| |
 |
À quel mom ent
se manifestent ses maux de ventre ? Devant un enfant qui se plaint
de l’abdomen, le médecin cherche un lien possible entre un moment
redouté ou un mécontentement et les souffrances alléguées. L’angoisse
de l’école, de la cour de récréation ou l’arrivée d’un petit frère
ou d’une petite sœur, la contrariété ou l’excitation peuvent générer
des douleurs et de réels troubles intestinaux. La constipation
serait plus particulièrement une manifestation de résistance à
l’autorité (Traiter naturellement
: les troubles intestinaux, éd. Recto-Verseau (Suisse) 1995. ).Par-delà
le « petit remède » homéopathique éventuellement proposé, le Dr
Maryse Kit se fait fort de débloquer ce type de problème en en
parlant. Mais le « petit remède » compte aussi de façon indirecte,
puisqu’il permet à la mère ou au père de manifester un geste de
compassion tangible à l’intention de son enfant. « Du stress ou
des bonbons, qu’est-ce qui perturbe le plus ? », s’interroge Elisabeth
Maurel-Arrighi, généraliste. La fermentation du sucré a sa part
dans les douleurs dont se plaignent les petits. De « fraises »
en Carambar, attention aux excès. Autres trouble-fête, les oxyures
ou petits vers sont courants à l’âge où l’on aime triturer la
terre ou réenfourner la sucette tombée au sol. Ça chatouille au
niveau de l’anus et ça fait mal au ventre. Les parents d’autrefois
donnaient à leurs enfants, deux fois par an, du vermifuge. Les
« anciens » se rappelleront certains granulés. Le produit existe
toujours, fût-ce sous une forme différente. Le sirop Fluvermal
est l’un des plus connus. Simone Rubin, pédiatre, raconte encore
(Apprivoiser les maladies
de bébé, éd. Érès, septembre 1998, collection Mille et un bébés.)
comment « souvent, la douleur se localise autour du nombril »,
naguère lieu de passage, via le cordon ombilical, des informations
entre mère et bébé. Tout un programme.
1,3 à 2,3 diarrhées par an
C’est lorsque s’ouvrent les vannes
de la diarrhée, la récurrente gastro-entérite, qu’il faut réagir
très vite (Les poussées
dentaires du bébé ou autres perturbations dans sa vie suscitent
aussi éventuellement un peu de diarrhée. Quelques mois d’exercice
parental permettent de la distinguer d’une grippe intestinale
ou gastro-entérite.). Sans
panique : l’affaire est banale puisque, selon une étude américaine
de 1991, un enfant de moins de 5 ans a entre 1,3 et 2,3 épisodes
de diarrhée par an, les petits de 1 à 3 ans étant les plus touchés.
La crèche et l’école favorisent la circulation des virus. On peut
toujours inculquer l’habitude de se laver les mains avant de manger,
la contagion semble difficile à éviter lorsque les petits jouent
ensemble. Maryse Kit rappelle que ces diarrhées sont l’occasion
pour le système immunitaire de parachever sa maturation. « Sous
nos latitudes, le mal passe en deux ou trois jours, sans médicament.
» Le médicament des médicaments reste la boisson. L’enfant doit
boire, impérativement, car la déshydratation induite par une forte
diarrhée peut être mortelle – elle tue de 45 à 80 enfants par
an en France (4). On trouve en pharmacie des sachets de solutions
riches en sodium et minéraux, capables d’enrayer la débâcle de
ces éléments vitaux. Quiconque garde un tout-petit devrait en
avoir une réserve à la maison. À la cuillère, au biberon, au verre,
l’enfant doit boire. Le Dr Laurence Mir (5) énumère les signes
de la déshydratation. Bouche, langue et lèvres sont sèches. L’enfant
manifeste sa soif dès lors qu’on lui présente de quoi l’étancher
– sauf s’il vomit, d’où l’usage, patient, de la petite cuillère.
La peau, une fois pincée, garde la trace du pli. Les yeux se cernent.
