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Septembre 2000

Fiches pratiques

Editorial
 
 

 

 

 

 

 

 

Turista : souvenir de vacances

Une méchante diarrhée en voyage ? La « turista » a frappé. Il y a pire mal, mais autant la prévenir. Un voyageur sur deux serait atteint de diarrhée aiguë lors d’un voyage dans les pays en développement, laisse entendre l’Institut de veille sanitaire du ministère de l’Emploi et de la Solidarité (Bulletin épidémiologique hebdomadaire n° 25, 20 juin 2000). La diarrhée du voyageur, dite « turista », dure de un à trois jours. Le moment passe mieux avec des pansements intestinaux. Et, comme lors de toute diarrhée, il faut boire, boire et encore boire pour éviter la déshydratation. Des bactéries sont en cause, du type Escherichia coli (colibacilles), ou encore des virus. 
On peut prévenir la « turista »
Attention à l’eau : en cas de doute, mieux vaut s’en tenir aux bouteilles que l’on décapsule soi-même et éviter les glaçons d’origine inconnue, fût-ce dans le pastis. Attention aux crudités, aux viandes peu cuites. Attention, enfin, aux mains sales : sous toutes les latitudes, on oublie trop souvent que se laver les mains après les toilettes ou avant le repas est le B-A-Ba de la prévention contre les intoxications. 
La piste palustre
Mais d’aucuns estiment que le seul changement d’alimentation, assorti d’un zeste d’angoisse en milieu littéralement « étranger », bouleverse l’intestin. Si l’on revient des tropiques, une diarrhée sanglante conduira chez le médecin, qui vérifiera s’il s’agit de parasites, du type amibes. De même, une fièvre associée à des troubles digestifs ou à des douleurs abdominales doit aussi faire penser au paludisme : « Environ 5 % des accès palustres à Plasmodium falciparum (
Le parasite le plus dangereux de ceux qui transmettent le paludisme) sont observés au-delà des deux mois suivant le retour », précise le ministère. À vos moustiquaires. 

Hydrothérapie du côlon : la purge d’intersaison

« Une fois à l’entrée de l’hiver, une fois à la sortie du printemps, pourquoi pas ? », concède Paule Nathan, nutritionniste. L’hydrothérapie du côlon, ou irrigation côlonique, est un lavement doux, effectué avec ou sans l’aide d’une infirmière, qui nettoie la totalité du gros intestin (voir ALTERNATIVE SANTÉ - L’Impatient n° 236, juillet-août 1997 ; n° 187, juin 1993 ; et n° 178, septembre 1992). Les adeptes se sentent extraordinairement allégés et revitalisés. Le procédé n’étonne plus personne aux États-Unis ou au Canada. De ce côté-ci de l’Atlantique, on se cantonne dans un scepticisme discret. « De toute façon, la muqueuse du côlon se desquame, donc se nettoie tous les jours, argue le Dr Kit, homéopathe aux Lilas. L’engouement pour la purification rappelle de mauvais souvenirs… » Elle préconise plutôt, pour qui se sent alourdi, de petits jeûnes ou de petits « carêmes » pour se remettre à l’écoute de la sensation de sa faim. Le Dr Maurel-Arrighi, généraliste à Paris, conçoit « que l’on se sente parfois encrassé, mais peut-être plutôt par de vieilles colères qui pèsent sur l’intestin ». A priori, l’hydrothérapie du côlon ne fait pas de mal, si l’on n’abuse pas de ce qui reste une intrusion dans les viscères. Même si « le bienfait est peut-être essentiellement symbolique ». Un dernier conseil : assurez-vous que le matériel utilisé réponde bien aux normes de sécurité européennes. 

Une association donne les renseignements, les adresses et les formations possibles sur l’hydrothérapie du côlon : Axiomes, 7, place des Halles, BP 105, 34190 Ganges. Tél. : 04 67 81 40 60 (permanences de 9 à 10 heures et de 14 à 17 heures hors vacances scolaires, plus aléatoires pendant les congés). Site Internet : www.axiomes.asso.fr   axiomes.asso@wanodoo.fr
Autres adresses où l’hydrothérapie du côlon est pratiquée :
Association médicale Kousmine (Amki)3, rue Pierre-Palliot, 21000 Dijon. Tél. : 03 80 41 70 35 ; fax : 03 80 41 52 16.
La Chrysalide, Centre de remise en forme et d’évolution, 22 bis, rue du Moulin, 80480 Vers-sur-Selle. Tél. 03 22 95 51 00 ; fax : 03 22 45 33 90.

