Après
des nuits sans sommeil. Après
des mois de cavalcades au-dessus
de la tête. Après des
semaines de rap imposé après
dîner. D’accord. Il est inconvenant,
démodé, rabat-joie, vieux jeu
de vouloir un peu de calme. Mais, docteur,
je n’en peux plus.« Déménagez », conseille d’emblée
le
D r Patrick Feldhandler, médecin généraliste
à Paris. « Allez voir le maire,
le préfet, portez plainte », renchérit
le Dr Alain Muzet, du Centre d’études
de physiologie appliquée (Cepa)
à Strasbourg (Au Centre national de la recherche
scientifique (CNRS). Alain
Muzet est aussi l’auteur
d’un ouvrage, Le Bruit , Dominos
Flammarion 1999.). « Offrez des charentaises
au voisin, écrivez une lettre
ouverte à tout l’immeuble, suggère
le D r Elisabeth Maurel - Arrighi, médecin
psychosomatique, à
Paris. Ne restez pas dans l’affrontement interpersonnel. »
Entre-prendre des
démarches détend déjà l’humeur
d’un cran.
Oui,
mais encore ? La nuit, la matinée, la
soirée à venir s’annoncent aussi
dures que les précédentes. Les boules
Quiès ? « Une mère a besoin d’entendre
si son enfant crie», balaie Alain
Muzet. Lexomil, somnifères, anxiolytiques
? Les médecins consultés avancent
la réponse médicamenteuse du
bout des lèvres. « Le somnifère
n’empêche pas le corps de
pâtir de l’agression – au niveau cardiovasculaire,
notamment », souligne
Alain Muzet.
«
Le bruit est une effraction, analyse le
Dr Maurel. Il faut se refaire une membrane,
en organisant son boucan à
soi : mettre une musique qu’on aime face
au marteau-piqueur, ça aide. Comme
un enfant empoigne son nounours.
» Sophrologue,
Christiane Peroni rejoint cette
approche, qu’elle perfectionne : «
Tout le monde peut apprendre à se couper
du bruit.» Elle enseigne à ses patients
comment se mettre en retrait du
monde pour se soustraire à ses agressions
(Christiane Peroni exerce notamment
au Centre Santé, espace Pirandello,
12, rue de Pirandello, 75013
Paris. La séance
de groupe coûte 40 francs. Somnifère ou sophrologie ? Petit
florilège). « Mes débutants ont du mal avec
la moindre porte qu’on referme. Les
anciens ne l’entendent pas – ils ne l’écoutent
pas : ce bruit fait partie d’un décor
qui ne les concerne pas.» Autrement dit,
la fonction d’alerte du bruit est
désamorcée. Les « anciens » méritent ce
label après cinq ou six séances de
travail en groupe ou seul, sur la respiration et
sur les tensions et relâchements du
corps. « Ce travail se fait debout
ou assis – de telle façon que, sorti
de chez moi, chacun puisse y recourir
en toute circonstance ! »
Quelque
adresses de sophrologues...