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Santé - L'Impatient,
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aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
La
durée normale de sommeil de l’enfant et du nourrisson est celle
qui lui permet de ne pas être fatigué le jour.
La
qualité du sommeil de l’enfant est une préoccupation importante
des parents. Le moindre problème dans ce domaine est source
d’angoisse familiale. Mais à partir de quand peut-on parler
de trouble ? Aujourd’hui, le bébé « parfait » doit dormir
au moins neuf heures d’affilée, seul dans sa chambre… et de
préférence dès le deuxième mois de son existence. Le discours
dominant néglige les réels besoins physiologiques et psychiques
du nourrisson. Une réédition récente (1999) d’un ouvrage sur
le sommeil de l’enfant, de Marie Thirion, chez Albin Michel,
que nous avons connu plus inspirée, illustre parfaitement
cette idéologie dominante : « Au-delà de huit semaines, les
bébés ont les réserves énergétiques suffisantes pour tenir
toute la nuit sans manger et donc sans se réveiller. S’ils
réclament et se réveillent, c’est qu’ils sont en train de
faire fausse route dans leur organisation cérébrale de sommeil.
» Ainsi s’expriment les partisans de l’apprentissage du sommeil
aux bébés. Laissons-les à leurs certitudes.
Laissons
aux bébés… le temps d’être des bébés
« À la naissance, explique Claude Didierjean-Jouveau, rédactrice
en chef de la revue Allaiter, les cycles de sommeil sont beaucoup
plus courts que chez l’adulte, ils vont peu à peu se rallonger
jusqu’à rejoindre ceux de l’adulte à l’adolescence. Avant
trois mois, il n’y a pas d’organisation circadienne (sur 24
heures). Peu à peu, cette influence circadienne augmente,
mais elle n’est pas en place avant l’âge de 2 ans. À 3 ans,
20 à 35 % des enfants se réveillent encore la nuit et cette
proportion diminue doucement jusque vers 5 ans. Les parents
sont souvent inquiets alors que tout est normal. » Dans nos
sociétés occidentales, prendre le bébé dans son lit n’a pas
bonne presse, papa Freud est passé par là. Dans un livre récent
sur le sommeil de l’enfant, de Lyliane Nemet-Pier (Moi,
la nuit, je fais jamais dodo…, éd. Fleurus (2000), psychologue
clinicienne et psychanalyste (spécialiste du sommeil, elle
donne des consultations à l’hôpital Robert Debré), on trouve
ce jugement sans appel : « Les psychanalystes, et les spécialistes
du petit enfant s’accordent sur le fait qu’un bébé ou un enfant
ne peut partager régulièrement et sur une longue période la
couche de ses parents ou d’un parent seul sans entraver gravement
son développement psychique. » Les pédiatres sont plus nuancés.
« Dans nos sociétés, explique le Dr Lyonel Rossant, pédiatre
et auteur d’un excellent guide pour les parents (Votre
enfant, guide à l’usage des parents, éd. Robert Laffont, coll.
Bouquins.), à la différence du reste de l’humanité, la
norme sociale est que l’enfant dorme loin de sa mère. Pourtant,
un enfant qui pleure, dès qu’il se retrouve dans le lit de
ses parents s’endort. À l’évidence, l’enfant a besoin de dormir
à côté de ses parents. L’éloigner, c’est lui imposer une frustration,
source d’un conflit qui se réglera plus ou moins bien en fonction
de la personnalité des uns et des autres. Si les parents sont
prêts à assumer clairement ce choix, pourquoi pas ? Le choix
inverse est tout autant respectable. » En cas de besoin, on
peut recourir au cri minuté (lire encadré) et, pourquoi pas,
faire appel à un thérapeute qui pourra expliquer, servir de
médiateur et dédramatiser bien des situations.
Le
rituel du coucher
Les
difficultés de sommeil de l’enfant plus âgé ne relèvent pas
des mêmes thérapeutiques. On écartera d’emblée tout recours
aux médicaments, particulièrement chez le bébé. Attention
à certains médicaments prescrits trop facilement, sirops en
tout genre, voire psychotropes banalisés par médecins et parents
(le Théralène par exemple). Une dépendance aussi précoce à
un produit peut se révéler très handicapante à l’âge adulte.
On le prend pour dormir et très vite… pour oublier. « Je suis
contre, explique le Dr Lyonel Rossant, Je n’en prescris que
dans les cas exceptionnels : mère épuisée, enfant touché par
un deuil. J’ai à ma disposition de thérapeute toutes sortes
de remèdes homéopathiques et de plantes soporifiques. Cela
suffit à faire face à la plupart des problèmes. »« Aller se
coucher implique la séparation, poursuit le Dr Rossant. En
général, les rituels mis en place au moment du coucher vont
suffire pour aider l’enfant à dépasser ce stade. Comme le
sacro-saint doudou, objet de transfert qui sécurise. » Mais
aussi la veilleuse qui prévient la peur du noir, le verre
d’eau qui indique le moment de dormir, l’histoire, moment
de partage privilégié entre l’enfant et le parent, les bisous,
etc. Lorsque le refus de s’endormir finit par poser des problèmes
à toute la famille, pourquoi ne pas laisser l’enfant trouver
le sommeil près de soi dans la pièce commune ? Edwige Antier,
pédiatre, dans son ouvrage Mon bébé dort bien (Mon bébé
dort bien, éd. Balland 1998), insiste sur l’importance
des rituels d’endormissement et l’accompagnement parental
au moment du coucher. Un moment d’échange qui rassure et ne
doit pas apparaître à l’enfant comme une manière de se débarrasser
de lui. Un sommeil sans trouble dépend aussi d’une bonne hygiène
de vie et d’une organisation cohérente de la journée. C’est
loin d’être facile dans nos sociétés occidentales. Sans se
culpabiliser, on veillera à ce que l’enfant ne souffre pas
trop des rythmes imposés par la vie moderne. Il ne faut jamais
oublier que l’enfant a besoin de calme et de routine. L’enfant
qui s’ennuie se construit grâce à son imaginaire. Il est absolument
inutile de vouloir toujours l’occuper à quelque chose. Il
doit aussi se défouler suffisamment dans la journée, courir,
s’amuser. Il doit pouvoir récupérer de longues journées en
collectivité. Enfin, ne pas passer trop de temps devant la
télévision ni l’ordinateur, surtout en fin de soirée. À chacun
de trouver les équilibres et les solutions qui respectent
au mieux les besoins de tous les membres de la famille. Ne
pas oublier qu’en cas de problème, l’enfant n’est jamais trop
petit pour qu’on lui parle et lui explique avec des mots ce
qui se passe.