Chez les plus petits, la fontanelle se creuse. Toute ébauche de
ces signes invite à redoubler d’écoute au chevet du malade.
Attention au Coca-Cola
Une fois aguerris par deux ou trois
alertes, les parents sentent en principe quand la situation exige
le médecin, voire les urgences de l’hôpital. L’Organisation mondiale
de la santé (OMS) prône pour sa part, en cas de déshydratation
modérée, de faire le point après avoir passé quatre heures auprès
de l’enfant en lui donnant la solution spéciale évoquée plus haut
(4). Dès lors que la tempête s’apaise dans les entrailles, la
règle est à peu près la même que pour les parents. Riz, pomme
râpée crue et carottes restent les grands classiques de l’alimentation
du convalescent. Le Coca-Cola, remède de fortune des grands voyageurs,
ne fait pas l’unanimité. Efficace chez certains, il serait chez
d’autres, susceptible d’empirer la situation. L’OMS met en garde
contre un recours abusif aux médicaments « anti » : antidiarréiques,
antibactériens, antisecrétoires. Ils risqueraient de perturber
la réhydratation (Cité dans
la revue Prescrire, juin 2000.).
Les bébés nourris au sein resteront pendus au giron de leur mère.
Le lait maternel réduirait même la durée de la diarrhée. Quant
au lait de vache, toute la médecine s’accordait jusqu’alors à
en préconiser l’arrêt temporaire, en le remplaçant par un ersatz.
Mais, toujours selon la revue Prescrire, cette précaution ne serait
finalement pas justifiée. À chaque parent de se faire, prudemment,
sa religion.
La parole en plus
Pour la nutritionniste Paule Nathan,
la paix des petits ventres va aussi de pair avec les habitudes
alimentaires de toute la famille. L’inclination naturelle des
enfants à « enfourner » des nourritures indéterminées devant la
télévision fait le lit d’une partie de leurs maux. Au risque d’avoir
l’air passéiste, la nutritionniste réhabilite le repas qui réunit
la maisonnée. Au menu : une entrée – et pourquoi pas une soupe,
avec les variations sur les légumes qu’elle permet ? –, un plat,
un dessert, la structure est irréprochable. « La parole en plus,
par rapport à autrefois, puisque les enfants ont heureusement
le droit de parler à table aujourd’hui », souligne le Dr Nathan.
Une saine façon de « vider son sac » sans passer par les tripes.
Monique Devauton
|
 |
|
|
Les
coliques du nourrisson
Un nouveau-né qui pleure beaucoup
s’attire un diagnostic quasi systématique de la part de
quiconque se penche sur son berceau. Il souffrirait de la
colique dite des trois premiers mois. Le côlon réagirait
par une motricité accrue dès que l’estomac se remplit. On
parle de « réflexe gastrocolique ». Suscité par le stress
des parents ou par une susceptibilité particulière au lait,
le phénomène n’a, en tout cas, rien de pathologique. Le
Dr Simone Rubin soupçonne les parents de parfois communiquer
à l’enfant leur circonspection à l’égard du lait en poudre,
ressenti comme une nourriture artificielle. Le Dr Brazelton
(1) suggère que le bébé « décharge l’énervement
accumulé dans la journée », se préparant ainsi pour la nuit.
Pour calmer l’enfant, chacun y va de son truc. Certains
le portent, particulièrement le ventre posé sur les genoux
de l’adulte. D’autres vérifient s’il n’a pas faim. D’autres
le changent, le baignent. Un « remède » fait l’unanimité
: la sérénité des parents. Si l’on se dit que les pleurs
et l’agitation centrée sur le ventre sont des manifestations
banales et passagères, on attend plus calmement que les
quelques semaines d’« épreuve » se terminent.
M. D.
(1) Points forts, Livre de poche, janvier
1996 ; lire aussi ALTERNATIVE SANTÉ - L’Impatient, octobre
1997.
|
| |
| |
|