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Affection
du système nerveux central dont la cause reste inconnue, la maladie
de Parkinson concerne environ 100 000 personnes en France, soit
1 % de la population après 50 ans.
Même
si, depuis peu, les siens ont remarqué chez lui un ralentissement
des mouvements et une moindre amplitude du geste, Robert, la
cinquantaine, se réjouit de sa prochaine retraite. Le phénomène
samplifiant et devenant gênant, il décide de consulter.
Lannonce dun début de maladie de Parkinson lui fait
leffet dune bombe. Lun de ses amis en a été
victime et il sait ce quelle a dinvalidant.La maladie
apparaît insidieusement, comme chez Robert. Ou se traduit par
des tremblements qui gênent en premier lieu lécriture
: celle-ci devient tombante, les caractères diminuent pour finir
en pattes de mouche.
Chez dautres, cest une certaine rigidité dans la
posture ou la marche.Les troubles sont dus à la lésion dune
petite région du cerveau, appelée substance noire, qui ne représente
que le cent millième de lensemble des neurones (cellules
nerveuses) du cerveau. Mais cette région sécrète une substance
: la dopamine, un neuro-transmetteur indispensable aux fonctions
motrices. Au fur et à mesure de lévolution de la maladie,
les mouvements qui exigent de la coordination deviennent difficiles
à effectuer : shabiller, sessuyer les pieds sur
un paillasson, manger, et même parler. En même temps se développe
une hypertonicité, cause de raideur, qui aggrave les difficultés.La
maladie survient le plus souvent vers la cinquantaine (dans
5 à 10 % des cas elle débute plus tôt) et touche un peu plus
fréquemment les hommes que les femmes. En règle générale elle
évolue sur une vingtaine dannées. Il sagit dune
affection encore incurable. À des stades avancés, il peut y
avoir des signes de confusion et de démence, mais la majorité
des parkinsoniens gardent leurs facultés intellectuelles intactes
tout étant confrontés à des incapacités croissantes. Ce qui
contribue à leur isolement social et à des périodes dépressives.
Son
origine reste indéterminée. Il existe des formes familiales
mais peu fréquentes, représentant 10 % de lensemble des
cas. Compte tenu de lincidence triple ou quadruple de
cette affection dans les populations rurales, une étude australienne
parue en 1998 suggère une possible surexposition aux pesticides.
Dautres chercheurs sinterrogent sur le fait que
tous les neurones qui fabriquent de la dopamine ne dégénèrent
pas. Seuls ceux qui sont particulièrement sensibles aux radicaux
libres et au stress oxydatif sont détruits. Les protéger contre
laccumulation des radicaux pourrait prévenir la destruction
progressive de la substance noire.Les signes cliniques de la
maladie apparaissent lorsque la concentration en dopamine a
diminué de 70 à 80 % par rapport à la normale. Doù lidée
daméliorer ce taux en administrant la L-dopa, un précurseur
du neurotransmetteur (médiateur chimique qui permet le passage
de linflux nerveux dun neurone à lautre).
Ce
traitement est la thérapie la plus courante (on parle de « lévothérapie
»). Mais elle présente un certain nombre deffets indésirables
selon la dose utilisée : mouvements involontaires anormaux,
violents et très douloureux. Son intérêt correcteur initial
sépuise au bout de quelques années. Son action est fluctuante,
on parle de période « on-off », cest-à-dire des moments
damélioration et des phases de rigidité totale. « Je me
bloque en quelques secondes, explique Michelle, traitée par
L-dopa depuis plusieurs années. Mes pieds restent collés au
sol. Je me transforme en statue. Je ne peux alors plus rien
faire, et ces crises peuvent durer plusieurs heures. »Divers
produits destinés à augmenter les concentrations de dopamine
dans le cerveau tout en limitant les effets indésirables de
la L-dopa sont fréquemment prescrits. Par exemple, la bromocriptine,
le lisuride, le ropinirole et lentacapone. Lhistoire
du tolcapone (Tasmar®) devrait inciter à la prudence quant aux
nouveautés annoncées comme très intéressantes. Commercialisé
en France, le 17 septembre 1998, le Tasmar® était retiré du
marché le 17 novembre suivant, suite à trois cas dhépatites
fulminantes ayant provoqué la mort. Même crainte du côté du
dernier né de la série : lentacapone (Comtan®).
Dans
son numéro de juillet-août 1999, la revue Prescrire nexclut
pas le risque de survenue deffets indésirables rares mais
graves (hépatites notamment). Vendue quatre fois plus cher que
la bromocriptine, lentacapone napporte pas, selon
Prescrire, de bénéfice supplémentaire aux patients.Ces exemples
montrent leffort entrepris pour vaincre la maladie de
Parkinson. Mais le peu de recul en la matière. Il en est de
même pour les traitements non médicamenteux : la chirurgie,
qui nest plus guère utilisée, et les deux grandes nouveautés,
la thérapie cellulaire et les stimulations neuronales. La première
en est encore au stade expérimental. Elle consiste soit à greffer
des neurones provenant de ftus humains avortés de 6 à
7 semaines (seulement une quinzaine de patients ont à lheure
actuelle été traités) ou des cellules modifiées pour produire
de la dopamine, soit encore à utiliser des cellules de cerveau
de porc. La seconde méthode (de stimulations) consiste à exciter
des zones du cerveau en y implantant des électrodes reliées
à une pile fixée sur le torse de la personne. Ce procédé expérimenté
à Grenoble nécessite une dizaine dheures dintervention
chirurgicale, coûte cher (50 000 francs pour traiter un seul
hémisphère) et nest pas remboursé par la Sécurité sociale.Le
problème financier est lune des difficultés majeures de
la maladie de Parkinson. Son coût est estimé à 31 000 francs
par an et par patient. Auquel il faut ajouter le coût social
: aide à domicile, perte de productivité, temps passé pour se
soigner, aménagement du lieu de vie, allocation compensatrice,
qui salourdit au fil des années.Cest au niveau de
la prise en charge que les efforts doivent être accentués.