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Mars 2000

NUCLÉAIRE

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NUCLEAIRE
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bvert1.gif (123 octets) Mode d'emploi
bvert1.gif (123 octets) Déchets non nucléaires
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ALIMENTATION
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Insuffisance Veineuse
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bvert1.gif (301 octets)  4 pompes
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bvert1.gif (123 octets) La varice
bvert1.gif (123 octets) Les hemorroïdes
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bvert1.gif (123 octets) Guide des plantes
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bvert1.gif (123 octets) Sclérose et chirurgie
 

 

 

 

Bientôt la radioactivité à domicile

Le réseau Sortir du nucléaire lance une campagne nationale contre le recyclage des déchets radioactifs, intitulée : Pas de radioactivité dans nos casseroles.

 

 

Faudra-il s’équiper d’un compteur Geiger pour aller faire ses courses ? Telle est la question pertinente que se posent toutes les associations rassemblées dans le réseau Sortir du nucléaire (Réseau Sortir du nucléaire (fédération de 487 associations) 9, rue Dumenge 69004 Lyon. Tél. : 04 78 28 29 22 www.sortirdunucléaire.org   On peut aussi se procurer la brochure Par ici… la sortie du nucléaire, pour 30 F ( port compris) et son partenaire scientifique la CRII-RAD (La CRII-RAD, Commission de recherche et d’information sur la radioactivité, est un organisme indépendant des politiques et des industriels. 471 av. Victor-Hugo, immeuble Le Cime, 26000 Valence. Tél. : 04 75 41 82 50. ). En effet, avant le 13 mai 2000 la nouvelle directive européenne autorisant le recyclage des déchets radioactifs dits de « très faible activité » doit être adoptée dans tous les pays de l’Union européenne. Si rien n’est fait pour s’opposer à cette directive, la radioactivité de notre environnement risque d’augmenter sans même que nous le sachions !

Il n’existe pas d’exposition sans risque

En 1990, le CIPR (Commission internationale de protection radiologique) avait publié de nouvelles recommandations à propos de la radioactivité. Le texte reconnaissait que l’effet des rayonnements radioactifs sur les humains avait été sous-évalué et qu’il importait de revoir les seuils précédents (1977) à la baisse : de 5 millisievert par an (le sievert est l’unité de mesure internationale de la dose d’un rayonnement ionisant) à 1 sievert par an pour le public ; de 50 millisievert à 20 par an pour les travailleurs. Par ailleurs, ce texte insistait sur le fait qu’il n’existe pas d’exposition sans risque. Au-delà de la limite, le risque est inacceptable, en dessous il n’est que tolérable. Il ne faut pas se contenter de respecter des limites, mais chercher à diminuer au maximum les expositions. Or la France n’a jusqu’alors jamais tenu compte des recommandations de 1990 et applique des seuils de nocivité qui datent de 1977 ! « En France, la culture dominante en matière de radioactivité est de nier le risque des faibles expositions, explique Roland Desbordes, président de la CRII-RAD. Le point positif, c’est que la France appliquera enfin les seuils de la directive européenne. Mais ceux-ci restent encore trop élevés. Si la directive demeure en l’état, c’est le seuil de l’irresponsabilité qui sera dépassé. Et ce, dès l’instant où l’on aura décidé qu’un déchet n’est pas radioactif parce qu’en dessous du seuil, il sera dispersé dans la nature comme n’importe quel produit. C’est l’intérêt économique des industriels. La gestion d’une tonne de déchets faiblement radioactifs coûte 15 000 F. Dans le Limousin, par exemple, il y en a 44 000 tonnes à traiter. La pression économique est forte et peut pousser à prendre de mauvaises décisions. »Selon le réseau Sortir du nucléaire et la CRII-RAD, trois points de la future directive sont à suivre très attentivement :

L’ajout de radioactivité dans des biens de consommation ;
L’exemption de tout contrôle pour certaines installations à risques ;
Le recyclage des déchets issus du démantèlement des installations nucléaires.

Les buts de la campagne : refuser l’autorisation déguisée de l’introduction de substances radioactives dans les produits à usage domestique

Récemment, la CRII-RAD a démontré que la Cogema vendait de l’uranium appauvri, substance très radiotoxique, pour la fabrication de certains émaux que l’on peut retrouver, entre autres, dans des céramiques ou des carrelages. Artisans et particuliers peuvent donc sans le savoir être exposés à des rayonnements peut-être légèrement radioactifs : un carrelage de cuisine par exemple. Cela est interdit, la loi condamne l’ajout délibéré de substance radioactive dans les produits à usage domestique. Et il est encore possible de poursuivre en justice tout contrevenant. Si la nouvelle directive est adoptée en mai 2000, cette interdiction sera levée et remplacée par un régime d’autorisation pour l’ensemble des biens de consommation. Ainsi, sous réserve d’obtenir l’autorisation de l’administration compétente, n’importe quelle entreprise pourra introduire des substances radioactives dans des produits que les consommateurs pourront retrouver sur les rayonnages des supermarchés. Aucune obligation ne sera faite au niveau de l’étiquetage car les industriels savent bien que la radioactivité fait peur aux consommateurs. « Il faut obtenir le maintien de l’interdiction pour tous les biens de consommation car, une fois introduites dans le domaine public, les substances radioactives ne sont plus récupérables, explique la CRII-RAD, la dissémination est irréversible et il n’est plus possible de maîtriser l’exposition des personnes, à moins que chacun se déplace avec un compteur Geiger! »

Réclamer l’identification précise des installations fabriquant, traitant, stockant et utilisant des produits radioactifs, et la mise en place d’experts indépendants

« Les entreprises les plus dangereuses, explique le réseau Sortir du nucléaire, sont contrôlées et soumises aux règles de radioprotection ; pour d’autres, celles qui utilisent de faibles quantités de produits radioactifs, une déclaration suffit. De plus, certaines entreprises peuvent êtres carrément exemptées de déclaration et cette exemption s’obtient à partir de seuils que nous contestons. Il est inadmissible que ni les travailleurs ni les riverains ne soient informés des dangers et des risques des faibles expositions à long terme. Autre problème : celui du choix des experts. En France, l’Institut de protection et de sûreté nucléaire (IPSN) participe à la décision des seuils alors même qu’il est prestataire de service pour EDF et n’a donc pas intérêt à durcir les contraintes. » À juste titre la CRI-RAD et le réseau Sortir du nucléaire considèrent qu’un tel organisme est juge et partie et n’a pas à intervenir dans des décisions aussi importantes pour la santé. Désormais, seule la mobilisation peut empêcher l’adoption de cette directive. La campagne se déroulera jusqu’à fin juin 2000 car, précisent les associations impliquées, il est probable qu’il y aura des retards…

Martine Laganier en collaboration avec le réseau Sortir du nucléaire

 

 

 

 

 

 
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