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Santé - L'Impatient,
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aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
Se
réveiller souvent en pleine nuit ou très tôt le matin perturbe
la vie familiale, professionnelle ou sociale. Quelle est la part
psychologique dans ces insomnies ?
L’enquête
réalisée auprès des 28 000 personnes des sept pays du Groupe
international d’épidémiologie des troubles du sommeil souligne
le rôle des troubles d’ordre psychologique. « Parmi les sujets
insatisfaits de leur sommeil et présentant des indicateurs
d’insomnie, près d’un tiers avaient déjà consulté pour des
symptômes anxieux, et près d’un quart pour une humeur dépressive
», constatait Maurice Ohayon, lors d’une présentation des
résultats (Dis-moi comment tu dors, de Maurice Ohayon,
coll. Les Empêcheurs de penser en rond, éd. Synthélabo, 1997,
160 pages.). « L’insomnie est liée dans deux cas sur trois
à une cause psychologique, dont la première reste l’anxiété
», confirme le Dr Lemoine (Le Dr Lemoine est l’auteur de
Tranquillisants, hypnotiques, vivre avec ou sans ? chez Flammarion,
paru en 1999), psychiatre dans l’un des rares laboratoires
du sommeil établi en secteur psychiatrique, au CHS du Vinatier,
à Bron (Ce laboratoire du sommeil est l’unité clinique
de psychiatrie biologique, du CHS (centre hospitalier spécialisé)
du Vinatier, à Bron.). Les insomnies causées par l’environnement
ou par une maladie trouvent des solutions adaptées à chaque
cas. Une isolation phonique, par exemple, en cas de voisinage
bruyant. On peut aussi traiter et réduire la douleur liée
à une maladie. Mais notre réponse psychologique face aux événements
joue un rôle de premier plan. Les états anxieux et les déprimes
ou petits état dépressifs sont les premières causes d’un sommeil
perturbé.
Les
troubles de l’anxiété
L'anxiété
est caractérisée par des états de fébrilité, d’impuissance,
parfois de détresse, qui de l’extérieur apparaissent injustifiés
ou excessifs. La personne se dira que ses difficultés vont
recommencer, qu’elles vont durer, qu'elle ne parviendra pas
à faire face ou à les éviter. Cette anxiété se traduit souvent
par des signes physiques : agitation, respiration courte et
gênée, voire palpitations... Les préoccupations concernent
souvent la famille, l’argent, le travail et la maladie. «
De manière générale, on distingue deux formes de troubles
anxieux, explique le Dr Lemoine. D’une part, ceux, légers,
que nous connaissons tous et qui relèvent bien souvent de
l'anxiété anticipatrice : on attend ou on craint un événement.
D’autre part, les troubles anxieux identifiés comme maladie
sous le nom d'anxiété généralisée. » Cette crainte va jusqu’à
gêner les activités de la vie quotidienne de manière très
invalidante. Les troubles anxieux légers peuvent relever de
diverses approches thérapeutiques. Haki et Fanny Onen, spécialistes
des troubles du sommeil aux CHU de Clermont-Ferrand et de
Lyon, distinguent les médicaments des psychothérapies accompagnées
de techniques de relaxation (Dictionnaire du sommeil, de
S. Haki Onen et Fanny Fatma Onen, éd. Ellipses, 1998, 225
pages.). Ils soulignent que la disparition des troubles
anxieux s’accompagne généralement de « l’amélioration subjective
de la qualité du sommeil ». Le patient se sent mieux. Si l’on
ne peut pas se passer de « médicaments pour dormir » . Il
faut en éviter le mauvais usage ! .Pour des « soucis » fréquents,
on insistera donc sur l’intérêt des approches alternatives
(magnésium, phytothérapie, acupuncture, etc.) et l’hygiène
de vie (voir Fiches pratiques). Si
la personne est « prête à faire un travail en profondeur »,
une psychothérapie peut permettre « de comprendre et de modifier
le processus qui la ramène à ce mode réactionnel de type anxieux
», souligne le Dr Laurence Maman, professeur de yoga et homéopathe.
« La relaxation, le yoga, un travail sur le corps et la respiration,
permettent d’atténuer l’intensité des symptômes, souligne-t-elle.
