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Février 2000

Ostéoporose

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s.o.s. os

 

 

 

La perte osseuse dépend beaucoup de l’hygiène de vie. En dessous d’un certain seuil, il existe des solutions naturelles réellement compensatrices.

L’ostéoporose se caractérise par une fragilisation des os résultant d’une réduction de leur masse et de leur densité . Elle peut survenir à tout âge, chez l’homme ou la femme, mais le risque augmente avec l’âge, notamment chez la femme. Ses principales complications sont les fractures au niveau du bassin et du rachis (colonne vertébrale). L’ostéoporose se diagnostique facilement et « il s’agit, comme la majorité des maladies qui assombrissent le vieillissement, d’une maladie très sensible à la prévention », insiste la professeur Françoise Forette, chef du service de gérontologie de l’hôpital Broca, à Paris.Il existe deux sortes d’ostéoporose. La première affecte neuf femmes pour un homme et peut intervenir après la ménopause. Elle se manifeste vers la soixantaine par des tassements vertébraux (perte de taille) et des fractures du poignet. L’ostéoporose de second type dite « corticale » atteint tous les os avec pour cibles privilégiées la hanche et la colonne vertébrale. Elle est toujours majoritairement féminine mais dans une moindre mesure : deux femmes pour un homme. Elle survient plus tardivement vers 70-75 ans.

Selon les résultats d’une étude finlandaise publiée en novembre 1999, l’ostéoporose est faiblement dépendante de facteurs génétiques mais majoritairement de facteurs environnementaux multiples, principalement d’ordre hygiénodiététiques (alcool, tabac, sédentarité, alimentation, etc.). Les deux principales méthodes pour évaluer la minéralisation osseuse sont l’absorptiométrie (densitométrie par rayons X) et absorptiométrie ultrasonore. La première est la plus utilisée en France. L’appareil mesure la densité minérale osseuse (DMO). Les résultats s’interprètent en fonction de courbes de référence qui tiennent compte de l’âge, du sexe et de l’endroit de la mesure. On pratique habituellement les mesures sur le col fémoral, le rachis lombaire, l’avant-bras et plus rarement le calcanéum (os du talon) ou la totalité du squelette. En France, on compare le résultat de la mesure à une norme qui est celle de la masse osseuse maximale (entre 25 et 30 ans), comme si on devait, à 50 ans, avoir son squelette de 30 ans. Cela favorise une vision pathologique à la différence d’une comparaison faite par rapport à la norme du groupe d’âge auquel on appartient.

La diminution osseuse n’est pas en soi une maladie, mais aussi le signe du temps qui passe. L’ostéodensitométrie à ultrasons, mise au point grâce au travail de deux chercheurs du CNRS, présente l’avantage de ne pas émettre d’ondes nocives et d’être sans danger pour le patient. À partir de la mesure du calcanéum, elle renseigne non seulement sur la densité mais aussi sur la structure de l’os. L’Ubis 5000, ostéodensitomètre à image numérique et ultrasons, est aujourd’hui présent dans certains hôpitaux à Paris (hôpital Cochin, centre des maladies osseuses) mais aussi à Montpellier, Amiens, Pau, Metz, Bordeaux, etc.). Attention, la mesure n’est pas tout. Chez le sujet âgé notamment, les fractures sont davantage le fait des chutes que de l’ostéoporose. Ces chutes sont souvent liées à une trop grande sédentarité, aux troubles de la vue et aux effets secondaires des médicaments dont sont « gavées » les personnes âgées. Maintenir son corps en forme avec des muscles pour bien tenir son squelette, même si ce dernier se fragilise, fait partie intégrante de la prévention de l’ostéoporose.Les traitements actuelsLes traitements bloquent la perte osseuse mais augmentent faiblement la masse. Le traitement hormonal substitutif (THS), malgré les réserves liées à ses risques (lire notre hors-série sur la ménopause), évite de nouveaux tassements vertébraux et réduit le risque de fracture. L’étidronate (Didronel) et l’alendronate (Fosamax) sont les deux bisphosphonates disponibles en France. Ils réduisent le risque de fracture et peuvent augmenter la densité osseuse. Le Fosamax se révèle aussi efficace que le THS, mais provoque parfois des problèmes digestifs. La Calcitonine (hormone thyroïdienne), longtemps prescrite alors que son efficacité n’a jamais été démontrée, vient de perdre son autorisation de mise sur le marché (AMM). Des perspectives thérapeutiques intéressantes sont offertes par les SERM (Selective Estrogen Receptor Modulator), qui apparaissent désormais comme une alternative au THS. En France, une AMM a été accordée pour le raloxifène chez les femmes à risques d’ostéoporose.

Le traitement vitamino-calcique (calcium et vitamine D) est très utile chez les personnes âgées souvent fortement carencées, en particulier celles qui vivent en institution. Cette simple prise permet de réduire de moitié le risque de fracture. Les alternatives« Lorsque la perte mesurée se limite entre 10 et 20 % par rapport au groupe d’âge du sujet, il existe de réelles possibilités naturelles d’amélioration, explique Rina Nissim, naturopathe suisse. En deux ans, j’ai vu des femmes regagner 10 % de masse osseuse. Les traitements classiques : un accompagnement en gymnastique qui tiendra compte des localisations de la déminéralisation, mais aussi les reminéralisants naturels. Au-delà de 30 à 40 % d’écart, le THS devient la bonne indication. Je constate aussi que lorsque l’on se dévalorise on se déminéralise. »Alimentation et exercices physiques sont les bases de la prévention de l’ostéoporose. « Bouger » de deux à trois heures par semaine et garder ainsi l’aisance de ses mouvements. Des chercheurs suisses viennent de montrer que certains végétaux et spécialement les oignons inhibent la résorption osseuse. Les auteurs de cette étude, publiée dans la revue Nature du 23 septembre 1999, estiment que jusqu’alors les tentatives de prévenir l’ostéoporose par l’alimentation avaient donné peu de résultat ; en particulier, le calcium des produits laitiers réduisait faiblement le risque de fracture de la hanche. En plus, les effets sont cumulatifs, d’où l’intérêt d’une salade composée d’oignons, de persil, de laitue, de tomate, de concombre, d’ail et de fenouil. En revanche, l’étude ne montre d’effets reminéralisants ni avec les haricots ni avec les produits d’origine animale, même le lait en poudre. Attention aux protéines animales, fromages et laitages compris, qui acidifient l’organisme et facilitent la fuite rénale des minéraux.L’ostéoporose est brandie comme une menace par le corps médical. Il ne s’agit nullement de nier les problèmes qui y sont liés. Mais le discours alarmiste ne vise ni à informer ni à prévenir. Il sert la promotion d’un traitement, le THS, qui peut rapporter gros aux laboratoires pharmaceutiques et aux médecins, ce qui n’est pas le cas de l’oignon et de la marche à pied !

Martine Laganier

(1) Le pollen : une cuillère à café à chaque repas, la prêle en suspension de plantes fraîches (une mesure deux fois par jour dans un peu d’eau) mais aussi les gélules, l’ortie en suspension de plantes fraîches (une mesure deux fois par jour), l’alfalfa (deux gélules deux fois par jour).

Quelques produits à acheter dans le commerce : les sels calcaires nutritifs de Weleda, le Tricatione (renseignements : 02 97 88 15 88).

 

 

 

 

 

 

 
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