Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
La
maladie dAlzheimer correspond à une dégénérescence du cerveau.
Progressivement, les capacités intellectuelles, lhumeur,
le comportement, les capacités physiques sont modifiés.
Chaque
année, 50 000 cas nouveaux sajoutent aux 350 000 recensés
à ce jour. La maladie dAlzheimer et ses troubles apparentés
apparaissent comme lun des grands défis, médical et social,
du nouveau millénaire. Défi médical puisquon ne sait rien
ou presque de cette maladie dont lincidence augmente avec
lâge : elle concerne moins de 1 % des personnes entre
65 ans et 70 ans, et 15 % au-dessus de 85 ans (Les chiffres
varient énormément dun spécialiste à lautre.). On
ne dispose actuellement daucun traitement. Défi social
car elle provoque une grande dépendance et, pour les proches,
une très importante charge physique, affective et psychologique
(actuellement 80 % des malades vivent à domicile). Enfin, il
nexiste pas ou très peu de structures appropriées pour
accueillir les malades. La maladie apparaît insidieusement.
Elle se caractérise au début par des pertes de mémoire. Attention,
tous les troubles de la mémoire ne relèvent pas de la maladie
dAlzheimer : la fatigue, lâge, des problèmes de
santé (phase dépressive), le retrait de la vie active sont loccasion
de perturbations momentanées des fonctions de mémorisation.
Quand
ces troubles perdurent et saccentuent, quils concernent
autant le passé immédiat que le moins récent, quils occasionnent
loubli des noms et prénoms (de personnes connues et chères),
des lieux (on ne sait plus le chemin pour rentrer chez soi),
des dates il sagit vraisemblablement dune
maladie dAlzheimer.Elle occasionne chez les malades une
désorientation particulièrement angoissante, car ils sentent
sévanouir leurs repères dans le temps et lespace.
Lagressivité ou au contraire labattement, le besoin
incessant de marcher ou de parler sont autant de façons de réagir.La
maladie évoluant sur trois à dix ans, les difficultés saccentuent
au fil des années. Dans lordre ou le désordre apparaissent
laphasie (trouble de lexpression et/ou de la compréhension
du langage écrit et oral), lapraxie (la personne est incapable
de réaliser des actes volontaires adaptés à un but, par exemple
shabiller, se laver, manger, se lever, sasseoir
correctement sur une chaise, marcher ), lagnosie
(incapacité à reconnaître ce qui est perçu, les visages comme
les objets : cuillère, fourchette, et à utiliser ces derniers).
Laide devient nécessaire pour tous les actes de la vie
quotidienne.Sur le plan médical, la maladie dAlzheimer,
décrite pour la première fois en 1906 par le Dr Aloïs Alzheimer,
se caractérise par trois modifications dans la structure du
cerveau.
Une diminution du nombre de neurones les cellules nerveuses
dans deux zones clefs de la mémoire et de la connaissance
(lhippocampe et le néocortex).
Le dépôt anormal de protéines dans les cellules nerveuses transformées
alors en ce que lon appelle des neurofibrilles.
La formation, à lextérieur des cellules nerveuses, de
plaques séniles composées principalement dune substance
: le peptide bêta amyloïde (Il est à noter que ces modifications
cérébrales ont été constatées après autopsie de personnes présentant
les symptômes attribués à la maladie dAlzheimer. ). Même
si lon suspecte fortement la protéine bêta-amyloïde dêtre
le facteur originel de la maladie, on ne sait encore rien du
rôle joué par ces différentes transformations dans le déclenchement
et lévolution de la maladie. Aucun moyen dimagerie
médicale nétant capable de visualiser les atteintes cérébrales
(Très exceptionnellement, il se pratique des biopsies cérébrales
permettant le diagnostic de la maladie, avec certitude et du
vivant de la personne.), le diagnostic de la maladie dAlzheimer
est posé à partir des troubles de la mémoire et du comportement
présentés par le malade. Cela se fait à laide de tests,
par exemple le Mini Mental State (MMS), qui évaluent
la mémoire, lorientation temporelle et spatiale, lattention,
les capacités dapprentissage, la compréhension, le langage,
la coordination des mouvements
Ralentir
la maladie
Plus
tôt le diagnostic est posé, mieux cela vaut. Sil nexiste
pas de traitements capables denrayer la dégénérescence
cérébrale, on dispose de trois médicaments qui, sans conduire
à la guérison, ont un effet transitoire en ralentissant lévolution
de la maladie, retardant la survenue de la dépendance. Ces médicaments
ne sont daucun effet aux stades déjà avancés de la maladie.La
maladie évoluant, les malades manifestent de moins en moins
de réactions. Pour autant, ils restent très sensibles à leur
environnement. Bien quil ignore parfois son nom et le
vôtre et que son incapacité à accomplir les gestes élémentaires
de la vie soit accablante et difficile à comprendre, le malade,
jusquau bout de sa maladie, est un être humain qui souffre,
qui demande du respect. Le moindre changement de décor les perturbe,
les sensations de tension, dénervement les inquiètent,
la plus petite attention ou marque daffection les comble
daise. Cette distorsion entre ce que le malade est capable
dexprimer et ce quil peut ressentir est difficile
à gérer pour lentourage. Communiquer nécessite de recourir
à dautres moyens que la parole : les regards, les gestes,
le feuilletage des magazines habituels et des albums photos,
le recours aux comptines, aux chansons dépoque et de façon
générale aux acquis anciens, comme les souvenirs denfance,
qui restent toujours présents en mémoire. Il ny aura plus
échange didées (et cela est parfois très difficile à accepter
surtout quand les personnes montraient de réelles capacités
intellectuelles), la communication se fait sur un autre registre
: celui des émotions, des sentiments, de la tendresse.
