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aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
Le
réseau Sortir du nucléaire lance une campagne nationale contre
le recyclage des déchets radioactifs, intitulée : Pas de radioactivité
dans nos casseroles.
Faudra-il
séquiper dun compteur Geiger pour aller faire ses
courses ? Telle est la question pertinente que se posent toutes
les associations rassemblées dans le réseau Sortir du nucléaire
(Réseau Sortir du nucléaire (fédération de 487 associations)
9, rue Dumenge 69004 Lyon. Tél. : 04 78 28 29 22 www.sortirdunucléaire.org
On peut aussi se procurer la brochure Par ici la
sortie du nucléaire, pour 30 F ( port compris) et son
partenaire scientifique la CRII-RAD (La CRII-RAD, Commission
de recherche et dinformation sur la radioactivité, est
un organisme indépendant des politiques et des industriels.
471 av. Victor-Hugo, immeuble Le Cime, 26000 Valence. Tél. :
04 75 41 82 50. ). En effet, avant le 13 mai 2000 la
nouvelle directive européenne autorisant le recyclage des déchets
radioactifs dits de « très faible activité » doit être adoptée
dans tous les pays de lUnion européenne. Si rien nest
fait pour sopposer à cette directive, la radioactivité
de notre environnement risque daugmenter sans même que
nous le sachions !
Il
nexiste pas dexposition sans risque
En 1990,
le CIPR (Commission internationale de protection radiologique)
avait publié de nouvelles recommandations à propos de la radioactivité.
Le texte reconnaissait que leffet des rayonnements radioactifs
sur les humains avait été sous-évalué et quil importait
de revoir les seuils précédents (1977) à la baisse : de 5 millisievert
par an (le sievert est lunité de mesure internationale
de la dose dun rayonnement ionisant) à 1 sievert par an
pour le public ; de 50 millisievert à 20 par an pour les travailleurs.
Par ailleurs, ce texte insistait sur le fait quil nexiste
pas dexposition sans risque. Au-delà de la limite, le
risque est inacceptable, en dessous il nest que tolérable.
Il ne faut pas se contenter de respecter des limites, mais chercher
à diminuer au maximum les expositions. Or la France na
jusqualors jamais tenu compte des recommandations de 1990
et applique des seuils de nocivité qui datent de 1977 ! « En
France, la culture dominante en matière de radioactivité est
de nier le risque des faibles expositions, explique Roland Desbordes,
président de la CRII-RAD. Le point positif, cest que la
France appliquera enfin les seuils de la directive européenne.
Mais ceux-ci restent encore trop élevés. Si la directive demeure
en létat, cest le seuil de lirresponsabilité
qui sera dépassé. Et ce, dès linstant où lon aura
décidé quun déchet nest pas radioactif parce quen
dessous du seuil, il sera dispersé dans la nature comme nimporte
quel produit. Cest lintérêt économique des industriels.
La gestion dune tonne de déchets faiblement radioactifs
coûte 15 000 F. Dans le Limousin, par exemple, il y en a 44
000 tonnes à traiter. La pression économique est forte et peut
pousser à prendre de mauvaises décisions. »Selon le réseau Sortir
du nucléaire et la CRII-RAD, trois points de la future directive
sont à suivre très attentivement :
Lajout de radioactivité dans des biens de consommation
;
Lexemption de tout contrôle pour certaines installations
à risques ;
Le recyclage des déchets issus du démantèlement des installations
nucléaires.
Les
buts de la campagne : refuser lautorisation déguisée de
lintroduction de substances radioactives dans les produits
à usage domestique
Récemment,
la CRII-RAD a démontré que la Cogema vendait de luranium
appauvri, substance très radiotoxique, pour la fabrication de
certains émaux que lon peut retrouver, entre autres, dans
des céramiques ou des carrelages. Artisans et particuliers peuvent
donc sans le savoir être exposés à des rayonnements peut-être
légèrement radioactifs : un carrelage de cuisine par exemple.
Cela est interdit, la loi condamne lajout délibéré de
substance radioactive dans les produits à usage domestique.
Et il est encore possible de poursuivre en justice tout contrevenant.
Si la nouvelle directive est adoptée en mai 2000, cette interdiction
sera levée et remplacée par un régime dautorisation pour
lensemble des biens de consommation. Ainsi, sous réserve
dobtenir lautorisation de ladministration
compétente, nimporte quelle entreprise pourra introduire
des substances radioactives dans des produits que les consommateurs
pourront retrouver sur les rayonnages des supermarchés. Aucune
obligation ne sera faite au niveau de létiquetage car
les industriels savent bien que la radioactivité fait peur aux
consommateurs. « Il faut obtenir le maintien de linterdiction
pour tous les biens de consommation car, une fois introduites
dans le domaine public, les substances radioactives ne sont
plus récupérables, explique la CRII-RAD, la dissémination est
irréversible et il nest plus possible de maîtriser lexposition
des personnes, à moins que chacun se déplace avec un compteur
Geiger! »
Réclamer
lidentification précise des installations fabriquant,
traitant, stockant et utilisant des produits radioactifs, et
la mise en place dexperts indépendants
«
Les entreprises les plus dangereuses, explique le réseau Sortir
du nucléaire, sont contrôlées et soumises aux règles de radioprotection
; pour dautres, celles qui utilisent de faibles quantités
de produits radioactifs, une déclaration suffit. De plus, certaines
entreprises peuvent êtres carrément exemptées de déclaration
et cette exemption sobtient à partir de seuils que nous
contestons. Il est inadmissible que ni les travailleurs ni les
riverains ne soient informés des dangers et des risques des
faibles expositions à long terme. Autre problème : celui du
choix des experts. En France, lInstitut de protection
et de sûreté nucléaire (IPSN) participe à la décision des seuils
alors même quil est prestataire de service pour EDF et
na donc pas intérêt à durcir les contraintes. » À juste
titre la CRI-RAD et le réseau Sortir du nucléaire considèrent
quun tel organisme est juge et partie et na pas
à intervenir dans des décisions aussi importantes pour la santé.
Désormais, seule la mobilisation peut empêcher ladoption
de cette directive. La campagne se déroulera jusquà fin
juin 2000 car, précisent les associations impliquées, il est
probable quil y aura des retards
Martine
Laganier en collaboration avec le réseau Sortir du nucléaire