Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
Par le bouche à oreille
Les pages jaunes, rubrique magnétiseurs-guérisseurs. Ceux-là,
c’est sûr, vous feront payer puisqu’ils sont inscrits comme
professionnels, donc imposables
Les stages
Les groupements et syndicats :
• Snamap (Syndicat national des magnétiseurs et praticiens
des méthodes naturelles et traditionnelles) 8, rue du Charolais,
75012 Paris. Tél. : 01 53 17 00 01 ; fax : 01 53 17 00 07.
• Gnoma (Groupement national pour l’organisation des médecines
alternatives) même adresse que le Snamap Minitel : 3615 GNOMA
Ses
qualités
C’est une personne discrète, sa meilleure publicité est
le bouche à oreille
Elle est humble : elle sait que ce don ne lui appartient
pas, aussi ne s’en glorifie-t-elle pas et ne s’affuble pas
de titres et de superlatifs ronflants
C’est une personne qui possède une force rayonnante, elle
apaise par sa seule présence ; elle fait preuve d’une compassion
vraie
Elle ne promet pas monts et merveilles du genre : « pas
de problème, je vais vous guérir ça », elle annonce clairement
et simplement ce qu’elle peut essayer de faire
Elle ne fait pas de surenchère sur le nombre de séances
; quand un traitement n’a rien donné, elle peut essayer
une seconde fois ; mais si aucun effet ou amélioration ne
se constate, elle ne devra pas insister
Elle ne se permet pas de jugement péremptoire, d’émettre
un diagnostic, de suspendre un traitement ® Elle vous fera
payer de 100 F à 300 F la séance ; celle-ci dure de 3 à
45 minutes, selon la complexité de la tâche.
Du
zona à l’hypertension
Des « miracles » comme ceux-là, les
magnétiseurs en ont plein à raconter, plus extraordinaires les
uns que les autres. Un tel, courbé en deux par une sciatique,
repart droit comme un « I ». Un autre victime d’un zona très douloureux
dans le dos ne souffre plus autant après l’intervention d’un magnétiseur,
et l’affection se résout rapidement. Une troisième encore, migraineuse
notoire, a rompu avec le cycle de ses douleurs céphaliques. Une
quatrième, en proie à de l’asthme, a vu diminuer l’intensité et
la fréquence des crises. Allergies diverses, angoisses, brûlures,
rhumatismes, eczéma, herpès, insomnies, moments de déprime, hypertension,
douleurs diverses, entorses, kystes, cystites, problèmes de digestion,
de foie…, autant de maux que le magnétisme améliore, voire guérit.
Comme par enchantement. Pour expliquer cela, les anciens parlaient
de fluide. On l’envisage davantage, aujourd’hui, en termes de
magnétisme et/ou d’énergie. Pour Hubert Boumendil, thérapeute
à Saint-Rémy-lès-Chevreuse : « Il y a une résonance entre le champ
énergétique du patient et celui du magnétiseur. Ce dernier transmet
de l’énergie là où il y en a besoin, ou la disperse quand c’est
nécessaire. En fait, c’est quelque chose que l’on ressent, de
manière intuitive, sans pouvoir l’expliquer. Mes mains vont là
où elles sentent qu’elles doivent aller, un peu comme de l’improvisation
sur un piano. »Il s’agit bien d’une force intérieure qui n’a rien
à voir avec l’apparence. « Peu importe qu’ils soient petits et
malingres, souligne Edith Acédo, l’important c’est la personnalité
du thérapeute : son charisme et sa foi (tranquille mais pas aveugle)
dans le don qui est le sien. »
Faculté
supranaturelle
Un don ? disons plutôt une capacité
que leur a conférée la nature. « J’ai toujours manifesté de l’intérêt
pour ces phénomènes, se souvient Hubert Boumendil. Un jour, plus
pour m’amuser qu’autre chose, j’ai passé la main sur le front
d’une amie qui avait une migraine, et son mal de tête a disparu.
Du coup, je me suis mis à travailler. » C’est-à-dire à lire, à
rencontrer d’autres magnétiseurs, à affiner son intuition, à augmenter
sa sensibilité, à apprendre à se concentrer, à connaître la nature
humaine. Parfois, c’est la rencontre avec un autre magnétiseur
qui déclenche la prise de conscience de ce don. C’est ce qui est
arrivé à Jacques Montagner, chargé des relations publiques au
Gnoma . D’autres fois, le don se transmet de génération en génération,
comme pour Gérard Tomassin, libraire à Cavaillon. « Pendant de
longues années, écrit-il dans « Guérir l’âme et le corps » , j’ai
refusé d’admettre cet héritage de ma grand-mère qui enlevait le
feu et le coup d’air (irritation des yeux). Il a fallu que je
sois conduit à intervenir sur un problème d’ordre familial pour
réaliser qu’il était égoïste de ma part de garder pour moi cette
faculté de soulager et même de faire disparaître certaines maladies.