Mais un travail sur son fonctionnement psychologique permet
d’aller plus loin dans sa compréhension, donnant davantage
de chances de s’en libérer. »
Insomnie, déprime et dépression
Déprimes
et états dépressifs peuvent aussi s’accompagner de troubles
du sommeil, qu’il s’agisse d’insomnies ou d’excès de sommeil.
Les personnes qui en souffrent connaissent peu d’insomnies
d’endormissement, mais des réveils en milieu de nuit. Après
quelques instants de bien-être, ruminations et douleur morale
réapparaissent. Ces réveils peuvent être suivis de réendormissement,
mais le matin le réveil est précoce. Même quand elles dorment
bien, les personnes déprimées considèrent de façon négative
leur nuit. L’impression d’avoir mal dormi est majorée. « Il
est inutile de vouloir corriger à tout prix les troubles du
sommeil du déprimé, souligne le Dr Patrick Lemoine. Ce qui
compte pour améliorer l’impression de sommeil, c’est d’abord
d’améliorer la dépression, donc l’humeur. » C’est cette amélioration
et la réussite du traitement, qui rendront le sommeil meilleur.
Les antidépresseurs restent un moyen très (voire trop !) utilisé.
Ils restent indispensables dans les dépressions sévères, notamment
celles présentant des risques suicidaires. Mais ils ne doivent
pas faire ignorer ou sous-estimer l’efficacité d’autres approches.
L’exposition à la lumière, qui va de la sortie dans la journée
à des expositions à la lumière intense en milieu hospitalier,
est le traitement de choix des dépressions saisonnières. Les
bains chauds d’une heure sont à la mode chez certains spécialistes.
Proposer d’emblée relaxation ou yoga à une personne dépressive
est plus rare que dans le cas de l’anxiété. On sait que, pour
être pratiquées, notamment chez soi après le cours, ces démarches
demandent une assiduité supérieure à celle que peut fournir
dans l’immédiat la personne déprimée. Quand le traitement
homéopathique n’a pas suffi, quand un certain degré de douleur
morale est atteint, ou lorsque les symptômes ne s’améliorent
pas, le Dr Laurence Maman envoie généralement le patient consulter
un psychiatre, afin qu'il adapte le traitement allopathique
ou envisage une psychothérapie. Pour ces états dépressifs,
ce n’est que dans un second temps qu’elle propose au patient,
avec davantage de chances succès, des exercices et séances
de yoga.
Comment
distinguer l’anxiété de la dépression
Mieux
on comprend ses difficultés psychologiques, plus on réalise
qu’elles sont complexes. Leurs symptômes – anxiété, déprime,
dépression – évoluent, et se superposent parfois. L’anxiété
chronique peut déboucher sur une dépression. L’angoisse peut
favoriser l’alcoolisme, lequel peut favoriser à son tour une
dépression. Le caractère évolutif de certains troubles anxieux
est souligné par les recherches du Pr Aron Akiskal, directeur
du Centre international des troubles de l’humeur, en Californie.
Elles montrent que de forts états anxieux conduisent à moyen
terme à des formes de dépression. La superposition des deux
types de symptômes ne permet pas, dans de nombreux cas, de
distinguer nettement ce qui relève de l’anxiété ou de la dépression,
selon Jean-Philippe Boulenger, psychiatre et directeur de
recherche à l’Inserm (Une première synthèse abordant cette
difficulté de classification stricte avait été faite par Jean-Philippe
Boulenger dans Anxiété ou dépression : dilemme diagnostique
ou thérapeutique ?, paru dans Le Concours médical n° 15-06
en 1991).
Changer de regard sur sa vie
États
anxieux ou dépressifs accompagnés d’insomnie résultent d’interactions
entre les caractéristiques (le « caractère ») de la personne,
son passé (qui l’a faite ce qu’elle est) et les circonstances
de vie difficiles. Ces états affectent à leur tour le mode
de vie du patient. Selon le Dr Laurence Maman, il faut être
en contact régulier, par exemple hebdomadaire, avec la personne
pour travailler sur ces interactions. Le principal travail
du thérapeute consiste alors à aider le patient à regarder
sa situation autrement. C’est une étape décisive pour que
des changements effectifs interviennent dans sa vie.