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Santé - L'Impatient,
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aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
De
retour sur terre, le cosmonaute Jean-Pierre Haigneré témoigne
de lextraordinaire aventure quil vient de vivre à
bord de la station Mir. Mais aussi de son inquiétude quant à la
santé écologique de la planète.
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La
Terre vue de lespace
Le 28
août dernier, Jean-Pierre Haigneré revenait sur terre après une
mission de 188 jours à bord de la station spatiale russe Mir.
La dernière mission de Mir. Pour la première fois depuis une dizaine
dannées, la station est restée vide. Dans deux, quatre ou
six ans, selon les moyens mobilisés, une autre station spatiale
tournera autour de la Terre : lISS, la station internationale.
Ces stations sont de véritables laboratoires permettant, grâce
à la microgravité (cest-à-dire avec une gravité beaucoup
plus faible que sur terre), de tester de nouveaux assemblages
de molécules pour la chimie ou la pharmacie. On y essaie aussi
ce qui sera nécessaire aux grands voyages interplanétaires de
demain : tests médicaux sur les équipages, essais de plantations
ou résistance des matériaux. Ces stations sont aussi dextraordinaires
lieux dobservation de la Terre. « De là-haut, à 400 kilomètres
daltitude, nous confie Jean-Pierre Haigneré, on voit parfaitement
bien tout ce qui se passe sur les continents comme sur les océans.
On est frappé par la beauté de la planète mais aussi par la sensation
de fragilité et disolement qui en émane. Notre mission ne
comportait pas dexpériences de surveillance de lenvironnement
terrestre. Ce
que je peux dire nengage donc que moi. Mais jai été
frappé de la progression des déforestations en Amazonie. Durant
le dernier mois du vol, de Buenos Aires jusquà lest
des Andes, on voyait de là-haut, un voile opaque de fumées, presque
tout un continent était couvert dincendies, ce qui en dit
long sur la destruction de la végétation et des forêts ! »Constat
renforcé par de récentes études scientifiques qui annoncent pour
1999 un bilan record de déforestation en Amazonie : 40 000 kilomètres
carrés seraient partis en fumée ! Et cela, par leffet conjugué
de la sécheresse et des feux volontairement allumés.
Repérer
les pollueurs
Ces
incendies nont pas seulement une conséquence dramatique
en termes de biodiversité et dappauvrissement des sols.
Des chercheurs viennent de prouver, en sappuyant sur des
données fournies par des satellites de la Nasa quils influent
sur les précipitations. Quand les nuages porteurs deau sont
pollués par la fumée, celle-ci provoque une condensation des gouttelettes
deau qui deviennent trop petites pour tomber en pluie. À
Bornéo, sur la moitié de lîle couverte par les incendies
et les fumées, la pluviométrie a été dramatiquement faible alors
que les précipitations étaient normales sur lautre moitié
du pays, épargnée par les feux. Autre sujet dinquiétude
et de colère pour Jean-Pierre Haigneré : « Jai pu observer
les dégazages de pétroliers en haute mer. Cest très facile
à repérer, on voit parfaitement bien la nappe de pétrole qui sétale
autour du bateau. Or, ces dégazages, officiellement interdits,
se produisent partout dans le monde, sur tous les océans, et bien
entendu toujours hors des zones territoriales des pays. Dans ces
territoires internationaux océaniques, les pétroliers se trouvent
hors datteinte des lois. Personnellement, quand je serai
dégagé de mes obligations actuelles, dans quelques années, je
militerai pour que des moyens techniques et spatiaux soient entièrement
consacrés à la surveillance de lenvironnement. Ce serait
très facile dorganiser ce contrôle et de dénoncer ceux qui
abîment la planète. Un satellite peut repérer précisément un bateau
dégazant dans un océan et communiquer immédiatement sa localisation.
Je militerai pour quune organisation internationale ait
le pouvoir de donner des amendes où que se soit produit le dégazage.
». Interrogé sur la destruction de la station Mir, Jean-Pierre
Haigneré précise : « Nous lavons fermée comme si nous fermions
pour la dernière fois la porte dune maison, après treize
ans doccupation continue, en faisant ce que nous appelons
dans notre jargon une mise en conservation. Sa destruction
sera délicate. Les différents modules brûleront dans latmosphère
; le reste tombera dans un océan, loin de toutes zones dhabitation.
Les quelques centaines de kilos qui tomberont sur terre ne représentent
aucun danger pour lenvironnement. Jai vraiment une
très grande confiance dans les ingénieurs russes qui sont dexcellents
professionnels. Le plus grand problème, à mon sens, ce sont plutôt
les dizaines de milliers de débris qui orbitent déjà
autour de la Terre et dont il faudra bien faire un jour la dépollution
systématique. » Enfin, quand on demande à Jean-Pierre Haigneré
son plus grand souvenir, cest sans aucun doute sa sortie
hors de la station, pendant laquelle, enfermé dans sa combinaison,
il a vu défiler sous ses pieds la petite planète bleue sur le
fond noir et glacé de lespace : « Un moment où il faut beaucoup
de force physique et psychique. »