Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
juillet
2000
Editorial
Le
secrétariat d’Etat à la Santé otage des labos
On aimerait savoir, une bonne fois
pour toutes, si le secrétariat d’Etat à la Santé est au service
des patients ou l’instrument servile des labos. Si Mme Dominique
Gillot a été nommée par le
gouvernement et à ce titre représente l’intérêt général, ou si
ses services sont les porte-parole
accrédités de l’industrie pharmaceutique. Ce qui vient de se passer
est indigne et scandaleux.
Et désormais nous pouvons penser que l’affaire du vaccin hépatite
B prend toutes les allures de celle
du sang contaminé.
Les faits : le 25 mai dernier,
le journaliste Eric Giacometti, révèle dans le quotidien Le Parisien
que plusieurs malades, tous
professionnels de santé, atteints de sclérose en plaques ou de
maladies auto-immunes, ont reçu un courrier de la Direction générale
de la santé (DGS). Celle-ci y reconnaît la responsabilité du vaccin
dans leur maladie. Lucien Abenhaïm, directeur de la DGS
signe des propos sans ambiguïté :
"Au vu des dernières données de pharmacovigilance
et épidémiologiques communiquées par
l’Agence française de sécurité sanitaire des produits
de santé et au vu de votre dossier (…) il existait un lien de
causalité entre la vaccination
hépatite B et votre état de santé ". Peut-on être plus
clair ? Peut-on penser que l’un des plus hauts responsables
sanitaires de notre pays, de surcroît épidémiologiste professionnel,
le Pr Lucien Abenhaïm se soit exprimé maladroitement, en ait trop
dit, voire ait pu affirmer qu’il se fonde sur les preuves qui
n’existent pas ? Absurde.
Or, c’est ce que tente de faire croire
un communiqué du secrétariat d’Etat à la Santé, paru le
même jour. On y lit " que les experts (…) de l’Agence
française de sécurité sanitaire des
produits n’ont pu conclure, jusqu’à présent, sur l’existence d’une
association entre cette vaccination
et la survenue d’une sclérose en plaques ou d’affections auto-immunes ".
En clair : Abenhaïm ne raconte que des c… ! Ce qu’il
signe est faux et sans fondement.
C’est un mauvais. Zéro, le secrétariat
d’Etat à la Santé lui décerne le bonnet d’âne… Forts
de cette prise de position qui tente – mais on se demande vraiment
à quelles fins – de camoufler
la vérité, les labos réagissent au quart de tour et ils prennent
en otage le Ministère. On les
comprend sans peine, car en cas de procès ils voient bien tout
le parti qu’ils tireront des affirmations du secrétariat d’Etat
à la Santé et de la maladresse, sinon de l’erreur incompréhensible
de ce communiqué de presse. Aussi, le 30 mai, les laboratoires
Aventis Pasteur MSD envoient-ils à tous les médecins de France
la photocopie du texte intégral
de ce communiqué. Avec une lettre accompagnatrice qui précise
" : Nous souhaitons… contribuer à votre information
et à rassurer vos patients. " Bien sûr, ils minimisent
la situation des victimes : " Huit personnes ayant
reçu le vaccin hépatite B dans
le cadre d’une vaccination obligatoire ont présenté des troubles
au décours de leur vaccination.
Une indemnisation leur a été proposée dans le cadre des dispositions
du Code de la santé publique
sur les vaccinations obligatoires… La décision de proposer
une indemnisation a été prise dans
l’intérêt des malades. " Bref, dormez braves patients,
bouchez-vous les oreilles braves médecins, tout ce qu’on raconte
ne concerne que quelques rares individus et c’est sans signification
épidémiologique, juridique, etc.
Le jour où le scandale
éclatera, ils auront beau jeu de s’abriter derrière les déclarations
du ministère. Ils joueront les innocents : " Nous
n’avons fait que suivre les positions officielles… "
Or, suite à l’information du Parisien,
reprise par la télévision, le Revabb, association de défense
des victimes du vaccin, qui recense déjà environ 1 500 dossiers,
recevait des centaines de témoignages
de personnes soumises à l’obligation vaccinale contre l’hépatite
B. De quoi alourdir sérieusement les
statistiques et confirmer, s’il en était besoin, la triste et
réalité du lien de causalité.
Suite à ces informations, nous avons
reçu au journal des appels téléphoniques et des lettres bouleversantes.
Pour nous, la cause est entendue : le lien de causalité est
désormais prouvé et connu en haut lieu. Lucien Abenhaïm le sait
et l’affirme courageusement. Le Secrétariat
d’Etat à la Santé le nie honteusement et devra un jour, en répondre.
Nous portons en nous, comme une blessure,
le fait qu’une instance supérieure – le Secrétariat
d’Etat à la Santé – dont l’idéal, sinon la mission, devrait être
la défense des Citoyens les
méprise et condamne leur souffrance à la clandestinité et au déni.
Au risque désormais de provoquer de nouvelles victimes. Cette
démission n’honore pas les politiques et montre que ceux qui ont
la lourde responsabilité de relever les défis de notre temps (et
notamment de s’opposer au lobbies pour défendre l’intérêt public)
n’ont ni le caractère, ni les qualités morales requis. C’est aussi
pour cela que nous saluons l’attitude exemplaire du Pr
Lucien Abenhaïm.
Je tenais à dire aux victimes qui
m’ont demandé de ne pas abandonner leur combat, des mamans
notamment, qu’ALTERNATIVE SANTE – L’Impatient sera toujours à
leur côté et se battra jusqu’au
bout pour la reconnaissance de leurs droits.