Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
Mai
2000
ALTERNATIVE
SANTE
chez la secrétaire d’État à la Santé
Soixante-trois
mille signatures pour le pluralisme thérapeutique. C’est le résultat
de la pétition que nous avons lancée en janvier 1999. Après plusieurs
courriers et coups de fils (voir Alternative Santé - L’Impatient,
janvier 2000), nous avons – enfin – été reçus au secrétariat d’État
à la Santé, le mercredi 22 mars. Pierre Dhombre, directeur du
journal, et Régis Pluchet, rédacteur, ont remis vos pétitions
et demandé quelle suite leur serait donnée.
Dominique
Martin, le conseiller technique chargé du dossier des professions
de santé au cabinet de la secrétaire d’État à la Santé Dominique
Gillot, nous a reçus courtoisement pendant une heure. Nous lui
avons présenté l’ensemble des points soulevés par notre pétition.
Interrogé sur les cent soixante-treize médicaments homéopathiques
qui restent suspendus, dans les présentations en basses dilutions,
il nous a confirmé qu’il n’y a pas d’ostracisme vis-à-vis de
l’homéopathie en France, mais que, pour la question des médicaments
homéopathiques, nous devions nous adresser à l’Agence française
des produits de santé ! Nous lui avons alors rappelé le caractère
global de la « Résolution sur le statut des médecines non conventionnelles
», votée par le Parlement européen, et des mesures prises l’an
dernier par la Belgique pour la reconnaissance de ces médecines.
« Une Résolution n’a pas de valeur juridique, nous a-t-il répondu,
même si elle a un poids politique. Chaque État en tire les conséquences
à sa manière, compte tenu de son histoire. » La France a choisi
une « approche pragmatique ». Le Pr Guy Nicolas, connu pour
ses compétences en la matière (Le
Pr Nicolas a été chargé en 1994-1995 d’un Rapport sur les médecines
alternatives demandé par le secrétaire d’État à la Santé au
Haut Comité de la santé publique. Curieusement, ce rapport n’a
jamais été publié.), a été chargé en 1999 par Bernard Kouchner,
prédécesseur de Dominique Gillot, de faire des propositions
pour l’organisation des professions de chiropratique et d’ostéopathie.
« Ces professions sont actuellement réservées aux médecins,
mais pratiquées majoritairement par d’autres professionnels,
les uns kinésithérapeutes, d’autres non. Elles rencontrent un
grand succès populaire », constate notre interlocuteur Elles
sont reconnues dans plusieurs pays européens. Mais, il souligne
aussitôt : « Il n’y aura pas de libre circulation des professionnels,
si le diplôme n’est pas reconnu chez nous ». Le groupe de travail
dirigé par le Pr Nicolas réunit l’ensemble des représentants
des professionnels concernés ; les premières rencontres ont
permis de faire le point sur les conditions de formation de
ces professionnels en France. « Une première étape est franchie
». Ira-t-on jusqu’au bout ? Il semble difficile de revenir en
arrière dans ce processus de reconnaissance qui procède d’un
« engagement public » du secrétaire d’État à la Santé. En outre,
la présence du Pr Glorion, président de l’Ordre des médecins,
dont Dominique Martin nous a affirmé le grand esprit d’ouverture,
va dans le sens de cet engagement. Un engagement qui répond
à une demande sociale, mais qui ne sera pas tenu n’importe comment.
Dominique Martin nous a assuré que la première préoccupation
n’est pas de permettre à des professionnels d’occuper un marché,
mais de protéger la sécurité des patients et d’organiser le
plus rigoureusement possible la formation des chiropraticiens
et des ostéopathes.
Conclusions
avant la fin de l’année ?
Leurs
actes seront-ils remboursés par la Sécurité sociale ? Cette
question n’est pas à l’ordre du jour actuellement. Mais il est
peu probable qu’ils le soient dans un premier temps. Le non-remboursement
des médecines non conventionnelles n’est pas une preuve
d’hostilité à leur égard, a souligné Dominique Martin, en nous
précisant que de nombreux médicaments ne sont pas remboursés,
ainsi que les actes de certaines professions de santé, ceux
des ergothérapeutes ou des psychomotriciens, par exemple. S’il
est trop tôt pour se prononcer sur les conditions de cette reconnaissance,
le conseiller technique de la ministre nous a laissé entendre
que le groupe de travail pourrait avoir remis ses conclusions
avant la fin de l’année 2000 et que les mesures nécessaires
seraient ensuite prises sans retard. Interrogé sur la reconnaissance
d’autres professions de médecines non conventionnelles, Dominique
Martin nous a répondu que rien n’était envisagé pour le moment.
« La reconnaissance de la chiropratique et de l’ostéopathie
est déjà assez complexe comme cela. Nous donnons du temps au
temps pour que tout se fasse dans de bonnes conditions. Nous
ne pouvons mettre d’autres groupes de travail en place. Mais
le processus que nous aurons établi pour la reconnaissance de
ces deux professions pourra servir de modèle dans l’avenir,
si la reconnaissance d’autres médecines non conventionnelles
doit être envisagée. » Mais vos 63 000 signatures demandent
qu’un processus global soit mis en œuvre et nous lui avons avons
rappelé que le gouvernement s’était engagé à écouter la demande
des usagers. Affaire à suivre.