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Lexploitation
de la géothermie en Ile-de-France réduit déjà la pollution
atmosphérique de 1%. En la développant, on pourrait atteindre
7 %.
En septembre
dernier, lors de linauguration de la centrale
de cogénération et du réseau nord de chaleur, le maire de
Fresnes, Gabriel Bourdin, ne cachait pas le lourd endettement
de sa commune. Dès 1985, Fresnes investissait 69 millions de francs
dans la réalisation des deux forages de sa centrale géothermique
destinée à alimenter des réseaux de chaleur pour le chauffage
urbain. Avec cette réalisation, la ville participait à leffort
de maîtrise de lénergie, contribuait à lamélioration
de lenvironnement et développait une richesse locale. Cétait
oublier les aléas de léconomie de marché. Au début des travaux,
le baril de pétrole coûtait 35 dollars ; au moment de linauguration,
12 dollars seulement. « Cette chute, explique-t-il, réduisait
les capacités de remboursement des emprunts dégagées par lexploitation.
La commune a dû prendre à sa charge une part importante des remboursements,
ce qui nétait pas prévu au départ. » De plus, la forte teneur
en sel de leau a posé des problèmes techniques importants,
aujourdhui résolus, comme la corrosion des tuyaux. Dans
ce contexte délicat, seul le sud de la commune fut desservi en
réseaux de chaleur. Et, limage de la géothermie était sérieusement
ternie.
Géothermie
et cogénération
En 1994,
les conditions économiques devinrent à nouveau favorables aux
investissements. Des études et des démarches furent entreprises
afin de renforcer les moyens de production, en réduisant le coût
de la chaleur. Double décision : la création dune usine
de cogénération et lélargissement des réseaux de chaleur
au nord de la ville. En mai 1997, la maison darrêt de Fresnes,
principal consommateur de la chaleur du secteur nord, signait
un accord. Ce gros client rendait le projet viable. Aujourdhui,
les perspectives économiques (rentabilité, amortissements des
coûts) sont bonnes mais des contradictions demeurent. La France
et son gouvernement semblent réellement engagés dans une politique
de relance des énergies renouvelables. LAdeme soutient les
projets. Mais, la géothermie ne bénéficie plus depuis 1995 dun
taux réduit de TVA, contrairement au gaz et à lélectricité,
suite à un regrettable oubli des fonctionnaires de Bruxelles.
Ils connaissaient les mots « électricité » et « gaz » mais pas
« chaleur » Les propos du directeur de lénergie du
ministère ne laissent pas présager de changement à court terme.
Résultat, la géothermie est pénalisée par rapport au gaz. Par
ailleurs, les opérateurs de la géothermie demandent aux politiques
de réfléchir rapidement à des avantages financiers pour ceux qui
commercialisent un produit non polluant. Enfin, ils posent une
question pertinente : pourquoi les investissements nécessaires
à cette énergie renouvelable non polluante sont-ils supportés
par les seules collectivités locales, alors que les investissements
liés à la mise en place des réseaux de gaz et délectricité
sont répartis sur lensemble de la collectivité nationale
? La balle est dans le camp des politiques.
(1)
La cogénération est un cycle de transformation dans lequel, à
partir dun combustible, le gaz, on produit simultanément
deux énergies : lélectricité et la chaleur. Elle permet
dobtenir des rendements énergétiques nettement supérieurs
(86 %) à ceux observés pour les centrales (35 %), à combustion
fossile ou nucléaire. Ce système réduit le recours à lénergie
primaire et utilise un combustible propre, le gaz naturel. Lélectricité
et la chaleur produites par la centrale de cogénération de Fresnes,
alimentée par le gaz naturel, sont distribuées respectivement
par EDF et par le réseau de chauffage urbain.