Le
désarroi des « accompagnants », souvent les conjoint(e)s ou
les enfants, est grand. Il leur faut faire le deuil de la personne
quils ont connue, inventer un nouveau mode de relation
et faire face à une situation qui se dégrade. Malgré toutes
ces difficultés, limmense majorité des malades (on la
vu : 80 %) sont gardés à domicile. Cette solution permet au
malade de rester dans un environnement familier et de conserver
le plus longtemps possible ses repères. Mais elle suppose une
vigilance de tous les instants. Y compris la nuit car le malade
la confond avec le jour. Les meilleures volontés et la santé
sont à un moment ou un autre ébranlées par les problèmes rencontrés
et la fatigue. Et il faut un jour penser au placement.
Un
cruel manque de structures
Si
les soins médicaux : visites médicales, médicaments, soins infirmiers,
fauteuil roulant, lit médicalisé sont pris en charge à
100 % par la Sécurité sociale, les autres frais inhérents à
la dépendance restent à la charge des familles. Or on est obligé
de faire appel à du personnel pour éviter lépuisement
: garde de nuit, aide pour lentretien de la maison et
du linge (les malades salissent et se salissent beaucoup), pour
les repas (faire à manger et donner à manger), les levers et
couchers, les changes et toilettes La Prestation-spécifique-dépendance
( fiches pratiques) est loin de suffire
aux besoins, estimés entre 15 000 F et 20 000 F par mois selon
les cas. Autre carence : le manque de formation des intervenants.
Les maladresses, quand il ne sagit pas dirrespect,
sont légion. Tel cet infirmier sétonnant que la malade
ne lui dise ni bonjour ni merci, ou cette aide-ménagère insistant
pour que le patient se remémore son intervention de la veille.
Afin de rendre moins lourde la garde à domicile, des accueils
de jour ont été mis en place, le plus souvent à linstigation
des associations de malades et de leurs familles. Malheureusement,
ils sont encore trop peu nombreux (se renseigner auprès de lassociation
France-Alzheimer de chaque département) et le coût de
120 F à 150 F par jour est une fois de plus à la charge
des familles. Par ailleurs, ces accueils de jour sont réservés
aux malades peu ou pas dépendants.Lautre solution du placement
en institution est à réfléchir longtemps à lavance. Les
places sont rares, surtout si on cherche un établissement qui
a fait le choix de se spécialiser dans la maladie dAlzheimer,
tels les Cantalou (à peine 2 000 places sur lensemble
du territoire). Dautres maisons se disent ouvertes à ce
type de patients. Il faut prendre soin daller voir sur
place sil existe des animations adaptées (ateliers mémoire,
de cuisine, de jardinage, de maquillage, de coiffure ),
suffisamment de place pour déambuler, un vrai respect des personnes,
la possibilité de reconstituer dans lappartement ou la
chambre une partie de son univers (photos, tableaux, meubles ).
Enfin il faut prendre soin de se déculpabiliser dune décision
difficile à prendre, et accepter ce placement comme la possibilité
daccompagner encore mieux la personne malade. Ce choix
est également coûteux : de 10 000 F à plus de 15 000 F en moyenne
par mois. Davantage si on envisage la possibilité doffrir
au patient une « dame de compagnie » à raison dune ou
deux heures par jour ou par semaine, sachant quun personnel
détablissement aussi compétent soit-il ne peut se permettre
un travail trop personnalisé auprès du résident.
Un
accompagnement personnalisé
Le
meilleur moyen de retarder lévolution de la maladie est
de conserver au malade certaines de ses activités : aller acheter
son journal tous les jours, faire une partie de Scrabble ou
de dominos, regarder lémission Des chiffres et des lettres,
continuer de stimuler ses facultés sensorielles et intellectuelles.
Cela suppose un accompagnement personnalisé que, même en maison
de retraite, la famille peut continuer dassumer ou de
faire réaliser par du personnel rémunéré pour cela.De la même
manière, les soins corporels sont importants : le toucher conservant
très longtemps sa sensibilité. Massages et exercices physiques
sont vivement conseillés. Le dernier volet, celui de lalimentation,
nest pas à négliger. Lapport dantioxydants
comme les vitamines E et C est important. De même celui de sélénium,
de manganèse et de cuivre. Le fait que les vitamines du groupe
B participent à la synthèse des neurotransmetteurs (sérotonine,
dopamine, noradrénaline et acétylcholine) et dans la transmission
des messages entre les neurones peut expliquer leffet
de certaines dentre elles (B1, B3, B6, B9 et B12) sur
les facultés cognitives chez le sujet âgé.Il reste beaucoup
à découvrir et à faire pour les personnes atteintes de la maladie
dAlzheimer. La tâche devient urgente compte tenu du vieillissement
de la population.