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Janvier 2000

LE CENTRE TERRE VIVANTE

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bvert1.gif (123 octets) Pr CORNILLOT
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orange3.gif (1014 octets) Marche mondiale des femmes
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DOSSIER
LES ENERGIES RENOUVELABLES
bvert1.gif (301 octets) Centre TERRE VIVANTE
bvert1.gif (123 octets) L'embellie des énergies renouvelables
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bvert1.gif (301 octets) Directive européenne
bvert1.gif (123 octets) Interview
bvert1.gif (123 octets) Baromètre
bvert1.gif (123 octets) Les contraintes
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bvert1.gif (123 octets) Géothermie: définition
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bvert1.gif (123 octets) Forêts
bvert1.gif (123 octets) Le vent souffle
bvert1.gif (123 octets) Fiches pratiques
 

 

 

 

écologie pratique

Produire de l’énergie pollue. Réduire ses besoins diminue la pollution. Récit d’une expérience tentée avec succès au Centre Terre vivante par une équipe de professionnels de la bio et de l'environnement.

terre vivante

 

 

 

Vivre de manière écologique sans retourner à la lampe à pétrole, c’est ce qu’a voulu expérimenter l’équipe du journal Les Quatre Saisons du jardinage et des éditions Terre vivante. En février 1994, elle quitte Paris pour s’installer sur le domaine de Raud, situé entre le Vercors et le Dévoluy (Alpes françaises). La totalité du centre Terre vivante est une démonstration in vivo de la faisabilité d’un tel projet. Le domaine couvre 50 hectares, 20 sont aménagés et 4 sont accessibles aux visiteurs.

De la théorie à la pratique

Le centre est situé à une dizaine de kilomètre de la petite gare ferroviaire de Mens-Clelles, à une heure de Grenoble ou de Gap. Lorsqu’on arrive au bout de la route d’accès, on est saisi par le caractère grandiose du site, arbres dorés et verts en cette période d’automne, montagnes au loin. Les voitures se garent sur une aire légèrement excentrée pour respecter le calme des lieux. Un petit raidillon permet d’accéder à pied au centre et de tester la qualité de l’air et l’état de ses poumons. Devant soi, les bâtiments qui abritent l’équipe de Terre vivante : les bureaux, le restaurant et un peu plus loin l’éco-boutique, environ 600 mètres carrés de surface habitable. Ossatures en bois, murs en briques de terre cuite, toitures en bardeaux de mélèze, voûtes nubiennes avec des matériaux respectueux des hommes et de l’environnement illustrent les choix écologiques. L’exposition permanente permet de se familiariser avec cesterre vivante différents matériaux et procédés, des fiches techniques en expliquent les utilisations possibles. Le centre a été conçu en fonction du climat et non contre le climat : l’exposition des bâtiments permet de profiter au mieux de la lumière du jour, etc.Vingt-trois personnes viennent chaque jour y travailler : administratifs, jardiniers, personnel d’entretien et journalistes des Quatre Saisons du jardinage. Derrière les bâtiments des bureaux se trouvent ce que l’on appelait autrefois les communs, réunissant garages, écuries, chaudières, réserve de bois, etc. À proximité, la mini-centrale photovoltaïque construite dans le cadre du programme Phébus (voir fiches pratiques).

Sur le toit, 10 mètres carrés de panneaux solaires photovoltaïques jouxtent les panneaux thermiques. Les premiers pour la production d’électricité et les seconds pour la production d’eau chaude et le plancher solaire de la cuisine du restaurant ouvert aux visiteurs (Sur le domaine en période de visite, on peut découvrir la cuisine du restaurant biologique. Visites guidées. Entrée payante 35 F. Du 1er mai au 13 juin et du 13 septembre au 24 octobre : vendredi, samedi, dimanche et jours fériés. Du 14 juin au 12 septembre tous les jours sauf le mardi).  « L’effet photovoltaïque permet de transformer la lumière du soleil en électricité alors que la chaleur du soleil est utilisée pour l’énergie thermique, précise Willy, l’homme d’entretien du domaine. Un onduleur transforme le courant généré en 220 volts alternatif conforme au réseau. Notre micro-centrale produit 1,2 kWh au maximum d’ensoleillement, ce qui permet de couvrir les besoins d’un particulier économe. Pour le centre, cela représente moins de 10 % de l’électricité (lampes et ordinateurs) dont nous avons besoin. Lorsque l’électricité solaire ne suffit plus, EDF prend le relais.

