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Janvier 2000

POLITIQUE ENERGETIQUE

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DOSSIER
LES ENERGIES RENOUVELABLES
bvert1.gif (301 octets) Centre TERRE VIVANTE
bvert1.gif (123 octets) L'embellie des énergies renouvelables
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bvert1.gif (123 octets) Fiches pratiques
 

 

 

 

L’embellie des énergies renouvelables.

 

Les conditions de leur développement semblent réunies, mais des obstacles importants demeurent.

Dans les années 1970, la peur de l’épuisement des ressources de combustibles fossiles (charbon, pétrole, gaz) et le « souci » de l’approvisionnement (choc pétrolier) ont été à l’origine d’un certain essor des énergies renouvelables. Dix ans plus tard, la baisse du prix du baril a sonné le glas de l’enthousiasme. Le matériel solaire a rouillé sur les toits. Aujourd’hui, les préoccupations environnementales, les doutes sur l’avenir du nucléaire et l’ouverture à la concurrence du marché des énergies les remettent à l’ordre du jour.

Mobilisation contre l’effet de serre

Depuis 1995, plus aucun scientifique ne conteste que l’effet de serre participe largement au réchauffement de la planète. Le GIEC, Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat, mandaté par l’organisation des Nations unies, dresse une liste impressionnante des conséquences : désertification, perturbations climatiques à l’origine de tempêtes et de cyclones, élévation du niveau des mers, mais aussi conséquences sanitaires avec une recrudescence des maladies infectieuses. À Kyoto, en 1997, l’Union européenne s’est engagée à réduire ses émissions de C02 en 2010 de 5 % par rapport à 1990, alors que la tendance spontanée de nos économies eût été de les accroître de 20 %. L’ensemble des pays du globe paraissent enfin décidés à assurer un développement durable et à mettre en place des modèles de progrès social et de croissance qui ne détériorent pas l’environnement naturel.En l’état actuel, 20 % des habitants de la planète consomment à eux seuls 80 % de l’énergie produite ! La majeure partie de cette énergie provient de gisements de combustibles fossiles ou d’uranium (nucléaire). Les Américains, dont les émissions représentent 30 % de la pollution planétaire, envisagent d’acheter des permis de polluer aux pays moins pollueurs plutôt que de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Les Européens préfèrent de vrais actes anti-pollution ayant valeur d’exemple pour les pays en voie de développement. Certains d’entre eux, y compris la France, ont pris des mesures en faveur des énergies renouvelables (programmes Eole 2005 pour l’éolien et Hélios 2006 pour le solaire, lire pages 25-26). Toutefois la décision finale quant à la mise en œuvre du protocole de Kyoto ne sera prise qu’en novembre 2000, à La Haye, lors de la 6e Conférence sur ce thème.

Doute sur le tout-nucléaire

Depuis Tchernobyl (juin 1986), l’Europe nucléaire s’interroge. En 1998, le nucléaire réalise encore 30 % de la production électrique du continent européen. Le poids de l’électronucléaire est très contrasté selon les pays. La place de la France est tout à fait exceptionnelle, tant par la puissance du parc installé (36 % du potentiel continental) que par son influence (78 % de l’électricité produite). Pourtant, le nucléaire français est aussi fragilisé. Le problème des déchets radioactifs que les techniques actuelles ne permettent pas de rendre inactifs, le vieillissement des installations et les énormes investissements qu’il faudra renouveler remettent la filière en question. Cette nouvelle donne ouvre des perspectives aux énergies renouvelables comme énergies d’appoint. Mais, il faudra se garder là aussi de se réjouir trop vite, de trop croire aux promesses des politiques (le gouvernement vient de reculer sa prise de décision à 2002, concernant le renouvellement du matériel nucléaire) et de sous-estimer le pouvoir du lobby nucléaire.

Les bonnes intentions ne seront pas suffisantes

Favoriser effectivement les énergies renouvelables, rompre avec de mauvaises habitudes, nous n’en sommes pas encore là. En France, comme partout dans le monde, les intérêts industriels priment sur ceux des populations. Le marché de l’énergie génère d’énormes profits. Les privilèges accordés à EDF et à GDF, pour peu de temps encore entreprises publiques, entravent le développement des énergies renouvelables et le secteur de l’énergie reste dominé par les subventions et les faveurs accordées aux énergies nucléaires et fossiles. Par exemple, le bas prix du kilowattheure nucléaire (0,26 F) handicape le développement de l’éolien et du solaire. « Dans ce prix, explique l’association Phébus (voir fiches pratiques), on ne compte jamais les investissements de départ, les frais durant le fonctionnement, ni la future gestion des déchets radioactifs pendant des siècles. » Résultat, les entreprises hésitent à investir dans les énergies renouvelables car le prix de rachat de l’électricité par EDF est insuffisant. Même chose avec GDF qui, selon l’association Amorce (Association des maîtres d’œuvre des réseaux de chaleur et d’énergie), entrave le développement du chauffage urbain. Enfin, défendre réellement les énergies renouvelables passe par une décentralisation de la production et des prises de décisions. D’où l’importance de la loi d’aménagement du territoire, défendue par la ministre de l’Environnement Dominique Voynet, permettant aux régions de participer aux décisions. Les Verts ont d’ailleurs publié début 1999 un petit livre (Le Nucléaire et la lampe à pétrole, Les Verts, éditions L’Esprit frappeur, 172 pages, 20 F.) qui valide l’hypothèse d’un avenir de maîtrise de l’énergie et de développement des énergies renouvelables sans retourner à la lampe à huile ! Dans ce cadre, elles peuvent représenter 10 % de la production électrique. Mais, pour cela, de vraies décisions devront être prises et la vigilance militante s’impose.

(1) La combustion des combustibles fossiles rejette du gaz carbonique dans l’atmosphère ; ces émissions de CO2 participent au réchauffement de la surface du globe. Le C02 représente 50 % des gaz à effet de serre. Dans cette catégorie on trouve aussi le méthane (CH4) qui provient des dégagements gazeux qui se produisent dans les décharges d’ordures, les marais, et lors de la décomposition de dérivés du pétrole ; l’ozone (O3), dérivé des polluants automobiles ; les chlorofluorocarbones (CFC), gaz des bombes aérosols ; le protoxyde d’azote (engrais azotés) ; la vapeur d’eau.

 

 

 

 

 

 

 
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