Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
Face
à la croissance alarmante des résistances aux antibiotiques les
plus couramment utilisés, il faut savoir traiter autrement l’otite
de l’enfant et du nourrisson. Et mieux vaut encore la prévenir,
en douceur si possible.
Traitements doux
Selon
le Dr Jean-Louis Dervaux, oto-rhino-laryngologiste faisant
appel aux médecines alternatives et classiques, au début d’une
otite aiguë (lire page 13), ou bien en cas de forme bénigne,
il faut calmer l’enfant, assurer le contrôle de la température
et de la douleur. Il préconise un traitement contre la fièvre
au-delà de 38°C, associé au port de vêtements légers si la
température se situe en 38 et 39°C, et à des bains tièdes
au-dessus de 39°C. Toute une série de traitements peuvent
aider à traiter « en douceur » l’otite de l’enfant et du nourrisson.
Ils seront associés à des traitements allopathiques dans les
otites plus graves ou persistantes.
Lavage de nez
En hygiène préventive, les lavages de nez permettent d’évacuer
les sécrétions. On utilisera du sérum marin (Stérimar®, Physiomer®,
Sinomarin®), de l’eau bouillie avec du sel, ou du sérum composé
associant antiseptique et détergent (Prorhinel®).
Soins locaux
Il existe également des soins locaux en cas d’épisode aigu.
Ils comportent des oligoéléments dans le cas d’Oligorhine®
(argent et cuivre) et de Stillargol® (colloïde d’argent).
La phytothérapie ayant de bons résultats, on peut préférer
l’huile goménolée® à 2 ou 4 %. Toujours en usage local, citons
encore certaines eaux thermales soufrées en pulvérisations
ou en aérosol : eau de Luchon (Soluté Pré®), Eau d’Uriage
(Isophy®).
Soufre
Le soufre fait partie des traitements de prévention des otites.
Par voie buccale, il est associé à des levures (ampoule Actisoufre®),
à de la vitamine A (comprimé soluble enfant Solacy®) ou bien
à du magnésium (Desintex®, soluté ou comprimé, granulés enfant).
Le soufre est aussi prescrit en usage local (Actisoufre ®
en lavage nasal).
Fer et vitamines
À titre de traitement complémentaire, du fer peut être prescrit,
par exemple en ampoule (Maltofer®) ou associé à de la vitamine
C (Fero-grad®). Les vitamines C et D peuvent aussi intervenir
dans le traitement. Elles se présenteront en granulés, poudre,
comprimés à sucer ou effervescents, solutions buvables, sirops
ou dragées, éventuellement associées à du cuivre ou du calcium.
Phytothérapie
En cas d’otite, le Dr Dervaux souligne l’intérêt des antiseptiques
végétaux. Ceux-ci seront à base de niaouli (Goménol® en sirop
ou suppositoires), de sapin (Ozothine® en sirop ou suppositoires),
d’eucalyptus (Eucalyptine Lebrun®, en sirop pour enfant, en
suppositoires pour nourrisson) ou de camphre (Campho-pneumine®,
suppo pour l’enfant et le nourrisson).En cas d’otite aiguë,
il est aussi possible de faire appel aux huiles essentielles.
En traitement local, appliquer dans le conduit auditif externe
un mélange d’huiles essentielles de cajeput, géranium, lavande,
origan, et avec de la glycérine. On en versera 5 gouttes sur
un coton. Comme traitement général, on prendra trois fois
par jour 40 gouttes dans un demi-verre d’eau d’un mélange
composé d’huiles essentielles de cannelle, citron, origan
et thym. On peut y associer une désinfection rhino-pharyngée.
On versera 15 à 20 gouttes d’un mélange composé d’huiles essentielles
d’eucalyptus, de lavande, de pin, de thym et d’alcool à 90°,
sur un mouchoir, à respirer quelques minutes plusieurs fois
par jour. Selon le Dr Dervaux, pour prévenir les récidives,
la phytothérapie peut suffire, surtout si les otites sont
rares ou bénignes. On stimulera les défenses immunitaires
avec la gemmothérapie, c’est-à-dire des extraits de macérat
glycériné de bourgeons de plante.
Homéopathie
Parmi les traitements homéopathiques, Belladona est utilisé
pour décongestionner, Aconitum contre les douleurs, Oscillo-coccinum
comme antiviral. Pour les otites, on fait souvent appel à
Dulcanara, Ferum phosphoricum, Kallium muriaticum et Capsicum.
En cas de « formes sérieuses » d’otites, notamment suppurées,
ou bien d’otites touchant le nourrisson, un traitement plus
soutenu est recommandé. Il peut comprendre des sulfamides
et des antiseptiques. L’opportunité des antibiotiques, dont
on a cité les inconvénients, est discutable.
Prévenir
otites et récidives
Prévenir
l’otite plutôt que d’avoir à la traiter reste le défi des
dix prochaines années, selon le Dr Robert Cohen (hôpital intercommunal
de Créteil), qui anime Activ, groupe d’étude des résistances
des germes aux antibiotiques. « Il est triste de noter que
la France est la championne des résistances ! » s’indigne-t-il.
Les médecines alternatives sont un atout majeur, surtout si
les otites sont rares ou bénignes. Il s’agira de soins locaux,
de soufre, de phytothérapie, etc. « Il faut insister sur l’éducation
du mouchage chez l’enfant, pour éliminer les sécrétions nasales,
souligne un homéopathe ORL. Des systèmes de poire ou d’aspiration
peuvent être utilisés chez les plus grands. » La prévention
des otites peut être effectuée à travers des traitements homéopathiques
des infections du nez et des sinus, des angines et pharyngites.
La façon dont les otites surviennent apporte quelques clés,
en matière de prévention comme de recherche. Dans la majorité
des cas, l’otite moyenne aiguë peut être considérée comme
une complication d’une infection virale des voies respiratoires
supérieures. Le virus de la grippe, influenzae A et B, reste
souvent en cause. Il n’est pas le seul. Le virus respiratoire
syncytial (VRS), responsable de la majorité des bronchiolites,
mais aussi l’adénovirus, le para-influenzae et les rhinovirus,
les virus du rhume, sont tous fréquemment présents dans le
rhinopharynx. Ce sont eux qui conduisent, de fil en aiguille,
à l’otite moyenne, rappelons-le, en ouvrant l’accès de l’oreille
moyenne aux bactéries. Tout traitement efficace contre ces
virus devrait donc plutôt tendre à diminuer la fréquence des
otites. Oligoéléments, homéopathie et plantes peuvent jouer
un rôle non négligeable dans les traitements de ces accès
aigus des voies respiratoires, et surtout prépondérant dans
le traitement préventif des rechutes à répétition.