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Le 15
janvier a été choisi symboliquement, ce sera le 25e anniversaire
de la loi Veil sur lIVG (Interruption volontaire de grossesse).
« Selon la loi, tous les moyens contraceptifs doivent être remboursés,
soulignent les organisatrices. Chaque année, cinq mille femmes
sont obligées daller avorter à létranger, faute de
moyens, la loi sur lavortement est mal appliquée. » Les
autres thèmes de ce combat portent sur toutes les violences, y
compris celles du chômage et de la précarité. Lobjectif
est vaste. Il se situe dans le droit fil de lambitieux dessein
des Québécoises. Nous les avons rencontrées à Montréal.« Pour
notre première marche en 1995, nous avions prix comme slogan Du
pain et des roses », explique Marie-France-Benoît, lune
des vingt membres de la Coordination internationale de la Marche
mondiale des femmes. Cette marche de 200 kilomètres avait duré
dix jours. Elle était organisée par la Fédération des femmes du
Québec, autour de laquelle sétaient regroupées un grand
nombre dassociations. Le thème « Du pain et des roses »
(Bread and roses) était celui des marches de femmes de lindustrie
textile, au début du siècle au États-Unis. « Elles réclamaient
une diminution du temps de travail et labolition du travail
des enfants, poursuit Marie-France Benoît. Le pain symbolisait
les conditions de travail et de vie minimales que réclame une
bonne santé. Les roses représentaient la qualité de vie
» Encore aujourdhui, elles réclament « du pain »
cest-à-dire des emplois et des salaires décents pour tous,
léquité salariale. Elles veulent aussi « des roses »
cest-à-dire de meilleures conditions de vie, permettant
une conciliation harmonieuse des responsabilités professionnelles
et familiales, ainsi quune protection sociale et un système
public de santé dignes de ce nom.Des propositions sont arrêtées.
Les marcheuses ont même un club de remise en forme pour les entraîner
à la randonnée ! Le jour J, trois groupes de femmes partent de
Rimouski, des rives sud et nord de Montréal. Cap sur la ville
de Québec, à 200 kilomètres de là. « Les femmes de chaque village
nous accueillaient, se souvient Phyllis O Dwyer, membre de la
Commission des femmes du Québec. Les curés faisaient sonner les
cloches des villages quand nous arrivions. Cétait émouvant.
Nous organisions beaucoup de réunions déducation populaire
pour faire connaître nos propositions. »
Éliminer
la pauvreté et la violence qui touchent les femmes
Du 16
au 18 octobre 1998 sest tenue, au Québec, une rencontre
préparatoire à la Marche mondiale en lan 2000, avec 140
déléguées de 65 pays. Malgré leur diversité dopinions, les
différences de cultures et ditinéraires personnels, elles
se mettent daccord sur 25 principes pour « éliminer la pauvreté
» et « éliminer la violence qui touchent les femmes ». De nombreuses
convergences existent entre les propositions des organisateurs
de la Marche et le « programme santé » adopté à Pékin lors de
la 4e Conférence mondiale des Nations unies sur les femmes, en
1995. Rien détonnant : maintes propositions ont été portées
par des groupes qui ont participé aux deux initiatives. La protection
contre toutes les formes de violences constitue un élément essentiel
de la sécurité sanitaire, en matière de santé mentale notamment.
La Coordination française a pour but de faciliter les démarches
et les dépositions, souvent éprouvantes, des femmes victimes de
violence. Dautres propositions concernent le viol et les
violences conjugales.La Marche mondiale réunit plus de 140 pays.
En France, près de 150 associations, collectifs, syndicats et
organisations en sont partie prenante. Suite à la manifestation
du 15 janvier, des actions locales suivront. Certaines sinspirant
de lidée du rallye pédestre de Nancy. Ce rallye, organisé
le 17 octobre dernier par lassociation En Féminie, voulait
montrer concrètement le lien entre qualité de vie, santé et droit
au travail. La marche ralliait comme dans un jeu de loie
lANPE, les Assedic, un grand magasin, le local dAC
! contre le chômage
Les organisatrices avaient tenu à agir
aussi avec les « femmes relais » travaillant dans les banlieues.
Pour
en savoir plusCoordination française pour la Marche mondiale des
femmes de lan 2000,104, rue des Couronnes, 75020 Paris.Tél.
: 01 44 62 12 33. marchfem@ras.eu.org
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