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Février 2000

Environnement

insu… portable !

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Le danger des antennes relais

Au mépris de la santé publique, les antennes relais des portables menacent et polluent notre environnement.

 

 

La vie est-elle encore possible sans portable ? Aucun lieu qui ne résonne de leurs appels insu…portables ! Nous avons dénoncé leurs risques pour la santé (lire ALTERNATIVE SANTÉ - L’Impatient n° 256). Leurs dangers concernent d’abord l’utilisateur. Une fois informé, à lui d’adopter ou non une conduite raisonnable, il en va de sa responsabilité. Mais la nécessité du « toujours-joignable-quels-que-soient-le-lieu-et-l’heure » conduit les sociétés opératrices à installer des antennes relais partout. Le vide juridique total laisse les consommateurs désemparés face aux opérateurs qui usent d’arguments financiers convaincants – sans même parler de la sécurité des installations.Suite à la lettre de la Direction générale de la santé (Lettre DGS/VS3, n° 187), une circulaire de la Direction générale de l’urbanisme, de l’habitat et de la construction (Circulaire UFC/QC/9, n° 99-31 du 15 avril 1999) a été adressée aux préfets de région. Elle alerte « sur les risques potentiels liés à une exposition aux rayonnements électromagnétiques dus à l’installation d’antennes de stations de base de téléphone mobile sur des balcons d’immeubles ».

La lettre de la Direction générale de la santé indiquait qu’une « réflexion est engagée, tant au niveau européen qu’au niveau du Conseil supérieur d’hygiène publique de France, pour fixer des valeurs limites d’exposition dans les zones accessibles au public et interdire le stationnement du public lors du dépassement de ces valeurs ». Mais la Direction de la santé poursuit : « L’adoption de ces dispositions devrait conduire à la remise en cause d’installations non conformes, ou, lorsque les émetteurs sont fixés sur des balcons, à une restriction d’usage totale ou partielle de ces balcons, voire dans certains cas à une condamnation de certaines pièces d’habitation. » Ce qui en dit long sur les inquiétudes que suscitent ces installations.

Champ libre aux opérateurs !

En effet, les antennes dégagent un champ électromagnétique d’une intensité cent fois supérieure à celui des portables. Si l’on craint des nuisances avec ces derniers, comment ne pas s’inquiéter d’une trop grande proximité des premières ! Il est difficile d’apprécier le problème dans toute son ampleur. « Cela tient à trois raisons, explique Roger Santini docteur ès sciences, auteur du livre Téléphones cellulaires. Danger ? (R. Santini. Téléphones cellulaires. Danger ?, éd. Marco Pietteur. 1998. 208 pages.). D’une part la dispersion des hyperfréquences émises par les antennes, dans l’espace et sous l’horizontale, crée autour des antennes relais des zones plus ou moins “riches” en champs électromagnétiques. Le lobe principal dirigé vers l’avant de l’antenne est plus puissant que les lobes secondaires situés en arrière et sur les côtés. D’autre part, l’existence dans l’environnement de structures métalliques (châssis de fenêtres, volets, portes, ferrures de balcons…) peut faire jouer à celles-ci un rôle de ré-émetteurs passifs capables d’amplifier les ondes à hyperfréquences. Enfin, les densités de puissances électromagnétiques émises par les stations-relais dépendent du nombre de communications traitées par la station. Ce qui conduit à des fluctuations de puissance générée dans l’environnement en fonction des moments de la journée, voire des périodes de l’année. »

Aucun texte officiel ne réglemente actuellement en France l’installation de ces antennes, ni ne précise les limites d’exposition des travailleurs et du public. Les opérateurs ont le champ libre pour négocier avec le maire d’une commune, le propriétaire d’un champ ou d’un balcon ou encore un syndic d’immeuble.Les sociétés de téléphonie mobile se livrent une concurrence acharnée, surenchérissent leurs offres. Tout en minimisant, quand elles ne les taisent pas, les risques inhérents aux installations. Côté matériel : interférences avec les prothèses « actives » (appareils auditifs ou piles cardiaques), « neige » sur les écrans de télévision, « brouille » des ordinateurs… Côté santé : maux de tête, fatigue, sommeil perturbé…

La France, enfin, réagit

Les responsables politiques s’interrogent. En Grande-Bretagne, le ministre de l’Éducation s’inquiète du parc de 500 antennes installées sur des écoles anglaises (Sunday Telegraph, 28/7/99). En Ecosse, la ville d’Edimbourg décide d’un moratoire pour les nouvelles installations d’antennes en ville, suivant en cela une initiative prise par la ville de Glasgow (The Scotsman, 3/7/99). En Suisse, le Département fédéral de l’environnement a mis en consultation un projet d’ordonnance sur la protection contre les nouvelles antennes, introduisant la notion de « zone franche », où personne ne devrait séjourner (L’hebdo 22/4/99). Bonne nouvelle pour les citoyens de l’Hexagone, le 29 février 2000, à l’initiative d’André Aschieri et des Verts, se tiendra à l’Assemblée nationale une journée de débats, ouverts au public, sur les dangers des téléphones portables et les ondes électromagnétiques. Il était temps. Nous y serons !

Cécile Baudet

 

 

 

 

 

 

 

 

 
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