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Turista
: souvenir de vacances
Une méchante diarrhée en voyage ?
La « turista » a frappé. Il y a pire mal, mais autant la prévenir.
Un voyageur sur deux serait atteint de diarrhée aiguë lors d’un
voyage dans les pays en développement, laisse entendre l’Institut
de veille sanitaire du ministère de l’Emploi et de la Solidarité
(Bulletin épidémiologique
hebdomadaire n° 25, 20 juin 2000).
La diarrhée du voyageur, dite « turista », dure de un à trois
jours. Le moment passe mieux avec des pansements intestinaux.
Et, comme lors de toute diarrhée, il faut boire, boire et encore
boire pour éviter la déshydratation. Des bactéries sont en cause,
du type Escherichia coli (colibacilles), ou encore des virus.
On peut prévenir la « turista »
Attention à l’eau : en cas de doute, mieux vaut s’en tenir aux
bouteilles que l’on décapsule soi-même et éviter les glaçons d’origine
inconnue, fût-ce dans le pastis. Attention aux crudités, aux viandes
peu cuites. Attention, enfin, aux mains sales : sous toutes les
latitudes, on oublie trop souvent que se laver les mains après
les toilettes ou avant le repas est le B-A-Ba de la prévention
contre les intoxications.
La piste palustre
Mais d’aucuns estiment que le seul changement d’alimentation,
assorti d’un zeste d’angoisse en milieu littéralement « étranger
», bouleverse l’intestin. Si l’on revient des tropiques, une diarrhée
sanglante conduira chez le médecin, qui vérifiera s’il s’agit
de parasites, du type amibes. De même, une fièvre associée à des
troubles digestifs ou à des douleurs abdominales doit aussi faire
penser au paludisme : « Environ 5 % des accès palustres à Plasmodium
falciparum (Le parasite
le plus dangereux de ceux qui transmettent le paludisme)
sont observés au-delà des deux mois suivant le retour », précise
le ministère. À vos moustiquaires.
Hydrothérapie du côlon : la purge d’intersaison
« Une fois à l’entrée de l’hiver,
une fois à la sortie du printemps, pourquoi pas ? », concède Paule
Nathan, nutritionniste. L’hydrothérapie du côlon, ou irrigation
côlonique, est un lavement doux, effectué avec ou sans l’aide
d’une infirmière, qui nettoie la totalité du gros intestin (voir
ALTERNATIVE SANTÉ - L’Impatient n° 236, juillet-août 1997 ; n°
187, juin 1993 ; et n° 178, septembre 1992). Les adeptes se sentent
extraordinairement allégés et revitalisés. Le procédé n’étonne
plus personne aux États-Unis ou au Canada. De ce côté-ci de l’Atlantique,
on se cantonne dans un scepticisme discret. « De toute façon,
la muqueuse du côlon se desquame, donc se nettoie tous les jours,
argue le Dr Kit, homéopathe aux Lilas. L’engouement pour la purification
rappelle de mauvais souvenirs… » Elle préconise plutôt, pour qui
se sent alourdi, de petits jeûnes ou de petits « carêmes » pour
se remettre à l’écoute de la sensation de sa faim. Le Dr Maurel-Arrighi,
généraliste à Paris, conçoit « que l’on se sente parfois encrassé,
mais peut-être plutôt par de vieilles colères qui pèsent sur l’intestin
». A priori, l’hydrothérapie du côlon ne fait pas de mal, si l’on
n’abuse pas de ce qui reste une intrusion dans les viscères. Même
si « le bienfait est peut-être essentiellement symbolique ». Un
dernier conseil : assurez-vous que le matériel utilisé réponde
bien aux normes de sécurité européennes.
Une association donne les renseignements,
les adresses et les formations possibles sur l’hydrothérapie du
côlon : Axiomes, 7, place des Halles, BP 105, 34190 Ganges. Tél.
: 04 67 81 40 60 (permanences de 9 à 10 heures et de 14 à 17 heures
hors vacances scolaires, plus aléatoires pendant les congés).
Site Internet : www.axiomes.asso.fr
axiomes.asso@wanodoo.fr
Autres adresses où l’hydrothérapie du côlon est pratiquée :
Association médicale Kousmine (Amki)3, rue Pierre-Palliot, 21000
Dijon. Tél. : 03 80 41 70 35 ; fax : 03 80 41 52 16.
La Chrysalide, Centre de remise en forme et d’évolution, 22 bis,
rue du Moulin, 80480 Vers-sur-Selle. Tél. 03 22 95 51 00 ; fax
: 03 22 45 33 90.
