Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
Les
associations de lutte contre le bruit, non suspectes de partialité,
sont unanimes : le bricolage en matière d’isolation peut coûter
cher et pour un effet nul. Mieux vaut s’adresser directement
aux professionnels. Le diagnostic d’un acousticien coûte de
3 000 à 4 000 F – il faut faire jouer la concurrence – , mais
il permet d’évaluer précisément d’où vient le bruit (pas toujours
d’où l’on croit) et comment le corriger. Ce diagnostic peut
être subventionné dans certains cas : s’adresser à l’Agence
nationale de l’amélioration de l’habitat (Anah). L’acousticien
estimera peut-être aussi qu’il n'y a rien à faire, sinon déménager.
Lorsque des travaux sont envisagés, il faut choisir une entreprise
qualifiée Qualibat (7151, 7152 ou 7153), avec le discernement
recommandé par le Syndicat national de l’isolation. L’avantage
est aussi que ces travaux bénéficient d’une garantie.
Renseignements : Anah, 9, bd des Capucines et 17, rue de la
Paix, 75002 Paris. Tél. : 01 43 12 44 00 pour l’aspect technique
et dans chaque direction départementale de l’équipement (DDE)
pour les subventions. Syndicat national de l’isolation : 10,
rue du Débarcadère, 75852 Paris cedex 17. Tél. : 01 40 55
13 70.
Centre de documentation et d’information sur le bruit, 12-14,
rue Jules-Bourdais, 75017 Paris. Tél. 01 47 64 64 64.
À
vos fenêtres !
Là
où passe l’air passe le bruit. Une bonne étanchéité des fenêtres
est donc indispensable. Trois solutions s’offrent à vous,
à choisir en fonction de l’intensité du trafic extérieur et
de votre budget.
1• La pose de joints de calfeutrement. Gain : 5 dB. Il existe
plusieurs types de joints : en mousse, ils sont peu efficaces
sur le plan acoustique ; en résine, ils sont faciles à poser
et plus durables ; à lèvre métallique ou polymère, ils sont
durables mais exigent une pose professionnelle.
2• Un vitrage très épais (au moins 8 mm). Gain espéré : 30
dB d’isolement. Inconvénient : ces vitrages sont très lourds.
Il faut donc, avant la pose, vérifier la solidité des fenêtres.
3• Installer un double vitrage, la meilleure des solutions.
Dans ce cas, il faut choisir entre le remplacement de la fenêtre
(appelé « rénovation » dans le jargon professionnel) ou le
remplacement de l’ensemble de la fenêtre, dormant compris,
c’est-à-dire la partie fixe (il s’agit alors de « dépose totale
»). Ce deuxième choix est la solution la plus efficace. Gain
: 40 dB contre 35 pour la « rénovation ». Dans les deux cas,
le double vitrage recommandé est asymétrique : 10-6-4. Soit
10 mm pour l’épaisseur du vitrage extérieur, 4 pour le vitrage
intérieur et 6 mm entre les deux pour une lame d’air déshydratée.
Attention : l’isolement
obtenu dépend fortement de la qualité de la pose. On veillera
donc à ce qu’elle soit faite par des professionnels. Certaines
entreprises délivrent du matériel de très bonne qualité mais
sous-traitent la pose à des gens peu qualifiés. À vérifier
avant de signer le devis.
Les aides financières
Les
propriétaires peuvent bénéficier d’une prime à l’amélioration
de l’habitat, sollicitée auprès de la Direction départementale
de l’équipement. Les locataires se rapprocheront de l’Agence
nationale d’amélioration de l’habitat (Anah, 9, bd des Capucines,
75002 Paris. Tél. :01 43 12 44 00.(2) Ademe, 27, rue Louis-Vicat,
75737 Paris cedex 15. Tél. : 01 47 65 20 00.) pour obtenir,
le cas échéant, une subvention. Les riverains des aéroports
d’Orly et de Roissy s’adresseront à la délégation régionale
de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie
(2). Et, depuis le 15 septembre 1999, le taux de TVA sur ce
type de travaux est passé de 20,6 % à 5,5 %.
Le
voisinage
Un
collier anti-aboiement
Neuf millions de chiens en France. Un aboiement atteint jusqu’à
un niveau sonore de 119 dB. Après enquête dans 200 grandes
villes, le Conseil national du bruit constate que 30 % des
plaintes relatives aux bruits de voisinage concernent les
aboiements. À défaut
d’offrir à leur bête un terrain de jeu à sa mesure, les maîtres
peuvent l’équiper d'un collier anti-aboiement indolore. Le
principe est celui du réflexe de Pavlov. Dès que le chien
aboie, le petit micro inclus dans le collier libère un jet
de citronnelle, une odeur que cet animal déteste (Aboistop,
fabriqué par Dynavet à Clermont-Ferrand).
