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ALTERNATIVE
SANTÉ - LImpatient : En France, existe-t-il désormais une
réelle volonté politique de développer les énergies renouvelables
?
Philippe Beutin
: Oui, cette année, le gouvernement a mis en place un plan de
relance des énergies renouvelables dans le cadre du contrat-plan
et dans les régions avec les contrats État-régions. Ces décisions
saccompagnent dun vrai budget : 300 millions de francs
en 1999, idem pour les années suivantes. La France a pris de véritables
engagements afin de réduire les gaz à effet de serre (Kyoto 1997).
Se retrouver en 2010, au niveau des émissions de CO2 des années
1990 implique une réduction de 10 %. Le développement des énergies
renouvelables participera à cet objectif.
Quelles
sont les énergies renouvelables concernées ?
La France
a des ressources importantes en énergies renouvelables : ensoleillement
important dans le sud avec les régions Paca (Provence-Alpes-Côte
dAzur) et Languedoc-Roussillon ; le vent (nous sommes le
deuxième gisement après la Grande-Bretagne, le Languedoc-Roussillon
étant le plus important gisement dEurope) ; la géothermie
en Ile-de-France ; la microhydroélectricité (petits équipement
de proximité sur les rivières) quil faut développer en informant
davantage les populations. Il y a encore le bois-énergie et la
biomasse
Quelle
est la place de « leffet environnement-santé » dans ces
nouveaux choix ?
Il existe
une véritable prise de conscience de la nocivité de la pollution
sur la santé des personnes. En témoignent la prise en compte de
la pollution de lair et les alertes, nombreuses désormais,
dans les villes. Aujourdhui, le débat est ouvert et il y
aura des changements dans la politique énergétique de la France,
même à propos du nucléaire. Le mouvement me semble irréversible.
Bientôt, le marché électrique sera européen et les choix se feront
de manière différente. Cela va accentuer la concurrence entre
les différentes filières énergétiques et faire sauter les barrières
entre les énergies. Des sociétés de service ou des pétroliers
vont produire de lélectricité, par exemple.
Comment
réagissent les Français ?
Les particuliers
réagissent très bien à cette nouvelle situation. Ils sont surprenants.
Jétais récemment à la foire de Marseille avec un exposant-fabricant
de solaire et jai été ravi de constater que désormais les
gens croient à la fiabilité du matériel proposé et sont prêts
à investir. Quant aux industriels, ils voient les marchés se mettre
en place dans dautres pays européens et ils se disent :
pourquoi pas nous ?
LÉtat
propose-t-il des aides financières ?
Oui, car pour
faire « décoller » un marché, des subventions sont nécessaires
au départ. Celles-ci doivent être dégressives et cesser en 2006.
À ce moment, le marché devra tourner tout seul. Pour atteindre
cet objectif, il est nécessaire daider les industriels à
proposer des produits compétitifs. Par exemple, pour un chauffe-eau
solaire qui coûte à lheure actuelle 24 000 F pour une famille
de 4-5 personnes, la dépense devra se réduire à 15 000 F en 2006.
LÉtat négocie des contrats avec les industriels pour faire
baisser les prix et améliorer la qualité. Il impose par ailleurs
la mise en place dun véritable service de maintenance qui
assure la pérennité des matériels.
En
fait, les intérêts économiques sont en train de rejoindre les
préoccupations denvironnement-santé ?
Effectivement,
le développement de léolien, par exemple, dans le Nord-Pas-de-Calais
est créateur demplois. De même, le développement du solaire
en Rhône-Alpes et en Languedoc-Roussillon. Le marché des énergies
renouvelables part de très bas et, dans les années à venir, il
promet aux industriels un taux exceptionnel de croissance. Il
va devenir très dynamique et très porteur en matière de développement
économique !
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