»Quant à la façon de procéder, chaque guérisseur fait comme il
le sent, comme il a appris. Certains demandent au malade de s’allonger,
d’autres travaillent sur le patient assis ou debout. Soit le thérapeute
impose ses mains à un endroit précis, soit il fait des « passes
» : des mouvements amples et rapides au-dessus du corps (mais
jamais au contact, et jamais à peau nue) ; soit il récite- marmonne-
prononce- répète des formules « qu’il ne peut pas dévoiler sous
peine d’en perdre l’efficacité », croit Gérard Tomassin. D’autres
comme Marie-Luce Le Mapian, magnétiseuse, pensent que les rituels
prononcés ont une valeur énergétique en eux-mêmes et qu’il suffit
de les dire avec cœur et conviction pour obtenir un résultat.
Parfois le guérisseur souffle sur le mal : « Sur ce qui est chaud,
on souffle froid ; et sur ce qui est froid, chaud », résume Edith
Acédo. Pour elle, le magnétisme imprègne l’air ambiant, nous le
respirons et nous le restituons en expirant. Les guérisseurs,
eux, imprimeraient leur force particulière à l’expir. Souvent
enfin, ils accompagnent leurs passes de différents signes cabalistiques
ou symboliques, le plus courant étant celui de la croix. Ce faisant,
certains répètent simplement le rituel qui leur a été enseigné
et auquel ils ne dérogent pas, craignant de voir disparaître leur
faculté. D’autres, et ils sont nombreux, signifient ainsi qu’ils
ne sont qu’un instrument entre les mains de Dieu ou d’une Force
de vie supérieure. « Les magnétiseurs sont comme des dynamos,
ils emmagasinent de l’énergie pour la redistribuer, schématise
Hubert Boumendil. Je me fais l’effet d’être un canal qui reçoit
et donne. »L’étrangeté du magnétisme entraîne crédulité ou scepticisme.
Il faut dire que la mise en scène orchestrée par quelques prétendus
« mages-magnétiseurs » : bougies, encens, décor, statuettes… et
destinée à frapper les esprits, ajoute à l’énigme. L’immense majorité
des guérisseurs obtiennent des résultats incontestables et étonnants.
Par quel processus ? Mystère ! Deux effets sont, de façon quasi
constante, relatés par les malades. D’une part, le magnétisme
atténue la douleur physique et apaise la souffrance morale ; d’autre
part, ils se sentent revigorés, plus « solides », plus dynamiques
après une séance. Ces deux effets suffisent-ils à dégager la force
vitale d’autoguérison que chacun de nous possède ? Peut-être,
c’est du moins l’explication avancée par de nombreux guérisseurs.
Faute d’autre justification plus rationnelle, le corps médical
s’est longtemps refusé à l’accepter, parlant de charlatanisme
ou de sorcellerie. Mais le recours aux guérisseurs n’a pas disparu.
Au contraire, le phénomène a même l’air de revenir en force, sous
l’influence, peut-être, des marabouts africains et autres mages,
dont certains ont pignon sur rue. L’exemple anglais y
est peut-être pour quelque chose : les « healers » (guérisseurs)
sont considérés comme des thérapeutes de thérapies alternatives,
au même titre que les homéopathes ou les acupuncteurs. Ils pratiquent
leurs séances de « healing » en cabinets de groupe, et interviennent
dans les cliniques, comme au Cancer Center de Bristol. Fort heureusement,
quelques médecins ne pratiquent pas d’ostracisme à l’encontre
du travail des guérisseurs. Au 1er colloque guérisseurs-médecins
organisé en novembre 1999 par le Gnoma, des médecins homéopathes
et allopathes, en tout moins d’une dizaine, ont participé au débat
sur la place des magnétiseurs dans l’univers médical et sur les
liens qui pourraient s’instaurer entre ces deux modes d’appréhension
de la santé et de la guérison. Actuellement, les relations entre
les deux professions relèvent plus de rencontres personnelles
débouchant sur une estime réciproque que d’une véritable collaboration.
Pourtant se développe, surtout de la part des jeunes médecins,
une curiosité bienveillante. Animatrice de stages dans le cadre
de l’association Terre du Ciel, Edith Acédo estime à quelques
dizaines chaque année, les généralistes nouvellement installés
et les médecins de médecines alternatives qui viennent s’initier
à ses méthodes de visualisation et de traitement. « Certains sont
doués, reconnaît-elle. D’autres ont beaucoup de mal à agir de
manière plus ou moins surnaturelle. Certains ont une telle humilité
et un tel manque de confiance en eux qu’ils n’obtiennent pas de
résultats. » Mais les débuts d’une collaboration sont là, prometteurs
!
Une
profession imposée et menacée
Il
y aurait environ 15 000 guérisseurs-magnétiseurs opérant en
France, il ne s’agit que d’une estimation. La profession n’est
régie par aucune réglementation, elle est seulement tolérée
par les pouvoirs publics. Mais son existence est reconnue
et répertoriée dans la Nomenclature des activités françaises
(NAF) sous la rubrique 85-1-H : « Soins administrés hors d’un
cadre réglementé » (décret 92-1129 du 2-10-92). De ce fait,
les revenus que les guérisseurs-magnétiseurs tirent de leur
pratique sont imposables.À tout moment, le magnétiseur-guérisseur,
aussi honnête et irréprochable soit-il, peut être poursuivi
en vertu de l’article L 372 du Code de la santé publique pour
exercice illégal de la médecine, au même titre d’ailleurs
que tout médecin travaillant en collaboration avec l’un ou
l’autre d’entre eux.