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Santé - L'Impatient,
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aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
Médecin
généraliste, le Dr Isa est confrontée quotidiennement aux demandes
de ses patients concernant les vaccins. À l’occasion de la parution
de notre Guide des vaccinations, elle nous explique ci-dessous
quelles réponses elle leur apporte, avec le double regard des
deux disciplines pour lesquelles elle a acquis des diplômes complémentaires
: l’immunologie et l’homéopathie.
Lorsqu’un
patient vient me demander de vacciner un de ses enfants ou
si telle ou telle vaccination est utile pour lui, il convient
d’abord de rediscuter de cet acte médical, destiné à l’immuniser,
c’est-à-dire à le protéger contre une maladie. L’immunisation
artificielle apportée par la vaccination doit être moins dangereuse
que la maladie elle-même et suffisamment durable pour que
le vaccin ne soit pas renouvelé trop fréquemment.
Dialogue
et information
Chaque
fois qu’un médecin aborde la question d’une vaccination, il
a pour devoir d’instaurer un dialogue aussi ouvert que possible
et de répondre aux mieux à toutes les interrogations (1).
Le but de cet échange est de permettre au patient de décider
ce qui concilie le mieux ses peurs, les risques réels qu’il
prend dans sa vie, ses antécédents familiaux ou personnels,
les obligations légales et les contre-indications de chaque
vaccination. Le patient a donc le droit de connaître :
• le pouvoir protecteur du vaccin,
• la durée de la protection,
• quel risque il a d’être atteint par la maladie et quels
en sont les dangers,
• les risques d’effets indésirables du vaccin à court et à
long termes,
• les différents constituants du vaccin et leurs risques d’effets
indésirables,
• les contre-indications propres à chaque vaccin et au patient
qui doit être vacciné.
Si le patient se retrouve face à plusieurs médecins qui ont
des avis différents sur le sujet, il sera sage qu’il les interroge
sur les raisons de leur attitude, afin de se faire sa propre
opinion. L’information sur les vaccins dont disposent les
médecins est résolument orientée vers une politique de santé
publique et non individuelle. Pourtant, dans le cabinet médical,
la vaccination reste un acte individuel. Chaque médecin a
ses croyances ou convictions, qui dépendent de son histoire
personnelle et qui peuvent moduler son attitude au-delà de
l’information reçue. Avant de vacciner, il faut choisir les
conditions optimales. Toute vaccination est une agression
immunitaire, même si la perturbation est souvent minime. Personne
ne peut choisir le moment où il est contaminé par une maladie,
mais autant choisir le moment idéal pour se faire vacciner.
Je conseille, par exemple, d’éviter chez les enfants :
• les suites de maladies infantiles, car elles entraînent
presque toujours une baisse passagère de l’immunité,
• les rhinopharyngites et autres infections saisonnières qui
traduisent un autre apprentissage immunitaire en cours. Enfin,
contrairement à une idée reçue par bien des médecins et des
patients, je leur rappelle que toute vaccination commencée
n’est pas forcément à continuer, si le patient a un problème
de santé. Les délais recommandés entre les différentes injections
d’un vaccin ne sont que des indications pour optimiser l’efficacité
du protocole vaccinal d’après des données statistiques et
non individuelles. Ainsi donc, toute injection peut susciter
une discussion, a fortiori s’il ne s’agit pas de la première
injection du vaccin et que la précédente a posé quelques problèmes.
Précautions
Différentes
réactions peuvent se produire après une vaccination et le
médecin homéopathe peut proposer un traitement qui en minimise
les effets. Les précautions varient d’un vaccin à l’autre
et parfois d’un patient à l’autre. Outre une préparation homéopathique
spécifique à prendre la veille du vaccin, l’homéopathe prescrira
souvent le remède de fond qui convient bien au patient. Voici,
pour les vaccins de l’enfance, vaccin par vaccin, quelques
exemples possibles. Mais ne croyez pas que l’homéopathie suffira
à vous protéger contre tous les effets indésirables.
Diphtérie, tétanos et polio :Ces
trois vaccins sont les seuls obligatoires de la petite enfance
(2). Ce sont aussi les seuls que je conseille.