Ne faites plus l’autruche

« Ne faites plus l’autruche, vous êtes peut-être assis sur un cancer. » Le slogan des promoteurs du test Hémoccult II, qui permet de trouver le sang éventuellement caché dans les selles, est direct. Il s’appuie sur les statistiques qui donnent 15 000 décès annuels par cancer colorectal. L’association nationale pour le dépistage du cancer colorectal (Andecaco), fondée en octobre 1999, affirme qu’un dépistage à l’aide de ce procédé peu coûteux (73 F TTC selon la revue Prescrire de septembre 1998) permettrait au final de sauver 3 000 à 4 000 vies chaque année. Prescrites par le médecin, les trois plaquettes du paquet Hemoccult II permettent à la personne de faire un prélèvement sur trois selles consécutives et de confier l’ensemble au laboratoire d’analyse. S’il est positif, le test induit une coloscopie et, le cas échéant, une intervention rapide sur des prémices de cancer. L’association recrute des malades et leurs proches, des professionnels de la santé et des chercheurs. Elle a pour but essentiel de promouvoir le dépistage de ce type de cancer. Andecaco, 29, rue de Metz, 94170 Le Perreux. Tél. : 01 48 72 31 75. 

Quand les selles mettent en alerte

On devrait prendre l’habitude de regarder de temps en temps dans la cuvette des toilettes. La forme des selles et surtout leur couleur est importante. Décolorées (jaune pâle à blanchâtre), elles indiquent des problèmes d’ordre vésiculaire. Très foncées (brun, noirâtre) elles peuvent indiquer la présence de sang. Ne pas s’alarmer néanmoins des selles rouges ou vertes dues à la consommation de betterave ou d’épinards !Les selles « de bonne santé » sont bien moulées, ni trop dures ni trop molles et de couleur marron clair. 
La présence de sang dans les selles peut indiquer l’existence de polype(s) ou révéler un cancer ano-rectal méconnu. 
La présence de sang sur le papier ou dans la cuvette provient le plus souvent des hémorroïdes ou d’une fissure annale. Le sang est généralement rouge vif car il n’a pas voyagé. Il peut être en quantité infime (des gouttes) ou survenir sous la forme d’un véritable jet. Attention, toutes les hémorragies de l’anus ne sont pas hémorroïdaires. Elles peuvent aussi venir du côlon ou du rectum. Dans ce cas, il convient de consulter rapidement, sans pour autant céder à la panique. Histoire de vérifier qu’il n’y a rien de grave. D’une façon générale, tout saignement anal doit conduire à un examen complet comportant toucher rectal, anuscopie et rectoscopie. 

A lire

Le Mal de ventre
Pr Jacques Rogé, éd. Odile Jacob, 172 pages, 83 F. Ce livre écrit par un professeur de médecine spécialiste des maladies de l’appareil digestif est à la portée de tous. Dans un langage très clair, il décrit les troubles fonctionnels de l’intestin, passe en revue toutes les méthodes d’investigation, pose des diagnostics et fait le point sur les divers traitements. L’intérêt de ce livre réside dans de nombreux témoignages de malades apportant un éclairage passionnant sur les enjeux psychologiques dans la genèse de ces affections.

Histoire du derrière
Drs Jean Gordin et Olivier Marty, éd. du Rocher, 171 pages, 129 F. « Berger de l’anus », tel était le nom poétique donné par les anciens Egyptiens à celui qui avait la lourde tâche de soigner leurs hémorroïdes. Si l’appellation actuelle fait moins rêver, la proctologie n’en reste pas moins l’une des disciplines les plus méconnues de la médecine. Et pourtant, que de petites misères et de grands maux, que d’enjeux symboliques et réels, liés au siège, au fondement, au fion. Que d’histoires aussi, de la fistule de Louis XIV au lavement de Marilyn, des « torcheculs » imaginés par Rabelais aux supplices décrits par Octave Mirbeau…Un livre très amusant autant qu’érudit sur le derrière sous toutes ses formes et dans tous ses états. Au-delà des aspects historiques, artistiques et culturels qui font l’originalité de ce livre, vous trouverez quantité d’informations précieuses sur les maladies qui peuvent affecter l’anus (les hémorroïdes, les fissures anales, les suppurations, les maladies cutanées, le prurit anal, les douleurs ano-rectales essentielles, les tumeurs anales, etc.). 

 

 

 

 

 

 

 

 
 
 
 

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