À l’inverse, en période de grand ensoleillement, le surplus est réinjecté sur le réseau. Le compteur tourne à l’envers en quelque sorte. »Willy veille aussi sur le fonctionnement des deux grosses chaudières à flamme inversée (procédé qui joue sur la circulation de l’air et améliore le tirage). Elles chauffent parfaitement tous les bâtiments du centre, du 15 octobre au 15 mai. Bien loin du poêle à bois traditionnel, ces chaudières assurent une combustion à plus de 85 %, avec très peu de cendres et un minimum de pollution. Moins la combustion est bonne (par exemple dans le cas d’un bois insuffisamment sec), plus les émissions de dioxyde de carbone (CO2) sont importantes. D’ou l’intérêt, si l’on se chauffe au bois, de s’équiper d’appareils performants. Le centre Terre vivante brûle 60 stères de bois (1 stère = 1m3) par an (hêtre, chêne et pin) et « loin d’ajouter à la déforestation, participe du nécessaire entretien des forêts », explique Claude Aubert, directeur des Quatre Saisons du jardinage et l’un des fondateurs du centre. Les bûches entassées et stockées sèchent le long du mur. Enfin, le broyat de bois, utilisé comme gravier dans les allées, permet de recycler les déchets végétaux.

La démarche [néga]watts

Terre vivanteDans les bâtiments centraux, on peut visiter l’exposition « La Maison des négawatts » (Cette exposition occupe une surface de 50 m2. On peut la louer, une semaine 2 500 FHT, deux semaines 4 000 FHT, quatre semaines 6 000 FHT. Le transport est à la charge du locataire (prévoir environ 3 m3 et 250 kilos). Pour la location, contacter Christine Corbet à Terre Vivante, domaine de Raud, 38170 Mens. Tél. : 04 76 34 80 80.), à l’origine d’un guide pratique paru aux éditions Terre Vivante (La Maison des négawatts, le guide malin de l’énergie chez soi, de Thierry Salomon et Stéphane Bedel, éd. Terre vivante, 79 F). Claude Aubert, s’inspirant du concept d’efficacité énergétique élaboré dans un ouvrage américain Facteur 4, en est l’initiateur. L’objectif essentiel, produire des « négawatts » en réfléchissant aux meilleures façons de consommer le moins d’énergie possible.

Cela implique de rompre avec des habitudes et de rechercher la meilleure utilisation possible de l’énergie. On divise sa facture d’électricité par deux et, en plus, on contribue à la lutte contre l’effet de serre et le gaspillage des ressources naturelles. Un ensemble de panneaux expose le problème du gaspillage de l’énergie, de la pollution engendrée par la consommation des énergies fossiles, et du bien-fondé du concept d’efficacité énergétique. La suite du parcours conduit le visiteur à l’intérieur d’une maison reconstituée, avec réfrigérateur, machine à laver et divers appareils ménagers. Il y découvre qu’il existe des appareils ménagers plus économes que d’autres et apprend à calculer sa consommation d’électricité. Ainsi, lorsqu’on regarde la télévision trois heures par jour à une puissance normale de 80 W, le téléviseur consomme 80 W x 3 = 240 W. Durant les 21 autres heures de la journée, si le téléviseur reste en mode de veille (15 W), il consomme 15 W x 21 h = 315 W. Incroyable mais vrai ! Il est faux de croire qu’une télévision à l’état de veille « ne coûte rien ». Pour l’ensemble des pays de l’Union européenne, les appareils domestiques en veille mobilisent la production permanente de huit réacteurs nucléaires.

Les concepteurs de l’exposition ont calculé que, pour les seules consommations domestiques et tertiaires, un programme de suppression de la veille des appareils économiserait chaque année 21 milliards de kWh et éviterait le renouvellement de onze réacteurs nucléaires de 1000 mégawatts (1 MW = 1 million de watts). Au fil de l’exposition, on réalise combien quelques gestes simples et des choix mieux réfléchis permettraient de consommer moins d’énergie sans se priver du confort moderne. Il suffit ensuite de quitter la maison « Négawatts » remplie de bonnes résolutions pour se confirmer dans cette attitude de fermeté et de choix écologiques. On peut alors visiter les jardins, le potager des légumes méconnus, la friche avec les animaux. Au passage, on découvre les toilettes à compost, les bassins d’épuration par filtres à roseaux. En fait, il y a beaucoup à voir et ce n’est pas certain qu’une journée y suffira.

 

 

 

 

 

 

 

 
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