Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
On
constate en France, comme dans tous les autres pays industrialisés,
une augmentation du nombre dobèses. Une tendance qui touche
de plus en plus les enfants.
Lobésité
est un excès de masse grasse préjudiciable à la santé. Elle
se mesure en calculant lIndice de masse corporelle (IMC),
et en prenant lépaisseur du pli cutané. On considère comme
obèses les personnes qui ont une IMC supérieure à 30 (lire encadré
page 36). Plus lIMC sécarte de cette limite, plus
les risques pour la santé augmentent.Aux États-Unis, lobésité
atteint 19,7 % des hommes et 24,7 % des femmes entre 20 et 74
ans. Plus près de nous, en Angletterre, la fréquence de lobésité
a plus que doublé entre 1986 et 1997, atteignant successivement
7 % puis 17 % des hommes, 12 % puis 20 % des femmes. La France
nest pas en reste. Elle compte 8 % dobèses, avec
des différences notables selon les régions : dans le Nord et
lEst près de 20 % des adultes sont entrés dans la spirale
du surpoids. Et, la progression de lobésité chez lenfant
suit dans lHexagone une progression inquiétante. Au cours
des quinze dernières années, sa fréquence est passée de 3,6
% à 10,78 % chez les garçons et de 6,4 % à 14,8 % chez les filles.
On le sait
désormais : lobésité retentit nettement sur lespérance
de vie, en multipliant considérablement le risque de diabète,
dhypertension artérielle, de problèmes de cholestérol
et de triglycérides, dinsuffisance respiratoire, dapnées
du sommeil (interruptions momentanées de la respiration dès
que le sommeil devient profond) et de calculs dans la vésicule.
Lobésité altère profondément la qualité de vie. Elle provoque
des problèmes articulaires : le surpoids pèse sur les articulations
des hanches et des genoux, ce qui réduit la mobilité. Elle génère
un phénomène dexclusion : les « gros » sont souvent la
risée du groupe. Lobésité a un coût en termes de dépenses
de santé : en France, il est estimé, sans tenir compte des complications
qui lui sont liées, à 11,9 milliards, soit 2 % du budget de
la santé.
Facteurs
génétiques et environnementaux
Les facteurs
génétiques expliqueraient 10 à 40 % des cas dobésité.
Lenvironnement familial joue également un rôle. Cest
lui qui éduque au goût des aliments, qui éveille lintérêt
pour les activités sportives. Cest lui aussi qui inculque
des habitudes alimentaires dabondance (surtout en graisses
et en sucres) ou de frugalité, de rythme des repas ; qui encourage
le grignotage, le « plateau devant la télé », etc.Les cas dobésité
surviennent de plus en plus fréquemment chez des enfants qui
nappartiennent pas à des familles dobèses. Parmi
les facteurs invoqués pour expliquer cette évolution, les spécialistes
notent une diminution de lactivité physique. Les enfants
courent moins : ils préfèrent la tiédeur confortable du salon
devant lécran de télévision ou la console de jeux. La
limitation de lespace urbain et le développement de linsécurité
favorisant le phénomène. Il a été démontré que le choix de jeux
et de loisirs sédentaires engendre une diminution moyenne de
la dépense dénergie sur 24 heures de 16 à 25 % chez les
filles et les garçons. Une autre étude, réalisée au Danemark
donne à réfléchir : elle a concerné lévaluation des facteurs
de stress propres à lenfant. Ainsi un enfant qui, à 10
ans, sest senti négligé par sa famille, verra à 20 ans
son risque dobésité multiplié par 12 ! Léchec scolaire,
de même, multiplie le risque par 7 Les difficultés à perdre
du poids sont telles quil vaut mieux éviter den
prendre. Que faire quand le surpoids est là ? Surtout éviter
les régimes dits amaigrissants qui promettent un résultat en
quelques jours. Tous conduisent à terme à une reprise de poids
plus importante. Mais consulter des spécialistes : obésologues,
nutritionnistes qui auront à cur de prendre le problème
dans sa globalité physique et psychologique.Au stade de lenfance,
il est possible (et toujours préférable) de « corriger le tir
» : réorienter les goûts alimentaires de lenfant, renoncer
au grignotage, etc. Voire de laccompagner dans des exercices
physiques. Et conclut le Dr J. M. Lecerf, nutritionniste à Lille
: « Il est essentiel de ne pas induire des troubles du comportement
alimentaire et des troubles psychiques par une restriction excessive,
des listes dinterdits, des aliments autorisés
puisés exclusivement dans ceux que lenfant naime
pas, ou des recommandations figées et obsessionnelles. »
Cécile Baudet
À lire:
Questions de poids dans la revue La Santé de lhomme, n°
340, mars 1999, édité par le CFES, Comité français déducation
à la santé, 2, rue Auguste-Comte, BP 1, 92174 Vanves Cedex.