Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
Les
conditions de leur développement semblent réunies, mais des
obstacles importants demeurent.
Dans
les années 1970, la peur de lépuisement des ressources de
combustibles fossiles (charbon, pétrole, gaz) et le « souci »
de lapprovisionnement (choc pétrolier) ont été à lorigine
dun certain essor des énergies renouvelables. Dix ans plus
tard, la baisse du prix du baril a sonné le glas de lenthousiasme.
Le matériel solaire a rouillé sur les toits. Aujourdhui,
les préoccupations environnementales, les doutes sur lavenir
du nucléaire et louverture à la concurrence du marché des
énergies les remettent à lordre du jour.
Mobilisation
contre leffet de serre
Depuis
1995, plus aucun scientifique ne conteste que leffet de
serre participe largement au réchauffement de la planète. Le GIEC,
Groupe intergouvernemental sur lévolution du climat, mandaté
par lorganisation des Nations unies, dresse une liste impressionnante
des conséquences : désertification, perturbations climatiques
à lorigine de tempêtes et de cyclones, élévation du niveau
des mers, mais aussi conséquences sanitaires avec une recrudescence
des maladies infectieuses. À Kyoto, en 1997, lUnion européenne
sest engagée à réduire ses émissions de C02 en 2010 de 5
% par rapport à 1990, alors que la tendance spontanée de nos économies
eût été de les accroître de 20 %. Lensemble des pays du
globe paraissent enfin décidés à assurer un développement durable
et à mettre en place des modèles de progrès social et de croissance
qui ne détériorent pas lenvironnement naturel.En létat
actuel, 20 % des habitants de la planète consomment à eux seuls
80 % de lénergie produite ! La majeure partie de cette énergie
provient de gisements de combustibles fossiles ou duranium
(nucléaire). Les Américains, dont les émissions représentent 30
% de la pollution planétaire, envisagent dacheter des permis
de polluer aux pays moins pollueurs plutôt que de réduire leurs
émissions de gaz à effet de serre. Les Européens préfèrent de
vrais actes anti-pollution ayant valeur dexemple pour les
pays en voie de développement. Certains dentre eux, y compris
la France, ont pris des mesures en faveur des énergies renouvelables
(programmes Eole 2005 pour léolien et Hélios 2006 pour le
solaire, lire pages 25-26). Toutefois la décision finale quant
à la mise en uvre du protocole de Kyoto ne sera prise quen
novembre 2000, à La Haye, lors de la 6e Conférence sur ce thème.
Doute
sur le tout-nucléaire
Depuis
Tchernobyl (juin 1986), lEurope nucléaire sinterroge.
En 1998, le nucléaire réalise encore 30 % de la production électrique
du continent européen. Le poids de lélectronucléaire est
très contrasté selon les pays. La place de la France est tout
à fait exceptionnelle, tant par la puissance du parc installé
(36 % du potentiel continental) que par son influence (78 % de
lélectricité produite). Pourtant, le nucléaire français
est aussi fragilisé. Le problème des déchets radioactifs que les
techniques actuelles ne permettent pas de rendre inactifs, le
vieillissement des installations et les énormes investissements
quil faudra renouveler remettent la filière en question.
Cette nouvelle donne ouvre des perspectives aux énergies renouvelables
comme énergies dappoint. Mais, il faudra se garder là aussi
de se réjouir trop vite, de trop croire aux promesses des politiques
(le gouvernement vient de reculer sa prise de décision à 2002,
concernant le renouvellement du matériel nucléaire) et de sous-estimer
le pouvoir du lobby nucléaire.
Les
bonnes intentions ne seront pas suffisantes
Favoriser
effectivement les énergies renouvelables, rompre avec de mauvaises
habitudes, nous nen sommes pas encore là. En France, comme
partout dans le monde, les intérêts industriels priment sur ceux
des populations. Le marché de lénergie génère dénormes
profits. Les privilèges accordés à EDF et à GDF, pour peu de temps
encore entreprises publiques, entravent le développement des énergies
renouvelables et le secteur de lénergie reste dominé par
les subventions et les faveurs accordées aux énergies nucléaires
et fossiles. Par exemple, le bas prix du kilowattheure nucléaire
(0,26 F) handicape le développement de léolien et du solaire.
« Dans ce prix, explique lassociation Phébus (voir
fiches pratiques), on ne compte jamais les investissements
de départ, les frais durant le fonctionnement, ni la future gestion
des déchets radioactifs pendant des siècles. » Résultat, les entreprises
hésitent à investir dans les énergies renouvelables car le prix
de rachat de lélectricité par EDF est insuffisant. Même
chose avec GDF qui, selon lassociation Amorce (Association
des maîtres duvre des réseaux de chaleur et dénergie),
entrave le développement du chauffage urbain. Enfin, défendre
réellement les énergies renouvelables passe par une décentralisation
de la production et des prises de décisions. Doù limportance
de la loi daménagement du territoire, défendue par la ministre
de lEnvironnement Dominique Voynet, permettant aux régions
de participer aux décisions. Les Verts ont dailleurs publié
début 1999 un petit livre (Le Nucléaire et la lampe à pétrole,
Les Verts, éditions LEsprit frappeur, 172 pages, 20 F.)
qui valide lhypothèse dun avenir de maîtrise de lénergie
et de développement des énergies renouvelables sans retourner
à la lampe à huile ! Dans ce cadre, elles peuvent représenter
10 % de la production électrique. Mais, pour cela, de vraies décisions
devront être prises et la vigilance militante simpose.
(1)
La combustion des combustibles fossiles rejette du gaz carbonique
dans latmosphère ; ces émissions de CO2 participent au réchauffement
de la surface du globe. Le C02 représente 50 % des gaz à effet
de serre. Dans cette catégorie on trouve aussi le méthane (CH4)
qui provient des dégagements gazeux qui se produisent dans les
décharges dordures, les marais, et lors de la décomposition
de dérivés du pétrole ; lozone (O3), dérivé des polluants
automobiles ; les chlorofluorocarbones (CFC), gaz des bombes aérosols
; le protoxyde dazote (engrais azotés) ; la vapeur deau.