Une dose de Thuya 9 CH ou 15 CH, la veille, peut éviter les
rares phénomènes de fièvre qui suivent parfois l’injection.
Mais elle ne peut éviter les très exceptionnelles activations
du système immunitaire qui peuvent survenir si l’enfant est
porteur d’une maladie auto-immune et dont le risque est aggravé
par les adjuvants (3) qui entrent dans la
composition du vaccin.
Coqueluche et haemophilus
:Le Tétracoq (diphtérie-tétanos-polio-coqueluche) ou le Pentacoq
(diphtérie-tétanos-polio-coqueluche + haemophilus) sont souvent
prescrits par mes confrères. Mais ces vaccins donnent de plus
fréquentes réactions indésirables et leur usage ne me semble
pas toujours justifié. La coqueluche, parfois mortelle avant
l’âge de 4 mois et très inquiétante jusqu’à 1 an, est une
maladie pénible, mais sans gravité lorsqu’elle survient plus
tard. La méningite à haemophilus, bien que très grave, est
assez exceptionnelle. Par contre, les rhino-bronchites, les
bronchites asthmatiformes ou même les crises d’asthme après
ces vaccins sont beaucoup plus persistantes. Devant une poussée
fébrile, une bronchite ou des troubles neurologiques après
une injection de ces vaccins, si d’autres injections sont
nécessaires, mieux vaut revenir à un vaccin sans la composante
coqueluche ou haemophilus.
Rougeole, oreillons, rubéole
:Le problème de ces vaccins constitués de virus vivants atténués
est un peu différent. L’association, dans un même vaccin,
de deux de ces virus (Rudi-rouvax) ou de trois d’entre eux
(ROR) me semble loin d’être innocente, puisque personne ne
sait comment ces virus peuvent agir ensemble. Qui n’a vu dans
son entourage des enfants enchaînant rougeole et oreillons
ou varicelle et observé l’état profond d’épuisement de l’organisme
? Je doute que le si puissant vaccin soit plus délicat. En
outre, il ne me semble pas judicieux d’immuniser les enfants
contre ces maladies à un âge où la rubéole et les oreillons
sont bénins, alors que le pouvoir protecteur n’excède pas
dix ou quinze ans et ne les protège pas à l’âge adulte quand
ces maladies peuvent avoir de graves conséquences. Seul le
vaccin contre la rougeole peut se justifier dans l’enfance,
si les parents estiment que c’est le meilleur moyen d’éviter
les risques d’encéphalite liée la maladie. Mais il n’est pas
sans risque, lui non plus, et il est utile de prescrire une
dose de Sulfur Iod 15 CH avant la vaccination et une dose
de Morbillinum après. Le vaccin contre les oreillons peut
être conseillé à l’adolescence pour les garçons qui n’ont
pas eu cette maladie pendant l’enfance, cas très fréquent
aujourd’hui. Mais il n’est plus commercialisé en France que
dans l’association ROR, pour des raisons obscures qui me semblent
surtout commerciales. Chez la jeune fille ou la jeune femme
dont la sérologie rubéologique (dosage d’anticorps) est négative,
la vaccination contre la rubéole, qui se pratique sous couverture
d’une contraception, est très importante, puisqu’elle protège
les futurs bébés de la rubéole congénitale. Le contrôle sérologique
de l’immunité est nécessaire pour éviter une vaccination inutile,
car c’est une maladie qui passe souvent inaperçue chez l’enfant.
BCG :Le BCG est lui aussi
obligatoire, mais seulement à l’âge de 6 ans ou à l’entrée
dans une collectivité d’enfants (2). C’est
pourtant un vaccin que je ne ne conseille pas, en raison de
ses inconvénients. J’explique aux parents que la politique
de santé de la plupart des pays européens qui ne vaccinent
que les sujets en contact avec des malades tuberculeux est
plus adaptée, en raison de de la rareté de la maladie à l’heure
actuelle (4). Pour ce vaccin, je prescris
une dose de Tuberculinum 9 CH. Mais cela suffit rarement et
un relais doit être pris fréquemment avec un traitement de
fond, propre à l’enfant. Je conseille aussi une dose de Tuberculinum
après le test tuberculinique de contrôle.