Exposition permanente «Les sons», secteur Explora, 1er étage
de la Cité des sciences à la Villette, Paris XIXe.
Les portables
Plus de 12 millions de téléphones mobiles en 2000, un Français
actif sur deux équipé d’ici à 2002 (Chiffres cités par la
société Boulanger). Et l’engin de sonner en tout lieu, transformant
l’espace public en un immense bureau. La société Boulanger,
qui vend de l’électroménager, du matériel hifi – et des téléphones
–, a lancé en 1999 une drôle de campagne auprès des restaurants,
cinémas et théâtres. Elle leur propose en effet un autocollant,
à afficher en bonne place, représentant une soubrette d’opérette
se croisant les bras, sous l’injonction : « Ne vous laissez
pas sonner ! », sous-titré « Ici, veuillez éteindre votre
portable ». On le commande par Minitel sur le 3615 Boulanger.
Les écoles
Comment
se protéger des bruits extérieurs liés au trafic autoroutier
ou ferroviaire et limiter la propagation des bruits à l’intérieur
d une école ? Par la pose de double vitrage pour le premier
point. Par l’utilisation de matériaux qui réduisent la réverbération
du son à la place des parois généralement dures et lisses,
donc très réverbérantes, des murs peints et des vitres, pour
le deuxième point. Il existe des solutions peu onéreuses pour
limiter l’effet « cocktail », nom donné au phénomène qui amène
des personnes à hausser le ton de plus en plus pour couvrir
le brouhaha général. On peut cloisonner le réfectoire en petits
volumes pour briser la propagation du son. On peut coller
des patins de feutre sous les pieds des tables et des chaises
et disposer des nappes en plastique ou en tissu molletonné
sur les tables.
Télévision
Regarder
le match à la télévision sans embêter sa compagne est possible
grâce à un casque sans fil, à infrarouge, qui garantit un
parfait silence pour l’environnement. Il existe également
des casques UHF (ultra high frequency), qui permettent d’entendre
par-delà une cloison. De 250 à 2000 francs, l’objet est vendu
dans les Fnac et autres grandes surfaces. L’acheter soulage
aussi les voisins dès lors que, l’âge venant, on a tendance
à monter le son.
Les discothèques
Avec le décret du 15 décembre 1998, applicable depuis le 16
décembre 1999, le législateur a surtout pensé à protéger les
oreilles de la jeunesse. Il limite en effet à 105 dB le niveau
sonore moyen des établissements qui diffusent de la musique
amplifiée. Des limiteurs de pression acoustiques – sous scellés
– le contrôlent et coupent la sono en cas de dépassement insistant.
Pour prendre soin des voisins, le décret impose également
une isolation telle que la musique perçue au-dehors reste
discrète. Or une bonne isolation, la « boîte dans la boîte
», coûte environ 1 500 francs le mètre cube, soit environ
90 000 francs pour une pièce de 20 mètres carrés. Par ailleurs,
un établissement qui dépasse les bornes sonores encourt une
amende de 5e classe, soit 10 000 francs. Il y a des petits
bars à musique qui se posent la question de leur survie. Les
associations de lutte contre le bruit plaident pour une certaine
souplesse, estimant inutile de pénaliser un établissement
en l'absence de plainte du voisinage. La loi ne résout pas
le problème des allées et venues, claquements des portières
et éclats de voix. D’un autre côté, la fermeture des lieux
de musique peut éteindre toute vie dans certains quartiers.
Le débat est ouvert.
La charte du bon voisinage
Dépliant
quatre couleurs à afficher dans l’entrée de votre immeuble.
Il rappelle à chacun quelques règles élémentaires de savoir-vivre
en bons voisins. À demander par écrit au CIDB.
Les
bonnes adresses
Plus
de 3 500 adresses pour savoir qui fait quoi dans la lutte
contre le bruit. CIDB, 12-14, rue Jules Bourdais, 75017 ParisTél.
: 01 47 64 64 64.Minitel : 3615 BRUIT (2,23 F la mn).Internet
: www.cidb.org
Comprendre
L’attraction
consacrée aux bruits de voisinage, dans l’exposition « Les
sons » de la Villette à Paris, fait du bruit ! L’écran présente
un immeuble de cinq ou six étages. Choisissez une tranche
horaire : nuit, journée, soirée. Et en avant le catalogue
des nuisances ! Clic sur la fenêtre de la deuxième fenêtre
à gauche : ça vrombit, ça tape ou ça résonne. De quel endroit
vient le bruit ? De quoi s’agit-il ? Comment est-il transmis
? Tout y passe : le pianiste amateur, l’aspirateur frénétique,
les copains en verve à l’apéritif, la livraison du restaurant
en bas, la petite dame qui ferme ses volets, etc. A chaque
fois, l’enquête se clôt sur la meilleure parade possible :
rencontrer le voisin indélicat, isoler à la source ou chez
la personne gênée et, fin du fin, invite à comparer le bruit
: à la source, depuis l’appartement choisi, avant et après
la solution prescrite. Pour le piano, mieux vaut l’apprécier,
car les travaux d’isolation ne semblent pas changer grand-chose.
