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Avril 2000

Obésité

DES MAUX DE POIDS

 

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 Société
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On constate en France, comme dans tous les autres pays industrialisés, une augmentation du nombre d’obèses. Une tendance qui touche de plus en plus les enfants.

 

 

L’obésité est un excès de masse grasse préjudiciable à la santé. Elle se mesure en calculant l’Indice de masse corporelle (IMC), et en prenant l’épaisseur du pli cutané. On considère comme obèses les personnes qui ont une IMC supérieure à 30 (lire encadré page 36). Plus l’IMC s’écarte de cette limite, plus les risques pour la santé augmentent.Aux États-Unis, l’obésité atteint 19,7 % des hommes et 24,7 % des femmes entre 20 et 74 ans. Plus près de nous, en Angletterre, la fréquence de l’obésité a plus que doublé entre 1986 et 1997, atteignant successivement 7 % puis 17 % des hommes, 12 % puis 20 % des femmes. La France n’est pas en reste. Elle compte 8 % d’obèses, avec des différences notables selon les régions : dans le Nord et l’Est près de 20 % des adultes sont entrés dans la spirale du surpoids. Et, la progression de l’obésité chez l’enfant suit dans l’Hexagone une progression inquiétante. Au cours des quinze dernières années, sa fréquence est passée de 3,6 % à 10,78 % chez les garçons et de 6,4 % à 14,8 % chez les filles.

On le sait désormais : l’obésité retentit nettement sur l’espérance de vie, en multipliant considérablement le risque de diabète, d’hypertension artérielle, de problèmes de cholestérol et de triglycérides, d’insuffisance respiratoire, d’apnées du sommeil (interruptions momentanées de la respiration dès que le sommeil devient profond) et de calculs dans la vésicule. L’obésité altère profondément la qualité de vie. Elle provoque des problèmes articulaires : le surpoids pèse sur les articulations des hanches et des genoux, ce qui réduit la mobilité. Elle génère un phénomène d’exclusion : les « gros » sont souvent la risée du groupe. L’obésité a un coût en termes de dépenses de santé : en France, il est estimé, sans tenir compte des complications qui lui sont liées, à 11,9 milliards, soit 2 % du budget de la santé.

Facteurs génétiques et environnementaux

Les facteurs génétiques expliqueraient 10 à 40 % des cas d’obésité. L’environnement familial joue également un rôle. C’est lui qui éduque au goût des aliments, qui éveille l’intérêt pour les activités sportives. C’est lui aussi qui inculque des habitudes alimentaires d’abondance (surtout en graisses et en sucres) ou de frugalité, de rythme des repas ; qui encourage le grignotage, le « plateau devant la télé », etc.Les cas d’obésité surviennent de plus en plus fréquemment chez des enfants qui n’appartiennent pas à des familles d’obèses. Parmi les facteurs invoqués pour expliquer cette évolution, les spécialistes notent une diminution de l’activité physique. Les enfants courent moins : ils préfèrent la tiédeur confortable du salon devant l’écran de télévision ou la console de jeux. La limitation de l’espace urbain et le développement de l’insécurité favorisant le phénomène. Il a été démontré que le choix de jeux et de loisirs sédentaires engendre une diminution moyenne de la dépense d’énergie sur 24 heures de 16 à 25 % chez les filles et les garçons. Une autre étude, réalisée au Danemark donne à réfléchir : elle a concerné l’évaluation des facteurs de stress propres à l’enfant. Ainsi un enfant qui, à 10 ans, s’est senti négligé par sa famille, verra à 20 ans son risque d’obésité multiplié par 12 ! L’échec scolaire, de même, multiplie le risque par 7… Les difficultés à perdre du poids sont telles qu’il vaut mieux éviter d’en prendre. Que faire quand le surpoids est là ? Surtout éviter les régimes dits amaigrissants qui promettent un résultat en quelques jours. Tous conduisent à terme à une reprise de poids plus importante. Mais consulter des spécialistes : obésologues, nutritionnistes qui auront à cœur de prendre le problème dans sa globalité physique et psychologique.Au stade de l’enfance, il est possible (et toujours préférable) de « corriger le tir » : réorienter les goûts alimentaires de l’enfant, renoncer au grignotage, etc. Voire de l’accompagner dans des exercices physiques. Et conclut le Dr J. M. Lecerf, nutritionniste à Lille : « Il est essentiel de ne pas induire des troubles du comportement alimentaire et des troubles psychiques par une restriction excessive, des listes d’interdits, des aliments “autorisés” puisés exclusivement dans ceux que l’enfant n’aime pas, ou des recommandations figées et obsessionnelles. »

Cécile Baudet

À lire: Questions de poids dans la revue La Santé de l’homme, n° 340, mars 1999, édité par le CFES, Comité français d’éducation à la santé, 2, rue Auguste-Comte, BP 1, 92174 Vanves Cedex.

 

 

 

 

 

 

 

 
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