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aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
Selon
un Rapport sur lirradiation médicale, les doses de rayons
reçues par les malades sont excessives. Elles varient dun
centre de radiologie à lautre. Il ny a pas de contrôles
et le patient nest pas assuré de la qualité des examens
radiologiques.
Les causes
dirradiation Lirradiation médicale représente aujourdhui
un tiers des doses reçues en moyenne par la population française,
soit 32 %. Lirradiation naturelle, hormis le radon, représente
30 %. Le radon représente 37 % de lirradiation. Quant au
rayonnement nucléaire, hors accidents, il représente 1 % des doses
reçues en moyenne par la population française.
Lirradiation
dorigine médicale peut et doit être réduite. Cest
la conclusion dun Rapport sur la radioprotection des patients
publié lété dernier par le Pr André Bonnin, chef de service
de radiologie de lhôpital Cochin, et par le Pr Jean-François
Lacronique, président de lOffice de protection contre les
rayonnements ionisants. On y apprend que les doses reçues par
les patients varient considérablement dun centre de radiologie
à lautre et dun pays à lautre. Pour une radiographie
de la colonne lombaire de face, la dose définie par les instances
européennes est de 10 mGy (milligray) contre 36,5 mGy en France,
16 mGy en Suède et 56,8 mGy en Espagne.En dix ans, les Britanniques
ont diminué de 30 % les doses moyennes reçues par les patients.
Pour lheure, chez nous, ce contrôle reste un vu pieux,
sauf dans les centres hospitalo-universitaires (CHU) qui ont créé
des postes de physiciens pour procéder aux vérifications.
Absence
de contrôles
Labsence
de contrôles des appareils expliquerait les écarts importants
constatés en France. Alors que les campagnes de dépistage du cancer
du sein y ont commencé il y a plus de dix ans, une récente étude
de lInstitut de veille sanitaire montre quun quart
du parc des mammographes ne répond pas à tous les critères de
sécurité. Lors de cette évaluation, environ 1 000 appareils ont
été contrôlés dans 31 départements. Un quart ne répondaient pas
aux critères de qualité. Dans leur majorité sauf pour une
trentaine dentre eux , ils pouvaient être rendus conformes
par des actions correctives. Ces non conformités entraînaient
un risque derreur diagnostique par perte dinformation
et un risque dirradiation abusive. La commission nationale
de matériovigilance a proposé la suspension de leur utilisation.
Elle réclame une meilleure information du public sur le risque
radioactif. Un contrôle systématique des 2 700 mammographes du
pays doit être organisé.En revanche, on ignore presque tout des
autres matériels en service. « Le nombre dappareils irradiants
nest pas connu avec précision », déclarait Jacques Grisoni,
responsable des équipements lourds à la Direction des hôpitaux
lors des Journées de radioprotection, en mars dernier (Plébiscite
pour lIRM, Dr Anne Genetet, Impact-Médecin Hebdo n° 446,
5 avril 1999).Le rapport des professeurs Bonnin et Lacronique
comporte quelques évaluations. « Sur un échantillon de sites hospitaliers,
nous avons mesuré les doses reçues par les patients au cours des
différents examens radiologiques et constaté une disparité considérable
», explique le Pr Bonnin. Un appareil de radiographie est inspecté
par les services de contrôle une seule fois, au moment de linstallation.
Lagrément délivré conditionne le remboursement par lassurance-maladie
des actes effectués. Comment sétonner dès lors décarts
de dose de un à quatre pour le poumon et de un à six pour la colonne
vertébrale ? Aucune vérification de réglage nest réalisée
de manière systématique, sauf pour les mammographes. Un contrôle
de lensemble de ces matériels serait dautant plus
justifié que les appareils anciens sont nombreux. Linstallation
dexposimètres sur les équipements est urgente. En France,
la quasi-totalité des appareils sont livrés sans exposimètre.
En outre, pour un système intégré, lappareil de mesure est
démonté à linstallation et, pour le remonter, les techniciens
font payer un supplément. Facteur aggravant : un diplôme nest
pas obligatoire pour utiliser un appareil de radiodiagnostic.
Des médecins non-radiologues cardiologues, rhumatologues,
gastro-entérologues, pneumologues, chirurgiens, urologues, etc.
peuvent manipuler seuls ces équipements. Certains dentre
eux ignorent les effets biologiques des rayonnements ou la manière
de réduire les irradiations.
Trop
dactes radiologiques en France
Non seulement
trop dappareils délivrent des doses trop importantes, mais
les patients
subissent trop de radiographies. Au début des années 1990, on
pratiquait 825 actes pour 1 000 habitants en France, contre 665
en Italie et 444 en Grande-Bretagne. Depuis, la consommation dactes
radiologiques a augmenté de 8 % par an. Elle atteint 70 millions
par an, lun des chiffres les plus élevés dEurope.En
outre, on ne privilégie pas toujours limagerie la moins
irradiante. Certains patients tiennent à passer un scanner. Or,
le scanner peut provoquer une forte irradiation. Les scanners
de la nouvelle génération dits rapides peuvent émettre des doses
dépassant largement les normes dirradiation en vigueur sils
sont utilisés de manière irréfléchie. Pour la sécurité du patient
comme pour celle du personnel, limagerie par résonance magnétique
(IRM), moins irradiante, pourrait remplacer la radiographie traditionnelle
comme le scanner. « Si lon prend lexemple de la colonne
vertébrale, la myélographie irradiante est un examen qui napporte
rien par rapport aux techniques nouvelles », précisait le Dr Guy
Cosnard, radiologue à lhôpital Saint-Luc de Bruxelles, aux
Journées de la Société française de radioprotection. Il rappelait
que les clichés de la colonne vertébrale sont inutiles pour le
diagnostic des lombalgies. « Un signe neurologique impose une
IRM ou rien. Commencer par lexamen le moins cher est une
aberration économique. Soit il ne sera daucune utilité,
soit il sera suivi dautres examens. Un tel examen révèle
lincompétence et lignorance du prescripteur », a-t-il
déclaré.
Recommandations
à suivre
Devant lampleur
des tâches, les auteurs du rapport sur la radioprotection des
patients ont multiplié les propositions.
Vérification. Les experts
demandent en priorité la vérification périodique des appareils
et la réforme des plus dangereux. Le contrôle de qualité de ces
équipements (non obligatoire actuellement) est désormais une prérogative
de lAgence française de sécurité sanitaire des produits
de santé (AFSSAPS).
Dosage. Pour chaque examen
(mAS, kV, surface, etc.), le calcul théorique de la dose reçue
par le patient devrait figurer sur le compte rendu.
Mode demploi. Dune
part, un document destiné au public, expliquera la démarche du
médecin ; dautre part, des guides méthodologiques aideront
les praticiens à mieux choisir lexamen à effectuer.
Copie des clichés. Pour éviter
la multiplication des examens, le patient devrait avoir en sa
possession les clichés précédents et le service où ils ont été
réalisés en conservera une copie.
Techniques douces. On encouragera
chaque fois que possible les techniques diagnostiques non irradiantes.
Apprentissage. La formation
continue des médecins sur les bonnes pratiques diagnostiques peut
être améliorée, notamment en matière de radioprotection.Pourquoi
avoir attendu si longtemps pour demander une réduction des irradiations
médicales inutiles ? La radioprotection nest-elle pas née
en 1956 lorsquon commença à prendre des mesures de prévention
contre les radiodermites des professionnels de radiologie ? On
peut se demander si le Secrétariat dÉtat à la Santé a commandé
ce rapport pour améliorer la politique de santé publique ou seulement
pour réduire les dépenses.