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Juin 2000

Une homéopathe face aux vaccins

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Médecin généraliste, le Dr Isa est confrontée quotidiennement aux demandes de ses patients concernant les vaccins. À l’occasion de la parution de notre Guide des vaccinations, elle nous explique ci-dessous quelles réponses elle leur apporte, avec le double regard des deux disciplines pour lesquelles elle a acquis des diplômes complémentaires : l’immunologie et l’homéopathie. 

 

 

 

 

Lorsqu’un patient vient me demander de vacciner un de ses enfants ou si telle ou telle vaccination est utile pour lui, il convient d’abord de rediscuter de cet acte médical, destiné à l’immuniser, c’est-à-dire à le protéger contre une maladie. L’immunisation artificielle apportée par la vaccination doit être moins dangereuse que la maladie elle-même et suffisamment durable pour que le vaccin ne soit pas renouvelé trop fréquemment.

Dialogue et information

Chaque fois qu’un médecin aborde la question d’une vaccination, il a pour devoir d’instaurer un dialogue aussi ouvert que possible et de répondre aux mieux à toutes les interrogations (1). Le but de cet échange est de permettre au patient de décider ce qui concilie le mieux ses peurs, les risques réels qu’il prend dans sa vie, ses antécédents familiaux ou personnels, les obligations légales et les contre-indications de chaque vaccination. Le patient a donc le droit de connaître :
• le pouvoir protecteur du vaccin,
• la durée de la protection,
• quel risque il a d’être atteint par la maladie et quels en sont les dangers,
• les risques d’effets indésirables du vaccin à court et à long termes,
• les différents constituants du vaccin et leurs risques d’effets indésirables,
• les contre-indications propres à chaque vaccin et au patient qui doit être vacciné. 

Si le patient se retrouve face à plusieurs médecins qui ont des avis différents sur le sujet, il sera sage qu’il les interroge sur les raisons de leur attitude, afin de se faire sa propre opinion. L’information sur les vaccins dont disposent les médecins est résolument orientée vers une politique de santé publique et non individuelle. Pourtant, dans le cabinet médical, la vaccination reste un acte individuel. Chaque médecin a ses croyances ou convictions, qui dépendent de son histoire personnelle et qui peuvent moduler son attitude au-delà de l’information reçue. Avant de vacciner, il faut choisir les conditions optimales. Toute vaccination est une agression immunitaire, même si la perturbation est souvent minime. Personne ne peut choisir le moment où il est contaminé par une maladie, mais autant choisir le moment idéal pour se faire vacciner. Je conseille, par exemple, d’éviter chez les enfants :
• les suites de maladies infantiles, car elles entraînent presque toujours une baisse passagère de l’immunité,
• les rhinopharyngites et autres infections saisonnières qui traduisent un autre apprentissage immunitaire en cours. Enfin, contrairement à une idée reçue par bien des médecins et des patients, je leur rappelle que toute vaccination commencée n’est pas forcément à continuer, si le patient a un problème de santé. Les délais recommandés entre les différentes injections d’un vaccin ne sont que des indications pour optimiser l’efficacité du protocole vaccinal d’après des données statistiques et non individuelles. Ainsi donc, toute injection peut susciter une discussion, a fortiori s’il ne s’agit pas de la première injection du vaccin et que la précédente a posé quelques problèmes.

Précautions

Différentes réactions peuvent se produire après une vaccination et le médecin homéopathe peut proposer un traitement qui en minimise les effets. Les précautions varient d’un vaccin à l’autre et parfois d’un patient à l’autre. Outre une préparation homéopathique spécifique à prendre la veille du vaccin, l’homéopathe prescrira souvent le remède de fond qui convient bien au patient. Voici, pour les vaccins de l’enfance, vaccin par vaccin, quelques exemples possibles. Mais ne croyez pas que l’homéopathie suffira à vous protéger contre tous les effets indésirables.

