Le
18 mai 2000, le quotidien Libération titrait en Une, " Allo
portable, bobo ", avec une photo choc : un
squelette téléphonant… Le même jour, Le Monde griffonnait
dans un petit coin de sa première page un titre énigmatique,
comme pour renvoyer le problème à son insignifiance :
" Le portable et le ver de terre " et
sortait 13 pages plus loin un article drapé d’une objectivité
frileuse : " Les interrogations scientifiques
sur l’innocuité des téléphones portables relancées. "
Toujours
au mois de mai, mais un an auparavant, en 1999, une revue
de santé indépendante annonçait en couverture : " Téléphones
portables : danger " et l’illustrait avec une
jeune fille téléphonant. Quatre pages d’une enquête minutieuse
puisée à plusieurs sources justifiaient du titre, ainsi que
la présentation d’études sur l’absorption d’une onde de mobile
par le cerveau d’un enfant. Le même mensuel publiait un autre
article sur les antennes-relais en février 2000, puis deux
pages de courrier de son numéro de mai avec l’annonce de la
constitution d’une association de défense, en particulier
contre les antennes-relais, etc.
Qui
informe ? Qui n’a pas attendu que les sociétés opératrices
aient inondé le marché de leurs appareils et que de fastueux
profits aient été engrangés pour sortir l’info dérangeante ?
Où trouver l’information qui avertisse, sinon protège d’une
utilisation anarchique, notamment les plus jeunes ? Faut-il,
dans l’optimisme retrouvé de la nouvelle économie dont les
portables sont l’emblème, attendre un an pour que l’information
– qui déplaira aux actionnaires et freinera peut-être les
acheteurs – parviennent au grand public ?
Cet
exemple démontre notre différence. Car, vous l’avez reconnu,
la jeune fille au portable, en Une, c’est nous ! C’était
notre couverture de mai 1999 (numéro
256). Preuve, s’il en était besoin, que nous avons un
" tour " d’avance !
Et
qu’on ne nous accuse pas d’être passéistes ou alarmistes.
Nous ne sommes pas contre les portables. Même s’ils sont parfois
insupportables ! Nous plaidons pour leur " bon "
usage et pour la vigilance.
Notre
ligne éditoriale est claire : informer vraiment, indépendamment,
à temps et bien souvent à contretemps, sur ce qui peut nuire
à la santé. Cette information devrait être un droit du citoyen.
Or c’est tout le contraire. Tout est entrepris pour minimiser
les dangers et les produits en cause. Les médias dans leur
ensemble ne sont que les relais de l’industrie, de la pharmacie,
etc. Et que dire des maux tus et des bouches cousues !
Sur les vaccins, sur le sang contaminé, l’hormone de croissance,
etc. Le mois dernier, nos abonnés ont reçu quatre exemplaires
de notre nouveau dépliant présentant le journal, et des propositions
d’abonnement pour leurs amis,, avec un cadeau… Vous avez été
nombreux à nous redemander des dépliants. Moins à nous envoyer
des abonnements (mais cela peut venir, il n’est jamais trop
tard…).
Si
vous devez dire notre " différence " par
rapport à d’autres, le cas des portables est exemplaire.
Nous
pratiquons un journalisme engagé au service des patients et
des usagers. Nous n’attendons pas d’être couverts par les
vérités officielles pour affirmer, par exemple, qu’on ne multiplie
pas impunément les ondes électromagnétiques et les hyperfréquences
(portables, micro-ondes, etc). L’interrogation sur les portables
relance les mêmes arguments que pour les effets secondaires
du vaccin anti-hépatite B : " Dormez, braves
gens, claironnent les thuriféraires, la bonne fée Progrès
préside au bonheur de tous et les alarmistes ne sont que des
toqués du principe de précaution ! "
Cette
liberté d’information, nous la tenons de notre indépendance
financière et publicitaire. Mais cela a un prix : trouver
nous-mêmes des ressources pour être connus et nous développer.
C’est pour maintenir cet espace de liberté et d’information
que nous vous demandons de nous soutenir. N’hésitez pas à
nous commander des dépliants et à faire de nouveaux abonnés…
Merci à tous.