infections vaginales, appréciait l’aide de Psorinum : elle en a été privée. « On s’emploie à trouver des remèdes équivalents, reconnaît le Dr Isabelle Automne, homéopathe. Ce n’est pas satisfaisant. Quand un mode de traitement me donne satisfaction, je n’ai pas de raison d’en changer. Les malades ne doivent pas être pénalisés. Il s’agit de décisions prises sans concertation avec la profession, décisions qui dénotent une méconnaissance totale de l’homéopathie en haut lieu. »

Le prion la met à genoux

De telles mesures s’expliquent par la crainte que ces produits, d’origine animale ou humaine, ne transmettent des virus ou des agents non-conventionnels (type prion). Un souci de sécurité louable… mais inapproprié aux conditions de fabrication des remèdes homéopathiques car les dilutions assurent une grande marge de sécurité. « Parmi les derniers médicaments interdits en basse dilution, il y a Apis et VAB. Le premier provient du venin d’abeille que nous utilisons dilué. Or, les allergologues continuent de l’employer non dilué pour désensibiliser les sujets allergiques au venin d’abeille. Dans le cas du VAB, il s’agit d’une dilution du vaccin du BCG. Or, à notre connaissance, l’Agence du médicament n’a pris aucune mesure contre le BCG. Où est la cohérence ? », s’interroge le Dr E. Broussalian.Plus de la moitié des souches utilisées en homéopathie ne sont plus remboursées par la Sécurité sociale. Sur 3 000 substances prescrites, seules 1 173 donnent désormais droit à une prise en charge de 65 % par la Sécurité sociale.

Une protestation massive

Conséquence de ces décisions : la mobilisation des homéopathes a été sans précédent. Oubliant pour la première fois leurs querelles internes, les homéopathes unicistes, pluralistes et complexistes ont créé une Coordination nationale. « Nous avons volontairement prolongé nos études. Nous avons, parce que nous y croyions, supporté les quolibets, les sarcasmes, le mépris, la suffisance de nos confrères. Mais cette fois la coupe est pleine. Qu’on s’en prenne à l’homéopathie qui, depuis 150 ans, n’a jamais été l’objet d’une seule plainte en pharmacovigilance et qu’on n’interdise pas le Viagra qui a fait au moins 150 morts aux États-Unis et une dizaine en France, me laisse perplexe quant à la bonne foi et l’honnêteté du Ministère et de l’Agence du médicament », déclarait le Dr E Broussalian, président de la Coordination nationale, à ALTERNATIVE SANTÉ - L’Impatient (voir n° 254).Le mouvement a étonné par son ampleur. De 350 000 à 500 000 cartes de protestation ont été envoyées au Ministère, signées par des médecins et des malades. Ces derniers ont adressé, en outre, près de 100 000 pétitions à Bernard Kouchner, secrétaire d’État à la Santé au moment des faits. ALTERNATIVE SANTÉ - L’Impatient s’est également fait l’écho de ces difficultés et a lancé une pétition pour le pluralisme thérapeutique (Nous attendons une réponse du Ministère pour déposer vos 60 000 signatures, mais on ne sait pourquoi, il tarde à nous répondre et à nous recevoir !).En cette fin d’année, la tension est retombée. Les souches d’origine animale ont été autorisées au-dessus de 4 CH. Les cinq remèdes fondamentaux ont été rétablis fin octobre après que les laboratoires eussent fourni à l’Agence de sécurité des produits de santé des garanties sur les contrôles exercés.Le manque de pertinence de ces mesures en dit long sur la méconnaissance du dossier au Ministère. Mais il semble que les laboratoires n’ont pas regretté la suppression des isothérapiques dont la fabrication restait artisanale ! Dans le cas des cinq souches suspendues, il est étonnant que l’Agence du médicament ait dû recourir à cette mesure pour obtenir des garanties de sécurité. Les laboratoires étaient forcément au courant. Pourquoi n’ont-ils pas réagi avant ? Interrogé par une délégation de médecins de la Coordination, Gilles Duhamel, alors conseiller technique de Bernard Kouchner, a affirmé qu’un laboratoire considérait « que ces remèdes étaient facilement remplaçables ».

Cela étant, le souci du gouvernement français est partagé par d’autres, en particulier par les Allemands qui ont pris de sévères mesures de précaution (chauffage à 133°C pendant 20 minutes) pour la préparation des médicaments homéopathiques à partir de souches biologiques. Le procédé pourrait être étendu à l’ensemble de l’Europe.Certains homéopathes considèrent de telles contraintes comme une reconnaissance – par l’absurde certes, mais reconnaissance tout de même – des médicaments homéopathiques. « Tous les détracteurs de l’homéopathie prétendent que les médicaments de ce type ne contiennent rien. Pourquoi alors en contrôlerait-on la sécurité virologique ? », s’interroge le Dr Jean-François Xavier, représentant français au Comité européen pour l’homéopathie. D’autres considèrent que cette crise peut être salutaire. « Il faut intégrer la demande légitime des pouvoirs publics, affirme B. Poitevin, car on ne peut pas se contenter de faire de la résistance. Pour les souches d’origine humaine que j’estime essentielles, personne ne nous empêche de chercher pourquoi elles agissent, d’en analyser les principes actifs, de les isoler pour produire des remèdes en toute sécurité. Il faut réfléchir à ce que pourrait être l’homéopathie dans cinq ou dix ans. Nous devons travailler aujourd’hui avec les techniques modernes comme l’aurait fait Hahnemann en son temps. »

Initiatives européennes

Sans financement public et victime d’interdits successifs, l’homéopathie française a du mal à trouver sa place. Ce n’est pas le cas à l’étranger : des assurances privées soutiennent la recherche homéopathique en Allemagne. Situation plus ouverte encore en Grande-Bretagne : les médecins homéopathes travaillent facilement avec les médecins hospitaliers et au Royal London Homoepathic hospital qui bénéficie du soutien de la famille royale, l’homéopathie est pratiquée, évaluée et enseignée... Au Congrès de Londres en avril 1999, différentes études épidémiologiques ont été présentées, confirmant l’intérêt de cette médecine. Parmi elles, une étude portant sur 2 400 patients et réalisée de façon concertée en Allemagne, Pays-Bas, Grande-Bretagne, Espagne, Russie, Ukraine, Suisse, Autriche et États-Unis montre que les autres pays entretiennent avec l’homéopathie une relation moins crispée que les Français.Ces exemples font dire au Dr Jean-François Xavier, délégué du Syndicat des médecins homéopathes à Bruxelles, que le sort de l’homéopathie se joue désormais à l’Union européenne. « Des fonds européens ont été débloqués par Edith Cresson, juste avant de quitter ses fonctions de Commissaire européen, pour la réalisation d’une enquête sur les bénéfices attendus de l’homéopathie, précise-t-il. Des travaux de recherche fondamentale sont également prévus dans le Ve plan européen. »Il y a de bonnes raisons d’espérer, mais la vigilance des praticiens et des malades qui ont fait pression sur le Ministère, ne doit pas se relâcher. « La menace demeure, s’inquiète le Dr E. Broussalian, car il est question de supprimer les médicaments mercuriels, très utiles dans les angines, les rhino-pharyngites, les gingivites, les otites. Cette fois, pour des questions de toxicité et sans considération du phénomène de dilution. »De toute évidence, la pharmacopée homéopathique se trouvera réduite à une peau de chagrin si les chercheurs ne réussissent pas rapidement à expliquer le mode d’action des hautes dilutions. Une tâche urgente pour une réalité complexe.

 

 

 

 

 

 

 
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