Diphtérie, tétanos et polio :Ces trois vaccins sont les seuls obligatoires de la petite enfance (2). Ce sont aussi les seuls que je conseille. Une dose de Thuya 9 CH ou 15 CH, la veille, peut éviter les rares phénomènes de fièvre qui suivent parfois l’injection. Mais elle ne peut éviter les très exceptionnelles activations du système immunitaire qui peuvent survenir si l’enfant est porteur d’une maladie auto-immune et dont le risque est aggravé par les adjuvants (3) qui entrent dans la composition du vaccin.

Coqueluche et haemophilus :Le Tétracoq (diphtérie-tétanos-polio-coqueluche) ou le Pentacoq (diphtérie-tétanos-polio-coqueluche + haemophilus) sont souvent prescrits par mes confrères. Mais ces vaccins donnent de plus fréquentes réactions indésirables et leur usage ne me semble pas toujours justifié. La coqueluche, parfois mortelle avant l’âge de 4 mois et très inquiétante jusqu’à 1 an, est une maladie pénible, mais sans gravité lorsqu’elle survient plus tard. La méningite à haemophilus, bien que très grave, est assez exceptionnelle. Par contre, les rhino-bronchites, les bronchites asthmatiformes ou même les crises d’asthme après ces vaccins sont beaucoup plus persistantes. Devant une poussée fébrile, une bronchite ou des troubles neurologiques après une injection de ces vaccins, si d’autres injections sont nécessaires, mieux vaut revenir à un vaccin sans la composante coqueluche ou haemophilus.

Rougeole, oreillons, rubéole :Le problème de ces vaccins constitués de virus vivants atténués est un peu différent. L’association, dans un même vaccin, de deux de ces virus (Rudi-rouvax) ou de trois d’entre eux (ROR) me semble loin d’être innocente, puisque personne ne sait comment ces virus peuvent agir ensemble. Qui n’a vu dans son entourage des enfants enchaînant rougeole et oreillons ou varicelle et observé l’état profond d’épuisement de l’organisme ? Je doute que le si puissant vaccin soit plus délicat. En outre, il ne me semble pas judicieux d’immuniser les enfants contre ces maladies à un âge où la rubéole et les oreillons sont bénins, alors que le pouvoir protecteur n’excède pas dix ou quinze ans et ne les protège pas à l’âge adulte quand ces maladies peuvent avoir de graves conséquences. Seul le vaccin contre la rougeole peut se justifier dans l’enfance, si les parents estiment que c’est le meilleur moyen d’éviter les risques d’encéphalite liée la maladie. Mais il n’est pas sans risque, lui non plus, et il est utile de prescrire une dose de Sulfur Iod 15 CH avant la vaccination et une dose de Morbillinum après. Le vaccin contre les oreillons peut être conseillé à l’adolescence pour les garçons qui n’ont pas eu cette maladie pendant l’enfance, cas très fréquent aujourd’hui. Mais il n’est plus commercialisé en France que dans l’association ROR, pour des raisons obscures qui me semblent surtout commerciales. Chez la jeune fille ou la jeune femme dont la sérologie rubéologique (dosage d’anticorps) est négative, la vaccination contre la rubéole, qui se pratique sous couverture d’une contraception, est très importante, puisqu’elle protège les futurs bébés de la rubéole congénitale. Le contrôle sérologique de l’immunité est nécessaire pour éviter une vaccination inutile, car c’est une maladie qui passe souvent inaperçue chez l’enfant. 

BCG :Le BCG est lui aussi obligatoire, mais seulement à l’âge de 6 ans ou à l’entrée dans une collectivité d’enfants (2). C’est pourtant un vaccin que je ne ne conseille pas, en raison de ses inconvénients. J’explique aux parents que la politique de santé de la plupart des pays européens qui ne vaccinent que les sujets en contact avec des malades tuberculeux est plus adaptée, en raison de de la rareté de la maladie à l’heure actuelle (4). Pour ce vaccin, je prescris une dose de Tuberculinum 9 CH. Mais cela suffit rarement et un relais doit être pris fréquemment avec un traitement de fond, propre à l’enfant. Je conseille aussi une dose de Tuberculinum après le test tuberculinique de contrôle. 

 

 

 

 

 

 

 

 
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