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Janvier 2000

GEOTHERMIE

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Chaleur au centre de la terre.

 

 

 

L’exploitation de la géothermie en Ile-de-France réduit déjà la pollution atmosphérique de 1%. En la développant, on pourrait atteindre 7 %.

En septembre dernier, lors de l’inauguration de la centrale de cogénération et du réseau nord de chaleur, le maire de Fresnes, Gabriel Bourdin, ne cachait pas le lourd endettement de sa commune. Dès 1985, Fresnes investissait 69 millions de francs dans la réalisation des deux forages de sa centrale géothermique destinée à alimenter des réseaux de chaleur pour le chauffage urbain. Avec cette réalisation, la ville participait à l’effort de maîtrise de l’énergie, contribuait à l’amélioration de l’environnement et développait une richesse locale. C’était oublier les aléas de l’économie de marché. Au début des travaux, le baril de pétrole coûtait 35 dollars ; au moment de l’inauguration, 12 dollars seulement. « Cette chute, explique-t-il, réduisait les capacités de remboursement des emprunts dégagées par l’exploitation. La commune a dû prendre à sa charge une part importante des remboursements, ce qui n’était pas prévu au départ. » De plus, la forte teneur en sel de l’eau a posé des problèmes techniques importants, aujourd’hui résolus, comme la corrosion des tuyaux. Dans ce contexte délicat, seul le sud de la commune fut desservi en réseaux de chaleur. Et, l’image de la géothermie était sérieusement ternie.

Géothermie et cogénération

En 1994, les conditions économiques devinrent à nouveau favorables aux investissements. Des études et des démarches furent entreprises afin de renforcer les moyens de production, en réduisant le coût de la chaleur. Double décision : la création d’une usine de cogénération et l’élargissement des réseaux de chaleur au nord de la ville. En mai 1997, la maison d’arrêt de Fresnes, principal consommateur de la chaleur du secteur nord, signait un accord. Ce gros client rendait le projet viable. Aujourd’hui, les perspectives économiques (rentabilité, amortissements des coûts) sont bonnes mais des contradictions demeurent. La France et son gouvernement semblent réellement engagés dans une politique de relance des énergies renouvelables. L’Ademe soutient les projets. Mais, la géothermie ne bénéficie plus depuis 1995 d’un taux réduit de TVA, contrairement au gaz et à l’électricité, suite à un regrettable oubli des fonctionnaires de Bruxelles. Ils connaissaient les mots « électricité » et « gaz » mais pas « chaleur »… Les propos du directeur de l’énergie du ministère ne laissent pas présager de changement à court terme. Résultat, la géothermie est pénalisée par rapport au gaz. Par ailleurs, les opérateurs de la géothermie demandent aux politiques de réfléchir rapidement à des avantages financiers pour ceux qui commercialisent un produit non polluant. Enfin, ils posent une question pertinente : pourquoi les investissements nécessaires à cette énergie renouvelable non polluante sont-ils supportés par les seules collectivités locales, alors que les investissements liés à la mise en place des réseaux de gaz et d’électricité sont répartis sur l’ensemble de la collectivité nationale ? La balle est dans le camp des politiques.

(1) La cogénération est un cycle de transformation dans lequel, à partir d’un combustible, le gaz, on produit simultanément deux énergies : l’électricité et la chaleur. Elle permet d’obtenir des rendements énergétiques nettement supérieurs (86 %) à ceux observés pour les centrales (35 %), à combustion fossile ou nucléaire. Ce système réduit le recours à l’énergie primaire et utilise un combustible propre, le gaz naturel. L’électricité et la chaleur produites par la centrale de cogénération de Fresnes, alimentée par le gaz naturel, sont distribuées respectivement par EDF et par le réseau de chauffage urbain.

 

 

 

 

 

 

 
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