Ne faites plus l’autruche
« Ne faites plus l’autruche, vous
êtes peut-être assis sur un cancer. » Le slogan des promoteurs
du test Hémoccult II, qui permet de trouver le sang éventuellement
caché dans les selles, est direct. Il s’appuie sur les statistiques
qui donnent 15 000 décès annuels par cancer colorectal. L’association
nationale pour le dépistage du cancer colorectal (Andecaco), fondée
en octobre 1999, affirme qu’un dépistage à l’aide de ce procédé
peu coûteux (73 F TTC selon la revue Prescrire de septembre 1998)
permettrait au final de sauver 3 000 à 4 000 vies chaque année.
Prescrites par le médecin, les trois plaquettes du paquet Hemoccult
II permettent à la personne de faire un prélèvement sur trois
selles consécutives et de confier l’ensemble au laboratoire d’analyse.
S’il est positif, le test induit une coloscopie et, le cas échéant,
une intervention rapide sur des prémices de cancer. L’association
recrute des malades et leurs proches, des professionnels de la
santé et des chercheurs. Elle a pour but essentiel de promouvoir
le dépistage de ce type de cancer. Andecaco, 29, rue de Metz,
94170 Le Perreux. Tél. : 01 48 72 31 75.
Quand les selles mettent en alerte
On devrait prendre l’habitude de
regarder de temps en temps dans la cuvette des toilettes. La forme
des selles et surtout leur couleur est importante. Décolorées
(jaune pâle à blanchâtre), elles indiquent des problèmes d’ordre
vésiculaire. Très foncées (brun, noirâtre) elles peuvent indiquer
la présence de sang. Ne pas s’alarmer néanmoins des selles rouges
ou vertes dues à la consommation de betterave ou d’épinards !Les
selles « de bonne santé » sont bien moulées, ni trop dures ni
trop molles et de couleur marron clair.
La présence de sang dans les selles peut indiquer l’existence
de polype(s) ou révéler un cancer ano-rectal méconnu.
La présence de sang sur le papier ou dans la cuvette provient
le plus souvent des hémorroïdes ou d’une fissure annale. Le sang
est généralement rouge vif car il n’a pas voyagé. Il peut être
en quantité infime (des gouttes) ou survenir sous la forme d’un
véritable jet. Attention, toutes les hémorragies de l’anus ne
sont pas hémorroïdaires. Elles peuvent aussi venir du côlon ou
du rectum. Dans ce cas, il convient de consulter rapidement, sans
pour autant céder à la panique. Histoire de vérifier qu’il n’y
a rien de grave. D’une façon générale, tout saignement anal doit
conduire à un examen complet comportant toucher rectal, anuscopie
et rectoscopie.
A
lire
Le
Mal de ventre
Pr Jacques Rogé, éd. Odile Jacob, 172 pages, 83 F. Ce livre écrit
par un professeur de médecine spécialiste des maladies de l’appareil
digestif est à la portée de tous. Dans un langage très clair,
il décrit les troubles fonctionnels de l’intestin, passe en revue
toutes les méthodes d’investigation, pose des diagnostics et fait
le point sur les divers traitements. L’intérêt de ce livre réside
dans de nombreux témoignages de malades apportant un éclairage
passionnant sur les enjeux psychologiques dans la genèse de ces
affections.
Histoire
du derrière
Drs Jean Gordin et Olivier Marty, éd. du Rocher, 171 pages, 129
F. « Berger de l’anus », tel était le nom poétique donné par les
anciens Egyptiens à celui qui avait la lourde tâche de soigner
leurs hémorroïdes. Si l’appellation actuelle fait moins rêver,
la proctologie n’en reste pas moins l’une des disciplines les
plus méconnues de la médecine. Et pourtant, que de petites misères
et de grands maux, que d’enjeux symboliques et réels, liés au
siège, au fondement, au fion. Que d’histoires aussi, de la fistule
de Louis XIV au lavement de Marilyn, des « torcheculs » imaginés
par Rabelais aux supplices décrits par Octave Mirbeau…Un livre
très amusant autant qu’érudit sur le derrière sous toutes ses
formes et dans tous ses états. Au-delà des aspects historiques,
artistiques et culturels qui font l’originalité de ce livre, vous
trouverez quantité d’informations précieuses sur les maladies
qui peuvent affecter l’anus (les hémorroïdes, les fissures anales,
les suppurations, les maladies cutanées, le prurit anal, les douleurs
ano-rectales essentielles, les tumeurs anales, etc.).
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