Comité national d’action contre le bruit (CAB), 19, rue de
Liège, 75009 Paris. Tél. : 01 44 63 02 30 ; fax : 01 44 63
06 30.
Association de défense des victimes de troubles du voisinage,
(ADVTV), Mme Saget, 11, rue du 8-mai-1945, 60800 Crépy-en-Valois.
Tél. et fax : 03 44 87 57 17.
Ligue française contre le bruit, M. Jacob, Mme Paulze d'Ivoy,
6, rue de Stockholm, 75008 Paris. Tél. : 01 45 22 79 33.
Les
procédures
1• S’adresser à la mairie pour les bruits diurnes (7 heures
à 22 heures), elle saisira le cas échéant son service communal
d’hygiène et de santé et/ou le service hygiène de la Direction
départementale d’aide sociale et sanitaire (Ddass) ; au commissariat
ou à la gendarmerie pour les bruits nocturnes.
Policiers, gendarmes ou inspecteurs de la Ddass dressent un
procès-verbal d’infraction et proposent au plaignant de se
porter partie civile devant le tribunal de police.
Le procureur de la République reçoit le procès-verbal et décide
soit de classer l’affaire, soit de tenter une médiation pénale
avec le conciliateur de la commune, soit d’engager des poursuites.
Le gêneur est convoqué devant le tribunal de police : il encourt
une amende de 3 000 francs maximum et, le cas échéant, le
paiement de dommages et intérêts au plaignant. Attention :
si le juge relaxe le fauteur de bruit, le plaignant risque
de devoir payer les frais du procès.
2• La procédure civile amène les deux parties, avec ou sans
procès-verbal d’infraction, devant le tribunal d’instance,
si les dommages et intérêts envisagés sont inférieurs à 50
000 francs, et devant le tribunal de grande instance dans
les autres cas.
Attention
: Le plaignant doit faire l’avance de frais de justice, voire
payer les honoraires d’un avocat. Bon à savoir : les compagnies
d’assurances, les mutuelles, certaines banques, notamment
via leurs cartes de crédit, proposent des contrats d’assistance
juridique susceptibles de prendre en charge ce type de dépense.
Renseignements sur le site Internet du ministère de l’Environnement
: http://www.environnement.gouv.fr
Transports
À
Paris, la RATP fait des efforts
À
la station Bastille, le métro fait un énorme coude. Il y a
un siècle, les constructeurs ont contourné le bassin de l’Arsenal
plutôt que de passer dessous. Résultat : une courbe très serrée
où les roues crissent sur les rails (et s’usent très vite),
faisant grincer les dents des voyageurs. Outre une vitesse
encore réduite, la RATP a fait installer des petites pompes
qui arrosent les rails d’eau pour éteindre le bruit. La RATP
affirme ne pas passer un jour sans chercher grands et petits
trucs qui améliorent ses réseaux – d’autres villes en profitent,
puisque son laboratoire est en relation avec des homologues
en France et à l’étranger. Les nouveaux métros, montés sur
pneus, sont beaucoup moins bruyants que les anciens. Ils sont,
de plus, mieux isolés. Des tapis amortissent les vibrations
infligées au ballast et des semelles d’élastomère font tampon
avec les traverses. Les moteurs de ventilation, dans les tunnels,
sont « encapsulés ». Quant aux bus, ils affichent des normes
meilleures que celles imposées par l’Europe. Le bruit perçu
par les passagers plafonnerait à 57 dB à l’arrêt et 60 dB
en marche. Assurément, un endroit tranquille pour téléphoner.
Moins bruyants mais plus nombreux
Le niveau sonore des Airbus actuels est cinq fois moins élevé
que celui de la Caravelle des années 60.
Les voitures de tourisme ont perdu 15 dB en vingt ans, les
poids lourds et transports en commun 12 dB.
26,8 millions de voitures en circulation en 1998, contre 22,5
millions en 1988.
Reste à améliorer : le macadam, les feux tricolores qui pourraient
être remplacés par des ronds-points, enfin les utilisateurs
d’engins motorisés sans pot d’échappement devraient être pénalisés.
Sources : J.-P. Ciattoni, op. cité ; La Prévention routière.